MADAME, LE ROL
HADAME. ^
Le roi se rend-il compte de l'ordre qu'il vient de donner?
LE ROI
Je le crois, Madame.
MADAME
Le roi vienl d'investir de son autorité, pour exercer jusque chez moi une surveillance de toutes les. heures, sait-il bien qui ?
LE ROI
Un honnête homme. Madame, le marquis de Nantouillet.
MADAME
Mon ennemi mortel. Sire, le chevalier de Lorraine ! c'est lui qui .va conduire et conseiller le marquis. Et cet homme, le chevalier si Votre Majesté le fait ici plus puissant que moi, quelque chose me dit qu'il va me calomnier et me perdre. — Sire^ ma mère est morte, mon frère est loin, mon mari me hait, vous êtes mon parent,, mon protecteur, mon roi; est-ce la volonté de Votre Majesté d'abandonner à cette lutte et à ce danger indignes sa sujette et sa parente ?
LE ROI
Non, certes I et vous vous méprenez. Madame. L'ordre que j'ai donné n'est nullement dirigé contre vous, que j'honore, mais bien contre M. de Guiche, qui me brave, et cela est fort différent, j'espère! Cependant, quand vous m'invoquez avec cette grâce et cet abandon, je ne demande pas mieux que de me fier uniquement à vo^ré parole. Seulement, vous engageriez-vous?...
MADAME
A quoi, sire?
LE ROI
Jurez-moi d'abord que vous resterez entièrement étrangère aux