‹ François Rákóczi II, prince de TransylvanieChapitre 23 sur 65 · À. de Gerando : La Transylvanie · texte numérisé non relu

À. de Gerando : La Transylvanie

En un mot, tous les maux, dont la Hongrie avait à se plaindre depuis deux siècles, s'abattirent sur la Transylvanie qui y fut d'autant plus sensible qu'elle avait encore vivace le souvenir de l'indépendance dont elle avait joui. Il était donc naturel qu'elle saisît, avec empressement, l'occasion de secouer le joug de l'oppression et que l'appel de Rakôczi se répandît avec une merveilleuse rapidité, enflammant sur son passage toutes les ardeurs patriotiques. Aux causes générales, s'ajoutaient la sympathie qu'éveillait le nom de Ràkéczi, le descendant de cette famille à laquelle la Transylvanie devait déjà trois princes qui, par leurs actes, avaient droit à la reconnaissance de la nation. On se souvenait avec satisfaction de la brève, mais sage administration du vieux Sigismond Rékôczi, des brillants faits de guerre de George Râkôczi P' qui avait porté la gloire des armes de Transylvanie jusqu'au cœur de l'Europe et qui, par la paix de Nagy-Szombat, avait assuré, aux protestants, la liberté religieuse. On se souvenait aussi des héroïques efforts de George Rdkéczi II qui, pour libérer son pays de la domination turque, s'était si vaillamment battu et avait été mortellement blessé à la bataille de Szész-Fenes, en luttant contre le pacha de Buda et son protégé, Barcsay, qu'il vou-

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lait imposer comme prince à la Transylvanie. La nation n'éprouvait pas seulement de la reconnaissance^ envers le descendant de cette famille qui semblait vouloir en continuer les glorieuses tra* ditions, mais elle le considérait comme son légitime souverain. En un demi-siècle, la Transylvanie avait choisi trois princes de la famille Ràkâczi, aussi, pouvait-on, malgré l'élection des princes, considérer cette dignité comme héréditaire dans la famille Râkôczi, en fait, sinon en droit. Une interruption s'était produite à la mort de George Rékéczi II parce que la Diète transylvaine, veillant jalousement sur sa liberté politique et religieuse, craignait, en François Ràkéczî I®"", un ami des Habsbourg comme sa mère, la part qu'il prit à la conjuration de Wesselényi montra combien cette crainte était vaine. Son fils, par son attitude, démontra que ni son éducation, ni la surveillance de la cour de Vienne, n'avaient exercé d'influence sur les traditions ancestrales, dans la question de la liberté politique et religieuse.

Le peuple avait levé l'étendard de la révolte et bientôt le soulèvement se généralisa ; le général Rabutin attendait des ordres pour marcher contre Rikdczi, il n'osait pas avancer avant d'avoir reçu des instructions de Vienne, et cependant, il était

inquiet, car depuis la prise d'un village serbe situé à quelques lieues de la frontière, il savait que les troupes de Râkôczi étaient à proximité, puis une nouvelle, fausse, il est vrai, s'était répandue que bientôt Thôkôly, à la tête des troupes turques, allait franchir la frontière. Ne pouvant aller attaquer les Hongrois, Rabutin songea aux mesures à prendre pour défendre la Transylvanie ; il fit mettre en état de défense Nagy-Szeben, puis les villes de Dé va, Kolozsvàr, Szamos-Ujvdr et Brassé. Il concentra ses troupes à Nagy-Szeben et y convoqua les magnats et les nobles de façon à les empêcher de communiquer avec les Mécontents, n envoya des troupes à la frontière de Turquie et environ six mille hommes à la frontière hongroise pour observer les mouvements de Rikéczi ; ces régiments étaient commandés par Samuel Bethlen.

