‹ Francois les basbleues drame en cinq actes et sept partiesChapitre 65 sur 104 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

MADAME, Mirait par la fauche: poil GUICHE

madame, «»ui«, Il le faut, il faut que jo le voie! pour u’il parte! pour qu'il parte! Ah! tout mon cœur bondit 'épouvante... oui. cest d'épouvante! Allons! menteuse, pourquoi te tromper toi-même? avoue donc que c’est aussi de joie. (Entro Gnlrbo.l Ah ! lui I

r. oie iie. Madame! par grâce, un mot, un seul mot, et puis je vous quitte à jamais.

madame. Comte, de coque vous risquez en ce moment, savez-vous qu’il peut sortir deux déshonneurs, le mien comme femme , le vôtre comme soldat.

guiche. Ohl pour vous préserver, vous n’auriez, vous, qu'à me chasser. Quant à ma désertion . la guerre n'est pas commencée. Et d’ailleurs, est-ce que j’ai réfléchi. Madame? est-ce que j’ai raisonné? J’étais désespéré, j'étais fou. Quel tourbillon m’a saisi, quels chevaux m ont emporté, je n'en sais rien, je n’ai pas vu la roule, ie suis parti, je suis arrivé, voilà tout. Je ne sentais qu’une idée fixe qui m'attirait, qui mo voulait, un mot quo, sous peine de mort, il fallait venir ieter à vos pieds. Abl songez doncl jo vous avais offensée, blasphémée, vous! je vous avais tondu je ne sais quel misérable piégol et, sur ce crime, il avait fallu vous quitter, vous quitter tout de suite, s.<ns pouvoir m'excuser, sans pouvoir m'accuser, et vous deviez, vous, m'avoir en mépris et en haine! Ah! voyons, celle pensée-là , cette torture-là étaitelle supportable ?*Est-ce qu'il y avait moyen de vnre, tant que je n étais pas venu vous apporter mon creur repentant et tremblant? tant que jo ne vous avais pas crié à deux genoux : Pardon 1

madame. Eh bien, nui, allons! oui, vous avez eu raison de venir. Je vous attendais un pou. Ne souffrez plus! je ne lieux pas vous voir souffrir, cela me déchire. C*e-t fini, c'est expliqué, je no vous en veux pas, jo vous pardonne. Mon Dieu! je vous avais pardonné déjà. Je commence à m'y faire à ces cruelles méprises des cœurs.

guiche. Ah! chère âme céleste, et faite rien que de bonté I j'ai ma grâce! quelle joie 1 merci ! merci !

madame. Vous êtes apaisé, je suis satisfaite; du courage, à présent, mon ami !

guiche. Du courage pour partir, n'est-ce pas? oui, j’en aurai. Ah! jo suis vohu, me maudissant moi-même, dans l'angoisse et dans la terreur, et je m'en vais vous bénissant, absous, rassuré... (fl fn« on p*» r<i*nm« pour »Vloifi»*r ** r*Tkot.l Eh bien, non, tenez! cela n'est pas! Je m'aperçois qu'en venant, j'avais beau être désespéré, j’étais heureux perce que je venais vers vous, et que, consolé au retour, je vais être désespéré parce que je vous quitte !

madame. Ah! ne me le dites pas, au moins! c’est donc bien malaisé de se taire et de dissimuler un peu! Ah! vous me demandiez pardon, je vous demande grâce. Ne voyezvous pas que ma force n’est pas bien grande, et quo je suis au bout de ma force. Le souffle me manque ! la fièvre me brûle!

g cicn F.. Dieu!

madame. De l’air! ah! nn peu d’air! (Onirh* court b u frn*vcj Arrêtez! on vous verrait! -- Ceci vaut mieux. fEUem «

dre**olr, *o r cr*« da flacon dana ta UMc da Tenneil et boit arldaiMal.! Ail! mon Dieu ! J EU» n «muté U bague du rbcallcr. )

guiciie. Qu'avez-vous? qu'est-ce que celte bague? madame. Eh bien. c'est une émeraude à moi. Elle avait glissé dans cette tasse. |tiio po»» u u»*» au » u uto» Adroit».;

guiciie. Vous voilà mieux. Je no veux plus vous effrayer, VOUA affliger. Je pars.

madame. Non! restes encore un peu. C'est moi qui vous

le dis maintenant.

guiciie. Eh quoi?...

madame. Mon ami, c’est qu'il nous arrive quelque chose... — Ne soyez pas saisi , ne vou» alarmez pas ! on ne peut (tas dire que ce soit quelque chose d'absolument malheureux, vous voyez comme je suis calme. — Armand, je pense que je vais mourir.

guiciie. Monrirl oh! c'est votre lièvre qui parle ! madame. Non, ma fièvre est guério. Jo commence bien à souffrir, mais j’ai encore toute mu raison,— et j'ai déjà prêt-

que toute mon èmo! je «en* le* ailes (te la délivrance! — En voulez-vous la preuve, Armand* Eh bien, écoutez : je vaut aime!

ccir.BE. Vous me le dites? Ah I c’est vrai, vous allez mourir I

u adam b. Ami, est-ce que vous croyez que je vivais beaucoup? — O Dieu bon! une minute de sincérité, de liberté, d'amour! combien? — La mort. — Eb bien, vrai! ce n’est pas trop cher!

oui eue. Vous, mourir! oh! cela ne se peut pas! Qu’avez-vous donc enûn ?

m adam R. Rien, vous dis-je! quelqu'un qui a voulu m’enchalner, et qui m’afTranchit. Ainsi, ne vous mites pas trop de chagrin, mon ami : je suis empoisonnée !

gciciib. Ah! du secours!

madame, tnt wittmm !■ «in. Non ! ne me quittez pas en- ' core, il faut bien que je vous dise adieu, et que in vous dise au revoir. Oui, au revoir! et, grâce au ciel, il n y a nas de j chevalier de Lorraine pour empêcher ce rendez-vous-là !

chiche. Oh! «lors, s'en aller tout de suite ensemble! Quel ; est ce poison, dites ?

m adam b. Non, Armand, vous aurez, vous, à patienter encore un peu. Hais, soyez tranquille, de la hauteur ou je suis, le regard va loin, et je vous promets — je te promets — que tu ne tarderas pas à me rejoindre. Tiens, je te vois, je te vois mourir : cent à l'arme*, c'est au passage d'un fleuve. Tu demandes ; — «Peut-on traverser là? » <ïn te répond : —

« Impossible! • Mais toi, tu travers©-»! Et c'est de là que tu repars vers moi. glorifié par ceux qui te perdent, et béni par moi qui t’attends.

c i l c u k Oh! mais, jusque-là. sans vous!,.. madame. Est-ce que je te quitterai jusque-là! (s*w<* av»* j cpamttkM, | Ahl mais, pour le moment, il faut me laisser, ami, j il faut me laisser!

cuicHE. Quand vous allez mourir!

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