‹ François Rákóczi II, prince de TransylvanieChapitre 13 sur 65 · Les membres de sa famille le félicitaient de ce c so · texte numérisé non relu

Les membres de sa famille le félicitaient de ce c so

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Quand^ à son retour, le cardinal KoUonics apprit ce qui s'était passé, il fut saisi d'une violente colère^ il alla trouver l'empereur et lui présenta des observations d'avoir consenti à ce mariage. Quelques jours plus tard^ des soldats^ sur un ordre impérial, allaient arrêter le jeune couple dans le palais d'Aspremont ^ ; on sépara les époux et le général autrichien fut envoyé en Moravie, dans la terrible prison du Spielberg, tandis que sa jeune épouse était enfermée dans un couvent '. On cherchait à rendre le comte d'Aspremont coupable de prétendues fautes commises dans le service et on menaçait la comtesse de faire déclarer le mariage nul. Leur captivité était rendue plus cruelle par les provocations, les menaces, l'incertitude de l'avenir ; mais, d'autre part, tous leurs amis, leurs parents, intervenaient en leur faveur ; ils parvinrent enfin, non sans peine, à obtenir leur liberté. Ce résultat ne pouvait convenir au vindicatif cardinal qui alors refusa de rendre à la jeune

avantageuses und vortrefflichen Heurath, ûberdiesen so glûck* lichen Verm&hlung », t durch diesen Heurath ansehnliche grosse Mittel beygebracht worden seind », etc., etc.

1. Aujourd'hui palais Fûrstenberg. Râkôczi Thabita quelque temps.

2. ... Sponsi in arce Spielberg aliis ex causis prœtextuata, sponsae in claustro Tulnensi subsecuta est. Ruplura inatrimonii miris et profecto indignis modis tentata,., (Mémoires.)

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princesse^ que son mariage avait émancipée, ses comptes de tutelle.

Quand le comte d'Aspremont eut recouvré sa liberté, ne voulant plus être exposé à une aventure comme celle qui venait de lui arriver, il donna sa démission de général dans l'armée impériale. Doué d'un caractère chevaleresque, il éprouvait une vive sympathie pour la patrie de Julianna Rdkoczi ; la jeune princesse avait su^ en peu de temps, lui en faire apprécier toute la beauté et la grandeur; dès lors, il consacra tous ses efforts à la cause nationale de Râkoczi et fut, plus tard, en quelque sorte, l'initiateur de son jeune beau-frère à la vie publique. Pendant que se déroulaient ces événements, Thôkôly, qui avait recommencé la lutte, remportait quelques succès en Transylvanie et y faisait prisonniers les généraux Heisler et Doria'. On lui offrait des sommes importantes en échange de ses captifs, il refusa, il ne voulait qu'une seule chose, sa femme, toujours retenue prisonnière à Vienne ; mais la cour s'y opposait et ce ne fut qu'après de longs pourparlers, des négociations infinies, des interventions étrangères qu'une entente se fit.

i. Ce fnt ThOkOly lui-même qui fit le général Heisler prisonnier, en lui disant : Domine Heisler, capltis es. Le prisonnier répondit : Hodie mihi, ci*as tibi.

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Hélène Zrinyi serait libre d'aller rejoindre son mari, mais Thôkôly rendrait en échange la liberté au général Heisler.

Ce point acquis, Hélène Zrinyi voulut emmener avec elle son fils, mais elle se heurta, malgré toutes ses démarches, toutes ses supplications^ au refus le plus catégorique ; le cardinal, ni par conséquent Tempereur, ne pouvaient admettre cette pensée.

Après avoir dit adieu à sa fille Julianna, la princesse Ràkoczi quitta Vienne, le 20 janvier 1692 ; elle rejoignit Émeric Thôkôly le 13 mai; leur rencontre fut émouvante; au lieu du brillant ce roi des Kouroucz », Hélène Zrinyi retrouvait un combattant vaincu que les épreuves avaient prématurément vieilli. Elle franchit la frontière de sa patrie qu'elle ne revit plus.

Ses études terminées, François Rdkôczi dut surmonter bien des difficultés avant de pouvoir s& se rendre à Vienne ; la première visite qu'il reçut fut celle de Kollonics lui demandant ses pleins pouvoirs pour administrer ses biens, comme par le passé. Malgré ses paroles persuasives^ il n'obtint rien.

Après une séparation de près de cinq années, le jeune prince revit sa sœur ; leur joie fut grande^ mais, au début, les paroles leur firent défaut pour l'exprimer. François ne savait plus le hongrois^ on ne lui avait pas appris le français qu'il devait, . plus tard, si bien parler et écrire. Il n'avait jamais voulu apprendre TaUemand, mais il s'exprimait

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couramment en latin ; par contre, sa sœur parlait le hongrois et le français. Us essayèrent de se cornprendre, en employant leur langue maternelle, et bientôt ils s'entendirent passablement. Julianna, en sœur at^ée avisée et ayant déjà Texpérience de la vie, démontra à son frère qu'il était temps de renoncer à certaines études, pour entreprendre celles qui étaient nécessaires au rang qu'il devait tenir; elle lui montra quels étaient les projets de la cour sur lui et lui rappela ce qu'il devait à son nom et à sa famille.