Émeric lUosvay fut envoyé contre eux, avec deux mille des meilleurs hussards ; ces soldats devaient, tout en se tenant sur la frontière, rester en Hongrie et ne pas prendre l'offensive, mais, quand ils eurent acquis la conviction que le nombre des troupes ennemies avait été exagéré, ils ne purent refréner leur ardeur belliqueuse et, un matin, profitant du brouillard, ils franchirent

la frontière^ attaquèrent les troupes de Bethlen, tuèrent un grand nombre de soldats et firent le reste prisonnier ; le chef et quelques-uns de ses compagnons purent s'échapper et aller porter la nouvelle de leur défaite à Nagy-Szeben.

Elle ne fut pas la seule, Paul Orosz battit Etienne Toroczkay, le commandant d'Aranyosszék qui s'était aventuré près de la frontière ; la défaite ne fut peut-être pas absolument involontaire, car le vaincu passa avec ses hommes au parti de Râkéczi. Paul Orosz surprit encore cinq cents Allemands et deux cents Serbes qui campaient à Gsahida; Tattaque avait été si soudaine et si vive que les fuyards répandirent à Kolozsvdr une panique qui fit renoncer à la résistance, cependant Orosz, qui avait agi à Finsu de Rdk6czi, ne voulut pas pénétrer plus avant dans le pays.

Le feld-marécCdl Rabutin avait chargé le comte Laurent Pékry d^une mission, mais avant qu'il ait pu la remplir, il se trouvait, plus ou moins volontairement, prisonnier des troupes de Ràkéczi. Le comte Pékry n'avait pas la fidélité pour principe ; de Tarmée de Thôkôly, il avait passé aux Impériaux, il venait à Rdkéczi qui ne voulut d'abord pas l'accueillir et ne le fit, plus tard, que sur les pressantes instances de Bercsényi. Des magnats,

des nobles^ en grand nombre, suivirent Pékry, en partie pour se soustraire aux colères de Rabutin, en partie pour assurer leur situation dans Tavenir et, pendant qu'ils se rapprochaient du prince^ le peuple chassait les troupes de Tempereur, leur arrachait les places fortes et, par son ardeur à la lutte, par son courageux dédain de la raort« brisait toute résistance. Michel Teleki, le fils du ministre^ se rendit au quartier général de Rakôczi, après avoir livré le château de Kôvàr, que lui avait confié Rabutin.

Ce mouvement, qui eût dû satisfaire le prince Rdkôczi, lui inspirait plutôt des craintes. Il ne pouvait être en même temps dans les deux pays, et il savait combien peu de confiance il devait avoir, au point de vue militaire, en ses subordonnés ; il redoutait, en se renc'-ï.nt en Transylvanie, de voir le mouvement dégénérer en Hongrie et servir à des buts intéressés. Il craignait aussi que le soulèvement transylvain ne poussât Ëmeric Thôkôly, exilé en Bithynie, à sortir de sa retraite, et l'entrée en scène de l'ancien chef des protestants provoquerait sans doute l'intervention de la Porte, d'où scissions, complications, etc. Il conseilla donc aux magnats transylvains de rentrer chez eux et de traiter avec l'empereur à qui leur

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attitude et celle de la Hongrie avaient inspiré quelque crainte^ ce qui permettait d'espérer un traité de paix à des conditions acceptables pour leur pays. Us ne voulurent pas se rendre à ses raisons, car, disaient-ils^ malgré le peu de durée de la domination autrichienne, ils avaient déjà appris à la détester. Rdkôczi, ne pouvant les faire changer d'opinion, reçut leur serment de fidélité. Les magnats transylvains demandèrent alors à R&kôczi de s'occuper des affaires de la Transylvanicy tout au moins de leur direction politique. Us déclarèrent l'autorité de la maison d'Autriche illégale en Transylvanie, parce qu'Apafy n'avait pas le droit de disposer d'un titre qui lui avait été attribué par une libre élection. Ils se plaignirent des excès et des désordres causés, au nom de Ràkécziy par le peuple soulevé. Pour mettre fin à c^s désordres, donner au soulèvement une idée directrice et occuper le trône de la principauté, légalement et réellement libre, ils demandaient au prince Rdkéczi de convoquer une Diète. Râkôczi déclara n'avoir pas envoyé de troupes en Transylvanie, par conséquent, il ne pouvait pas être responsable des actes commis en son nom. U se défendit de convoquer une Diète, car il n'avait aucune autorité légale, en Transylvanie,

et, à son point de vue, le meilleur moyen pour mettre fin aux maux dont souffrait le pays^ était que les nobles de Transylvanie, au lieu de rester inactifs en Hongrie, retournent chez eux et emploient leur autorité et leur activité à faire prévaloir les réformes qui leur semblaient nécessaires, étant données les circonstances.

