‹ François Rákóczi II, prince de TransylvanieChapitre 33 sur 65 · Mémoim · texte numérisé non relu

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Charles XII qui était en Saxe^ pour lui communiquer la proposition que lui avait faite le czar et la réponse qu'il y avait donnée ; il demandait jusqu'à quel point, il pouvait compter sur lui, au cas où, irrité du refus de la couronne de Pologne, le czar Tattaquerciit. Le roi de Suède répondit fièrement qu'il retournerait plutôt en Pologne pour en chasser le czar. Râkéczi offrit à Stanislas Leczinsky son intervention pour le réconcilier avec les Grands de la couronne et le faire remonter sur le trône. Leczinsky répondit qu'il était roi par la grâce de Dieu^ et qu'il n'avait pas besoin de la grâce des Grands de Pologne.

Poursuivant son projet, Pierre !•' fit réunir à Lublin une Diète qui proclama Râkôczi roi de Pologne (11 août 1707) ; une députation composée de Russes et de Polonais se rendit àMunkâcs^ pour lui remettre solennellement le diplôme de l'élec^ tion. Le Sénat de la Confédération fut convoqué et approuva à l'unanimité la décision de la Diète de LubUn. Mais Râkôczi continuait à déclarer qu'en acceptant, il manquerait au serment prêté comme prince de Transylvanie et au serment fait à la Confédération, puisqu'il serait obligé, comme roi de Pologne, de vivre en bons termes avec l'empereur, et que, comme patriote, il était obligé de

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le combattre pour obtenir le rétablissement de la Constitution hongroise.

Il envoya le comte Bercsényi, François Klobusiczky, François Berthôty et Paul Réday, à Varsovie, auprès du czar pour lui demander de ne faire connaître l'élection que trois mois plus tard. Pendant ce délai, des tentatives devaient être faites pour rétablir Stanislas Leczinsky sur le trône ; le czar pourrait alors conclure une trêve de douze ans avec Charles XII et employer toute sa puissance à obliger l'empereur Joseph à donner la Hongrie au prince Électeur, Maximilien de Bavière, et à laisser à Rdkôczi, la Transylvanie.

Le czar accueillit avec bienveillance les envoyés du prince de Transylvanie ; Bercsényi obtint l'autorisation, pour Rdkôczi, d'entamer les négociations, mais le traité avec la Suède ne fut pas conclu, surtout parce que la cour de France témoignait de la méfiance à la Russie et cette méfiance fut accrue par le rapport défavorable de renvoyé français^ le marquis Des AUeurs, qui était un ennemi personnel de Bercsényi. La fortune des armes avait changé de camp et le bonheur ne souriait plus à Louis XIY; au lieu de susciter de nouveaux ennemis à l'empereur» il devait plutôt tendre à la paix ; la Hongrie ne pou*

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vait manquer de se ressentir de la crise que traversait la France.

Le trône de Hongrie, devenu vacant, avait été offert à Maximilien de Bavière qui vivait en France, mais le duc répondit qu'il ne voulait pas s'exposer à des aventures et qu'il ne se rendrait en Hongrie que si le succès était certain ; on comptait sur le concours de Louis XIY qui avait préconisé cette solution et qui ne pouvait manquer d'envoyer les secours nécessaires pour que Maximilien pût prendre possession du trône, d'autant plus que les Hongrois, pour obéir à ses suggestions, avaient rompu tout lien avec la maison d'Autriche. M«ûs le gouvernement français n'était plus disposé à tenir ses promesses et ne voulait plus rien entendre du traité formel qui devait être conclu. Pour ne plus avoir à discuter ces questions, il fit offrir à Rdkôczi le domaine de Jaroslo, en Pologne, qui valait cent mille francs ! De même, il ne fut plus question de la candidature de Maximilien, parce qu'à cause de Téloignement et aussi des revers de la Hongrie, la France ne pouvait lui donner d'autres secours que son appui pour la conclusion de la paix, en faisant comprendre ce pays dans le traité. On put constater plus tard que ces promesses étaient aussi vaines que les autres.

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C'était alors que Rdkôczi, comprenant l'inanité des promesses de Louis XIY^ avait écouté les propositions du czar Pierre le Grand qui, du reste, ne devaient pas aboutir.

Eugène de Savoie demandait depuis longtemps que Ton mit fin à la guerre, en Hongrie, soit par la paix, soit par une guerre d'extermination ; les succès qu'il venait de remporter et les moyens dont il disposait, comme membre du Conseil supérieur, lui permettaient de faire prévaloir son opinion.

Ces conditions rendaient la résistance de plus en plus difficile. Les troupes allemandes qui au début étaient venues se ranger autour de Râkôezi, s'éloignaient, maintenant que le succès était incertain ; non seulement des soldats abandonnaient l'armée pour rentrer dans leurs foyers, mais les officiers, pour obtenir les bonnes grâces de l'empereur, quittaient leurs postes ou rendaient les forteresses qui leur étaient confiées. Même des commandants hongrois se rendirent coupables de ce forfait; ce fut ainsi qu'un Hongrois livra Locse au général Lôffelholz ; Eger, autrefois si vaillamment défendu par des femmes, fut perdu par les moines qui s'y étaient réfugiés. La forteresse de Szolnok était en si bon état de défense et pourvue

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d'une garnison si nombreuse que le général impérial Cusany se disposait à se retirer, quand le •commandant le rappela et lui livra la forteresse sans conditions. Ceux qui reculaient devant le déshonneur d'une pareille trahison, se retiraient <6t attendaient, dans la retraite, les événements dont l'issue n'était plus douteuse. Les nobles ne ^e bornaient pas à s'éloigner, mais ils rappelaient •encore leurs soldats, en partie pour ne pas avoir à subir, plus tard, les conséquences de leur participation au soulèvement, en partie, pour réparer les dommages causés à leurs domaines par Tab- -sence des travailleurs.

Les succès de Joseph P" lui avaient rendu le ,})ape favorable, et Clément XI avait envoyé une bulle enjoignant au clergé et à tous les catholiques, sous peine d'excommunication, de ne plus prendre part au mouvement contre les lois et contre l'empereur *. Le cardinal KoUonics^ qui • était mort, en janvier 1707, avait été remplacé,

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