‹ Francois les basbleues drame en cinq actes et sept partiesChapitre 20 sur 104 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

MADAME, MONTALAIS, NICOLBTTB.

ma da h k. La bonne journée! J'ai causé ce matin une heure avec Molière, et cet homme-là... les autres déclament ou bavardent, lui seul il parle. Ensuite, Nocret m'a apporté les dessins rie deux costumes, oh! mais charmants! pour le b.dlel ries Vendanges que je vais donner au Roi à Saint- Cloud. Et enfin ton babil d'oiseau, ma Nicoletle. m’a amusée toute cette après-midi. Tu es ravissante, mignonne, sais-ta cela?

nicolettk. Non, Madame.

madame. NVsl-ce pus, Montalais, qu’ello est ravissante?

Mo.NTALAis. Madame est sa marraine, elle l’a douée comme une fée qu elle est.

madame. Chère Mon la lais !... il n’y a qu’avec vous rt avec elle que j’o*e m'épanouir, être gaie, être vraie, être rrioiniêmo! Quand je la vois, cette petite, je revois mon enfance, le jardin des fuies de Sainte-Marie de P.haitlol. le brave Antoine, son père, qui me réservait scs plu* beltc$ J Yo*rs. les jours d'hiver sans feu et quelquefois s«*ns pain qui ont suivi la mort du roi Charles P', urnn père, mai* aussi les jours de printemp* où je courais à l'air et au *olcil. Ah I comme la grande princesse regrette la petite fille! Aussi, quand tti ea lu, mu petite compagne d'en lance, je ressens... ce que doit ressentir une fauvette en cago qui écoute et suit do» yeux une fauvette en liberté.

NfcoLETTE. Oui, mais Votre Altesse veut me marier, pas moins!

MONTALAIS, #»»e Int-aUsn, obvrmat Rn<ltni«. NOUS marier!

MADAME. Eh! me chère I. un» , c'«Sl «OtB qui IVCI Rccueilli le marquis do Nantoaillct.? A débat d’une grande naissance, ï! a une grande fortune, il vous aime, il vous •ime sincèrement, et, croycz-n:oi, être aime, c'est la chose rare.

montalais. Oui, je le crois. Mais être aimé en aimant

soi-même.

mai» ami:. Oh 1 cela, Montalais, c'est la chose Impossible. — Quant à toi, Nicoletle, vois-tu, j'avais six ou sept ans

S uaitd on ui’a demandé d être Li marraine, et j'ai accepté ma ignile avec un sérieux, il fallait voir! Mais mon vrai bonheur, c'était de l’attifer de mes atours comme une poupée vivante, et je t'avouerai que je meurs encore d'envie ae l arranger dans ta robe de mariee. Mais prends ton temps, ma petite, lu n’épouseras que celui qui te plaira.

mcolf.tte, *m»m«ot. U n’y aura jamais qu'un homme qui me plaire, Madame.

madame. Ah! et lequel?

Ni col et t iu Mon cœur est à vous tout entier, jo n'alme que \ uus au monde, et je suis bien déterminée à D'épuiser quo quelqu'un qui vous aimera comme moi.

madame. HeJas! tu cours risque d'attendre, mon enfoui.

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