Us répondirent que seul, le nom du prince était capable de calmer, d'endiguer les vagues de la révolution et de les faire entrer dans un courant pacifique ; eux, au contraire, ne pouvaient imposer leurs volontés et ils risqueraient d'être les premières victimes de leurs projets.

Râkôczi finit par se rendre aux objections des Transylvains et convoqua une Diète à Gyulafehérvâr; par une lettre publique, il demandait à Bas partisans de laisser siéger les députés en paix et de respecter les décisions prises. Pékry demandait que Rékôczi envoyât, pour le représenter, un Hongrois, mais le prince, qui voulait laisser à la Diète toute sa liberté, n'y consentit qu'après de longues hésitations ; il choisit, pour le représenter» Jean Radvdnszky, noble protestant dont le peu de sympathie à son égard était connu, aussi pouvaiton compter sur son impartialité. Néanmoins, Rikéczi lui recommanda encore de ne pas assister

aux séances, pour laisser aux discussions des députés la plus grande latitude; il savait que le comte Bercsényi ambitionnait la dignité de prince de Transylvanie.

Ces recommandations n'étaient pas de vaines formules, le prince Râkéczi ne cherchait ni intérêt personnel^ ni satisfaction d'ambition, et il n'avait qu'un but, faire triompher la cause pour laquelle il avait tiré Tépée. Il avait, du reste, déjà donné un exemple de semblable désintéressement en refusant la couronne de Pologne. Quelques mots d'explication sur ce fait ne serviront qu'à mieux faire connaître son caractère et à jeter un jour plus vif sur le mobile de toutes ses actions.

Ce fut au commencement de novembre 1703, à un moment où le soulèvement n'avait pas encore donné de bien brillants résultats, que l'on offrit^ au prince, la couronne de Pologne. La proposition était faite, non seulement par les Grands de la nation, mais aussi par un guerrier qui n'avait pas craint de lutter contre trois souverains alliés et qui, par ses hauts faits, inspirait à l'Europe autant de stupeur que d'étonnemeat, il avait vaincu, en une course rapide, le czar de Russie, le roi de Pologne et le roi de Danemark. Cet Alexandre du

Nord à qui la générosité semblait faire défaut, ne se contentait pas d'avoir vaincu Frédéric-Auguste, il voulait encore lui enlever son trône, qu'il offrit au prince Râkôczi. Il admirait ce combattant qui, ne comptant que sur son courage et sur l'équité de sa cause, avait entrepris, avec quelques exilés et une poignée de soldats, la lutte contre la puissante maison de Habsbourg. Pendant ses deux années d'exil, Ràkôczi avait conquis l'estime et l'amour du peuple polonais ; le cardinal-primat Radziowski, régent pendant l'interrègne, et Kubomirsky, général de la couronne, appuyaient la proposition de Charles XII et assuraient au prince Râkéczi que, s'il acceptait la candidature, il aurait toutes les voix de la noblesse.

La perspective était tentante, la situation du prince, en Hongrie, aussi périlleuse qu'hypothétique et le trône des Jagellons, un des plus considérés en Europe. Si son ambition avait été plus grande que son patriotisme, s'il eût pris les armets pour défendre ses propres intérêts, il n'eût pas hésité à quitter ses groupes de paysans, pour monter sur un trône dont le roi de Suède lui avait aplani Taccès... Ràkôczi ne le fit pas.

