ACTE PREMIER
des laitnes, il y a eu cette agrafe qui ne s'est pas laissé retrou> ver... Voyons, il n'y a donc pas moyen d'en avoir d'autres, de ces perles ? Ah I je voudrais être aussi ricbe que le roi ! —pas pour être roi ni pour être riche, — mais pour vous en faire cadeau d'une pleine cassette, de perles, et même de diamants!
MONTALAIS
François I... Le singulier garçon avec son cœur généreux et ses grands yeux noirs I Vraiment! c'est dommage que...
C'est dommage, pas vrai? qu'avec ses yeux noirs il ait ses bas bleus? (A part, soupirant.) Ah! mon pauvrc François, brioche aux unes, pain noir aux autres... Avec tout ça, on reste sur la planche !
MONTALAIS
Vous dites?
Je dis que je n'en suis pas moins votre beau serviteur, madame!
MONTALAIS
Eh bien, justement, François, je vais vous demander un service.
A moi !
MONTALAIS
Vous avez occasion, n'est-ce pas, de voir M. de Guiche? 11 vous permet de lui parler librement ?
Je vas même, à votre sujet, lui parler vertement, il y peut compter I
MONTALAIS
(Sh ! l'on n'entendra plus de moi contre lui ni plainte, ni menace. Je ne veux pas môme savoir s'il va revenir ou s'il est revenu. Je vous prie seulement, François, de lui proposer de ma part un échange. On a une terrible manie à la cour du roi Louis XIV : comme on n'ose pas parler, on écrit, — danger plus
Si FRANÇOIS LES BAS-BLEUS.
fçrave encore. — J'ai de M. de Guiche des lettres, qui me compromettent un peu, c'est vrai, mais qui le compromettraient bien davantage : il s'y exprime plus que légèrement sur le roi, sur k grand Aicandre, comme il l'appollo...
Ah ! le malheureux I
MONTALAIS
M. de Guiche, lui, n'a de mon écriture qu'une date en chiffres que je lui avais envoyée à Péronne. Mais il aura cette agrafe, puisque vous n'avez pas pu la retrouver, et je n'entends pas qu'il s'en fasse un trophée.
Ohl V0U3 supposeriez...
MONTALAIS
Enfin, qu'il me rende ce nœud de perles, et je lui rendrai ses lettres.
Il est clair comme le jour que là-dessus c'est à vous d'ordonner, madame !
MONTALAIS
Voici, pour commencer, la clef du pavillon. Je l'avais emportée par mégarde, et M. de Guiche peut en avoir besoin d'un jour à l'autre. Cependant, avant de la lui remettre, cherchez une dernière fois ce bijou, François... Vous ne l'avez pas mai cherché, certainement, mais enfin cherchez-le encore. (Lui remettant la cief.) Tenez, et n'allez pas non plus oublier ou perdre cette clef, étourdi I
Soyez tranquille! je n'ai pas de mémoire, mais j'ai une poche, oh! une bonne poche, allez ! Et ce que j'y mets... (n fourre la cief
dans sa poche.) Tiens! qu'cSt-Ce que j'y sens donc? (Il tire Parafe de perles.) *
MONTALAIS
Mon agrafe I
Là! quand je vous disais : je la vois tomber, je la ramasserais! — Je l'avais ramassée I