Mémoires
SOULÈVEMENT KOUROUGZ 139
l'intérêt, de la liberté, du droit, de la loi. La noblesse, qui commençait et dirigeait ces luttes, n'avait pas d'armée régulière à sa disposition : elle levait des hommes et combattait, à ses frais, sous les ordres du Palatin. Jusqu'à l'introduction de Tarmée régulière, en Hongrie, par Charles III *, en 1715, toutes les guerres étaient faites avec le concours de volontaires. La noblesse, qui prenait les armes pour défendre la Constitution nationale contre les convoitises arbitraires des souverains, savait, en faisant résonner les mots de patrie, Uberté, nationalité, droit, légalité, réveiller les masses, les enflammer, et les enthousiasmer pour une lutte énergique.
Ces hommes, qui s'élançaient avec un courage rare à la conquête de ces biens précieux, rentraient après la victoire, dans leurs pauvres demeures, ils déposaient les armes et ne tiraient aucun avantage de leurs efforts ; en Hongrie^ comme ailleurs, le noble ne pensait pas, une fois ses droits assurés, qu'il eût été équitable de songer au peuple, de partager avec lui les fruits de la victoire qu'il avait remportée, grâce à son concours.
L'art. IX du premier livre du Code magyar est