La réponse que son secrétaire, Paul Rdday, fut chargé de transmettre au cardinal-primat Qt

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au roi de Suède^ en donne les raisons fort plausibles.

« Je n'ai abordé la vie publique, écrit-il, que « pour délivrer ma patrie du joug sous lequel elle « gémit, mais non pour conquérir une couronne. m Je ne combats pas pour moi, mais pour mes « concitoyens. Si je triomphe, l'honneur de les c( avoir vengés me sera une récompense suffisante. « Si grand et si brillant que soit le titre de roi de « Pologne, celui de libérateur de la Hongrie n'est « ni moins beau, ni moins digne... Que devien- « draient les braves soldats qui ont quitté la « charrue pour se ranger autour de mon drapeau? « Que feraient les nobles fils de la patrie qui se « sont associés aux dangers que j'ai courus, sans « autre intention que de rendre à l'État sa liberté « et son éclat? Faut-il que je les abandonne à la « vengeance de l'Autriche? S'ils se sont exposés « à sa haine, c'est parce qu'ils y étaient incités ff par moi I Je ne veux pas mériter leurs légitimes « reproches, non plus que ceux de toute l'Europe a et de la postérité... Charles XII est assez ma- « gnanime pour approuver ma réponse négative^ « peut-être même pour l'envier. Il sait mépriser « les couronnes^ comme il sait les gagner^ et s'il « y attachait une grande valeur, il n'en ferait pas

« cadeau' ... Il se souviendra, — continue le prince « qui n'oublie pas un instant son but élevé, la a libération de sa patrie, — que son prédécesseur f a conclu avec le mien une alliance inviolable, « par laquelle il s'engageait à soutenir, de toutes c ses forces, ma famille si elle en avait jamais oc besoin. Maintenant, le moment est venu de « tenir cette belle promesse ! Que le roi venge la « Hongrie, comme il a vengé la Pologne. Que sa a bienveillance, au lieu de me combler seul de ses a dons, s'étende à toute la nation, et qu'à la satis^ « faction de faire un roi, il préfère la jouissance, « plus grande et plus sublime, de rendre indépen- « dants des milliers d'hommes et de donner la « liberté à un peuple opprimé... »

Ce refus, si digne, ne permet pas de douter un instant des sentiments qui dictèrent à Ràkôczi sa conduite à l'égard de la Transylvanie. Non seulement, il n'avait voulu exercer aucune influence sur les délibérations de la Diète, mais encore, il hésita avant d'accepter l'élection qui le désignait comme prince, et cependant, cette élection avait eu lieu à l'unanimité.

1. A. Ramband, dans son Histoire de la Russie, dit de Charles Xll : f Combattant non pour prendre des couronnes, mais pour les distribuer, i»

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Il en avait regu la nouvelle, étant encore malade ; ce fut à Yihnye, petite station thermale, où il s'était rendu pour rétablir sa santé, après la conférence de Gyôngyôs, qu'une députation offi- <^ielle alla lui communiquer le résultat des délibérations de la Diète de Gyulafehérvàr. Cette députation était composée de représentants des trois nations transylvaines (hongroise, sicule, saxonne), et des quatre religions reconnues (catholique, luthérienne, calviniste et unitaire) ; elle avait à sa ^ête le comte Mikes qui, en remettant le diplôme jslvl prince, le priait, au nom de la Diète, de Tac- -cepter.

La déplorable issue de la bataille de Hochstaedt faisait craindre à Râkéczi de ne pouvoir prendre possession de la Transylvanie sans être attaqué, aussi consentait-il à diriger le mouvement et à -régler les questions administratives du pays^ mais non à prendre officiellement le titre de prince. Il dut cependant céder aux représentations des délégués qui lui firent comprendre que la vacance du trône de Transylvanie donnerait libre cours à des compétitions regrettables.

