FRANÇOIS, PUIS GARO
FRANÇOIS, seul. Il s'accoude, pensif, sur la table.
Madame ! je vas revoir Madame I Ce sera la quatrième fois. Une grande fête qui ne revient que tous les ans. Est-elle belle? est-elle jolie? C'est étonnant, je n'en sais rien. Quand je l'appelle dans mon idée, je ne retrouve jamais bien sa figure, mais seulement
son sourire et son regard. De quelle couleur même sont ses yeux? comment est sa bouche? Je ne pourrais pas -le dire. Mais ce que je revois toujours, oh I toujours, c'e>t où apparaît ce qui est en elle, où vient sa douceur de cœur, où se montre sa bonté d'àme, la signature du bon Dieu, quoi! son regard et son sourire.
(Garo rentre arec un panier.) G A R O , appelant mystérieusement.
Hé! François! François! Brrr! déjà envolé!
FRANÇOIS, sans Tentendre, h lui-même.
Aussi est-elle bien la plus belle habitante de ma pensée.
GARO, tirant une lettre.
Une lettre, François, une lettre qu'un laquais tout d*ora apportée pour toi.
FRANÇOIS, à lui-même.
Donner un peu sa vie pour elle, c'est ça qui serait heureux !
LA VOIX DE RABICHON, appelant.
Garo!
GARO
Me V'ià ! (Il £Olle un papier au Tisage de François.) Mais regarde doUC, à la fin! — Me V'ià! (U sort en courant.)
FRANÇOIS, seul.
Qu'est-ce que c'est? (Lisant.) « Avez-voû& retrouvé l'agrafe ? Remettez-la au coureur. Laure.» Ah! vertu-chou! l'agrafe! — Laurel elle s'appelle Laure! et après? v'ià tout ce que j'en sais. Et elle appartient à Madame... à Madame !