Le mariage de sa sœur devait avoir pour François Rdkôczi d'heureuses conséquences. Le comte d'Aspremont éprouvait pour son jeune beau-frère une grande aSection qui lui donna le courage d'entreprendre, en sa faveur, la lutte contre le puissant cardinal KoUonics. Pour conserver l'administration des biens de la famille Rdkéczi, le cardinal refusait de laisser proclamer la majorité du jeune prince ; d'autre part, il s'appuyait sur la minorité du pupille impérial pour refuser à Julianna Râkéczi sa part dans l'héritage paternel^ mais avant de quitter Vienne, la princesse Rékôczi avait remis à sa fille un paquet de lettres qu'elle lui avait recommandé de garder avec grand soin. Lorsque, plus tard, la jeune comtesse d'Aspre-

MARIAGE de; RÀKÔGZI ET SON ARRESTATION 6&

mont les lut attentivement^ elle se rendit compte des agissements du P. Kiss, le confesseur de Sophie Bàthory, et du cardinal KoUonics. Quand elle le put, elle les montra à François ; le frère et la sœur firent preuve d'un grand désintéressement, de générosité même ; ils ne cherchèrent pas à connaître tous les torts de ceux qui avaient dilapidé une partie de leur fortune.

Le jeane prince résolut de rester à Vienne et alla habiter chez sa sœur ; il se mit à parler ailemandy adopta les habits allemands et parut se conformer aux nécessités de la situation ; cette attitude nouvelle plut à la cour, elle espérait pouvoir, un jour, présenter comme un « loyal » sujet ce descendant de révolutionnaires et, plus grand, plus populaire, était le nom de Rdkôczi, plus sai-^ sissant, plus convainquant serait l'effet de son intervention dans sa patrie, comme instrument do la politique autrichienne.

Le comte d'Aspremont qui savait ce que le pays pouvait attendre du dernier descendant des Râkôczi, engagea son jeune beau-frère à voyager pour s'instruire, mais il lui fit comprendre aussi qu'il devait se marier, il lui proposa comme fiancée la duchesse Magdeleine de Brunswick, qui était parente de l'impératrice Eléonore. Il fallait^ pour

ce mariage, le consentement de l'empereur. Fran- -çois Ràkôczi alla le lui demander» mais ne l'obtint pas» on lui imposa un délai. Tandis que le comte •d'Aspremont voyait dans cette union avec une princesse allemande» parente de l'impératrice» un fait qui devait plaire à la cour de Vienne» la cour, au contraire, y voyait, pour plus tard, des complications à redouter si elle était obligée de sévir en Hongrie contre Rdkôczi et en même temps contre une parente d'Ëléonore ; ce fut l'impératrice «lle-méme qui fit échouer ce projet de mariage.

Le délai imposé à Ràkéczi par Tempereur devait être employé à un voyage en Italie ; il partit donc» après avoir confié l'administration de ses .biens au comte Adam Batthyànyi, sous la surveillance de son beau-frère le comte d'Aspremont ; il mit en dépôt, chez les reUgieuses carmélites de Vienne, trois coffres, scellés de cachets de cire et renfermant des bijoux et des objets précieux '. Sa première étape le conduisit à Wiener-Neustadt.

1. Dass von Ihro HochfûrsUichea Gnaden Fûrst Ragozzi Wûr .in unser der baarfûssigen Garmeliterinnen-Rloster zu Sanct- Joseph allhier, drey yerschlossenen Trûchen ûbemohmen haben : beurckhundet meln, derzeit verordneten Priorin Handt- UnterschrifFt und die gewôhnliche Ck)uvents - Fertigung. ^ Wien in unsem obgenennten Kloster, den 5 Aprii» Anno 1693. Schwester Josepha Teresa Yonheil. Geist Priorin P. H. Getto pièce, pourvue du cachet en cire rouge, se trouve dans les Archives de la famille Batthyànyi.

Quels dorent être les sentiments du jeune prince» à l'âme chevaleresque et tendre, en évoquant le souvenir des sinistres événements qui s'étaient déroulés là, il ne pouvait pas savoir que lui-même, quelques années plus tard, serait enfermé entre les murs de cette sombre prison.

