‹ François Rákóczi II, prince de TransylvanieChapitre 18 sur 65 · Mémoires · texte numérisé non relu

Mémoires

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pas y envoyer leurs enfants^ à cause de l'animosite qu'ils y eussent rencontrée, et eux-mêmes n'étaient plus assez riches pour fonder des collèges ; leurs fils ne recevaient donc qu'une instruction médiocre qui n'élevait guère leur caractère et ne les préparait pas à la vie publique.

La valeur militaire des Hongrois ne se montra pas beaucoup pendant les premiers mois de la campagne. Les guerres prolongées contre les Turcs, les luttes de Thôkôly avaient fauché la fleur des combattants; une autre partie avait péri sous la hache des bourreaux ou gémissait en prison ; ceux qui avaient échappé à ces dangers s'étaient retirés dans leurs châteaux et ne se souciaient pas d'exposer leurs vieux jours aux risques de la guerre ou de la révolution. Les jeunes nobles répondirent seuls à Tappel, mais les connaissances techniques leur faisaient défaut; depuis que la paix avait été signée, en 1699, ils n'a- Yaient eu aucune occasion ni de se battre, ni de Yoir un champ de bataille.

Pour les membres de la haute noblesse, les choses différaient encore : ils avaient plus souffert des exécutions et des confiscations, aussi étaientils devenus plus prudents, et moins enclins à âubir les conséquences d'une révolution où ils

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avaient plus à perdre qu'à gagner. Depuis le rapprochement de 1687, quelques magnats s'étaient unis aux familles autrichiennes et se tenaient moins à Técart de la cour. Aussi, malgré la haute situation que Ràkôczi occupait parmi les magnats, ne les yit-il venir à Jui que lorsque le bonheur des armes parut bien fixé à son drapeau.

Dans les précédents soulèvements, le clergé avait joué un rôle important ; il n^en fut pas de même, à cause de circonstances particulières, dans la guerre des Mécontents. Jusqu'alors, les luttes contre la maison d'Autriche avaient eu pour but principal la conquête de la liberté religieuse; il en avait été ainsi dans le soulèvement de Thôkôly, quoique les motifs politiques y aient occupé une place prépondérante. Ràkôczi, qui considérait son entreprise comme la continuation des luttes précédentes, devait avoir pour objectif la liberté religieuse, du reste si étroitement unie à la liberté politique. Il ne pouvait même s'écarter de cette ligne de conduite, car c'était précisément parmi les protestants que se recrutaient, en plus grand nombre, les Mécontents, et il trouvait en eux plus de partisans pour son œuvre de délivrance politique que parmi les catholiques. Au début, ses troupes se trouvèrent formées, en grande partie.

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de calvinistes et de luthériens. Le prince Rékôczi, lui, était catholique, de ce fait le catholicisme et le protestantisme se contre-balançaient dans son camp et atténuaient ce que les luttes précédentes avaient eu de trop marqué, au point de vue confessionnel. Mais il arriva que ni le clergé catholique, ni le clergé protestant, ne voulurent le soutenir efQcacement. Ce dernier n'attendait pas de grands avantages pour sa foi d'une lutte dirigée par un chef catholique^ le « fils d'un renégat » ; le clergé catholique^ qui voyait le prince reprendre les anciennes luttes pour la liberté religieuse et se mettre à la tête des Mécontents protestants, le considérait comme un transfuge qui allait combattre sa propre religion^ et lui refusait son concours.

D'autre part, le clergé cathoUque, depuis que, dans les luttes révolutionnaires hongroises^ on identifiait toujours davantage la liberté religieuse avec la liberté politique, se trouvait être devenu plus loyaliste que patriote. Les plus hautes fonctions ecclésiastiques étaient entre les mains des Jésuites qui croyaient avoir intérêt au développement de l'absolutisme autrichien, en Hongrie. Ce fut ainsi qu'au début, Rikéczi ne trouva ni appui ni concours de la part du clergé catholique, et il

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ne put même pas avoir un aumônier dans son camp * ; plus tard, quand il fut victorieux, et que tons furent fixés sur sa sincérité, le clergé changea d'attitude à son égard.

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