Il promit de se rendre en Transylvanie dès que l'état des choses, en Hongrie, le lui permettrait. En attendant^ il y envoya le comte Forgich et le

chargea de rassembler les troupes, de les organiser militairement et d'affermir les victoires qu'elles avaient déjà remportées. Râkôczi avait peu d'officiers capables autour de lui et, comme il le fait remarquer, dans ses Mémoires, « il lui fallait faire flèche de tous bois ». Mais le choix de Forgdch, pour ce poste important, était l'un des plus malheureux qu'il pût faire. D'un naturel orgueilleux et capricieux, Forgéch était peu fait pour attirer les sympathies des Transylvains ; de plus, il était jaloux du comte Bercsényi dont il enviait le rôle dans les Conseils de Ràkôczi. Il croyait — ce qui était une erreur — que Bercsényi dirigeait tout en Hongrie et il voulut en faire autant en Transylvanie. Malgré le Conseil qu'avait nommé Rikôczi pour s'occuper des questions civiles, Forgâch, qui n'était chargé que de l'organisation militaire, voulut s'immiscer dans ce Conseil, ce qui donna lieu à plus d'un frottement. Déjà, en Hongrie, on avait remarqué ses rapports avec des officiers de l'armée impériale, sa conduite équivoque lors de certaines opérations militaires ; en Tran- "sylvanie, les mêmes faits se reproduisirent, tandis qu'il cernait Rabutin qui s'était réfugié à Nagy- Szeben, et qu'il assiégeait la ville, il envoyait son page, André Toth, prendre des nouvelles de la

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santé du commandant, conduite qui parut plus que douteuse, quand, après un long siège, il se retira sans avoir obtenu aucun résultat. En homme prudent, Forgâch tenait à s'assurer une retraite, mais sa conduite peu loyale, son attitude, à l'égard des autorités civiles et des commandants militaires^ suscitèrent des mécontentements et quand Ràkôczi se rendit en Transylvanie, il trouva l'état d'esprit du peuple tout autre que ne permettait de l'attendre l'élection de 1704.

En Hongrie^ les opérations militaires avaient été heureuses ; vers la fin de l'année, en novembre, les villes de Kassa et d'Eperjes avaient été prises et peu après, la population d'Érsek-Ujvàr, favorable à Rdkôczi, avait obligé la garnison à se rendre*, mais la défaite que subirent Rdkoczi et Bercsényi, à Nagy-Szombat, compromit les succès précédemment remportés.

1 . « Voici comment la viUe tomba dans la possession du Prince* Trois cents dragons Hongrois qui faisoient partie de la Garnison, se mirent à crier : a Vive Ragotzi et la liberté I i; et en même temps, ils ouvrirent les portes et livrèrent rentrée aux troupes Hongroises. Le reste de la Garnison se rendit à discrétion dont la plupart prit parti avec les Mécontents, t^ (Histoire du P. Ragotzi,)

Après avoir pris possession d'Érsek-Ujvér^ Ràk6czi s'était dirigé vers Lipôtvâr pour dégager toute la vallée de la Vég de la présence des Autrichiens. Bercsényi se tenait à quelque distance, dans la ville frontière de Skalicz^ d'oii, avec sa cavalerie, il faisait souvent des incursions en Mo* ravie. Ràkéczi avait établi son camp à Dudvàg^ petite ville située sur la rive opposée de la V^g, en face de Lipotvdr, mais il n'avançait que lentement, car la forteresse, construite par l'empereur Léopold, pour protéger Érsek-Ujvàr contre les Turcs^ était très solidement défendue et sa situation, entre la Yâg et un de ses affluents, en rendait l'attaque dijfficile, d'autant plus que les canons, envoyés de Kassa, tardaient à arriver.

Pendant que Ràkéczi attendait impatiemment son artillerie, il reçut, de Bercsényi, la nouvelle que le général Heister, avec des troupes revenues de la Bavière, se trouvait à Devény, au confluent de la Morva et du Danube. Il pensait que Rdkéczi voudrait marcher contre l'ennemi et il indiquait Faricasfalva ^ comme point de jonction de leurs deux années. Ayant approuvé ce projet, R&koczi partagea son infanterie en deux parties, l'une sous

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