II se rendit en Italie et visita les principales villes, admirant les beautés de la nature et les chefs-d'oeuvre artistiques ; il passa tout l'hiver de 1693-1694 à Rome et fut admis à l'audience du pape Innocent XII qui le reçut avec les honneurs dus à son rang. Toute l'aristocratie romaine faisait le plus bienveillant accueil au jeune <c principe Ungherese ». Ce fut à Rome qu'il apprit la naissance d'un fils de sa sœur, et, presque en même temps, la mort de sa fiancée. Il ne l'avait pas vue encore et cependant la nouvelle de sa perte lui causa une violente émotion ; il résolut de quitter Rome, et quoique l'année de voyage qui lui était accordée ne fût pas accomplie, il se dirigea vers Vienne. Il ne se laissa pas arrêter par les fêtes du carnaval qui se célébraient à Venise, au moment oii il y arrivait ; il poursuivit sa route à travers les montagnes, toutes couvertes de neige, il passa à travers les défilés obstrués parles glaces, plusieurs fois, il courut de véritables dangers ; mais rien ne

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pouvait le retenir, ni objections, ni recommandationSy un nouveau sentiment s'était emparé de lui, Tamour de la patrie. Il voulait revoir son pays natal et dès qu'il fut arrivé à Vienne où l'attendaient sa famille et ses amis, il leur exprima la résolution qu'il avait prise d'aller en Hongrie.

Pour la mettre à exécution, une formalité restait à remplir, obtenir la déclaration de sa majorité ; ses amis et son beau-frère s'en occupèrent, ils rencontrèrent assez de bonne volonté auprès de l'empereur qui consentit à signer cet acte, malgré les trois années qui séparaient encore Râkéczi de Tépoque de sa majorité ; pour lui octroyer cette faveur on tint compte de son caractère et de ses qualités ^ L'acte fut signé par Léopold le 6 mars 1694, quelques jours plus tard, Rdkôczi partait avec son beau-frère pour la Hongrie ; sa sœur, encore souffrante, restait à Vienne. Les voyageurs passèrent-ils par Zboré et Nagy-Sâros, ou bien se dirigèrent-ils vers Kis-Tapolcsàny pour faire une visite à la comtesse Elisabeth Ràkéczi, toujours est-il que le 28 mars, ils étaient à Szerencs, l'antique domaine familial. Us continuèrent à visiter les domaines qui présentaient tous le même

1 ..,ejii8dem, sufficiente Ingenij maturilate et perspicadtate^ ipsam perfectam mtatem sat superque adaequante, »

état lamentable, et cependant le prince aimait à revoir ces châteaux dont les noms entendus dans son enfance lui redevenaient familiers. A Saros- Patak il retrouva Kôrôsy et aussi son ancien précepteur Badinyi.

Ràkôczi était ispàn héréditaire du Gômitat de Séros et il prit solennellement possession, le 3 juin 1694, de ses fonctions; une assemblée avait été convoquée pour l'accomplissement de cette formalité ; indépendamment des représentants officiels et des délégués des villes, de nombreux amis y assistaient; la famille avait à sa tête la comtesse Elisabeth Ràkoczi, faisant les honneurs du château de Sâros; le comte d'Aspremont se trouvait là et tous les assistants étaient heureux de revoir leur jeune seigneur; après les discours officiels, vinrent les banquets et les réjouissances^ puis François Rdkoczi continua son voyage à travers ses domaines. Il se rendit compte que le peuple souffrait^ que tous ses droits étaient abolis, mais que la terreur imposait partout le silence. Il vit aussi de quelle auréole était entouré le nom de Râkôczi, malgré la méfiance que Ton éprouvait au sujet du long séjour qu'il venait^ lui, de faire en Bohême; son attitude, son langage, ses sentiments à l'égard du peuple, eurent bientôt dissipé

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ce nuage, et partout la sympathie qu'on lui témoignait se faisait de plus en plus vive. OnTapprit à Vienne et toutes ses démarches, observées, commentées par des espions, devinrent suspectes.

Il n'eût pas été prudent de prolonger son séjour en Hongrie. Le comte d'Aspremont, qui avait compris le désir de liberté et de vengeance que murmuraient des voix étouffées, craignait de voir éclater un soulèvement et il redoutait tout pour le dernier descendant de cette race qui était la personnification de l'antagonisme entre la maison de Habsbourg et la Hongrie. Il eût voulu assurer des descendants à la famille Râkéczi et pour faciliter ses projets matrimoniaux, il décida son jeune beau-frère à retourner à Vienne. François y consentit d'autant plus volontiers qu'au cours de son dernier séjour dans la capitale de T Autriche, il avait remarqué la fille de la comtesse Althan^ sœur du comte d'Aspremont. Son beau-frère, qu'animaient les sentiments les plus désintéressés, lui dit qu'il avait pour lui des ambitions plus hautes et qu'il lui fallait choisir son épouse parmi les familles princières.

De retour à Vienne, ils engagèrent un ingénieur ^, pour faire réparer les châteaux et les ha-

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