démentis XI epistolae et brevia selectiora
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comme primat de Hongrie, non par l'archevêque de Kalocsa, mais par un étranger, Auguste Keresztély. Le nouveau primat était né protestant et ne s'était converti qu'en 1689; il se montra plus modéré à l'égard de ses anciens coreligionnaires, et témoigna aussi quelque bonne volonté envers les catholiques hongrois, cette nomination ne montrait pas moins le peu de considération qu'avait la cour pour les traditions hongroises.
La menace du pape produisit l'effet prévu sur bon nombre de catholiques, beaucoup d'autres saisirent aussi ce prétexte pour se retirer; à toutes ces défections, se joignait le manque de confiance en ceux qui restaient, sentiment qui rendait toute tentative de résistance presque impossible. Tout le monde était las de la guerre dont les conséquences se faisaient sentir partout et pour tous ; les sources de la prospérité étaient taries, les communications avec l'étranger interrompues, le pays était ravagé par les troupes, des espaces immenses étaient transformés en désert, des villages, des villes même étaient saccagés, tantôt par les Impériaux, tantôt par les Eouroucz, aussi chacun désirait la paix.
A Vienne, on connaissait cet état d'esprit et le
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gouvernement n'ignorait pas que nombre de nobles attendaient impatiemment le moment de rentrer en possession de leurs biens conGsqués. L'empe* reur voulait profiter de ces dispositions ; malgré « la révolte » qui durait depuis des années, mal* gré la déclaration d'Ônod^ Joseph P' désirait la réconciliation; sans traiter directement avec les confédérés, il promit Tamnistie et essaya, par des concessions, de réaliser quelques-uns des desiderata de la nation. Le prince de Savoie, son conseiller pour les questions militaires, et le comte Jean P^ffy, pour les questions hongroises lui avaient fait voir qu'un soulèvement, étouffé par la force^ n'en provoque qu'un plus grave, il ne fallait pas remonter loin dans l'histoire pour s'en convaincre et il était clair' que la répression implacable et sanglante des soulèvements de Wesselényi et de Thôkôly avait eu pour conséquence celui de Ràkôczi. Joseph l^^ ne voulait pas commettre la même erreur que ses prédécesseurs, il avait maîtrisé, en partie déjà, le soulèvement, il voulait en rendre le retour impossible, il en avait brisé la pointe, il voulait en saper la base, écarter en même temps les causes et les conséquences du mécontentement, la source de tous les soulèvements. Pour obtenir ce résultat, Joseph P*" avait con-
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voqué une Diète à Presbourg, pour le 29 février 1708, en invitant Rékôczi à y assister. Le chef des confédérés refusa de s^y rendre, mais il proposa des laissez-passer à tous ceux qui voudraient y assister ; le clergé^ à l'exception de Févêque Telekessy et de deux autres prélats^ assista aux débats * ; il y eut quelques membres de la noblesse et des représentants des villes qui étaient au pouvoir des Impériaux. On commença une discussion sur la liberté religieuse des protestants', mais Tabsence des confédérés ne permit pas aux débats de prendre beaucoup d'extension et rassemblée se dispersa bientôt, par crainte des Kouroucz qui se trouvaient aux environs de Prèsbourg et aussi pour échapper au fléau qui se répandait sur toute l'Europe, la peste. Cependant les intentions pacifiques de Joseph P' ne furent pas perdues et, lorsque plus tard la situation s'aggrava encore^ de nombreux confédérés se souvinrent des promesses de l'empereur et firent appel à sa bienveillance.
Au printemps de 1708, Rdkôczi^ dont le quartier général était à Eger, préparait une armée de vingt
i . Acsàdy : Magyarorsidg torténete»
2. Michel Zsilinszky a écrit l'histoire du Parlement de Prèsbourg, de 1708.
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à vingt-deux mille hommes^ l'une des plus belles qu'il eût encore eues, avec laquelle il se proposait, en automne, d'entrer en Silésie pour rejoindre le prince de Bavière qui se déclarait prêt à accepter la couronne de Hongrie, si la France lui fournissait des secours. Mais l'attente pesait aux généraux, et dans un conseil^ tenu le 30 juillet, tous les chefs, excepté Adam Vay, furent d'avis de ne plus reculer Tattaque; l'armée était organisée, pleine d'ardeur; temporiser, disaient-ils, c'était s'exposer à voir diminuer son zèle et le sentiment de sa force. Bercsényi, de retour de Varsovie, parla dans le même sens, et Rdkéczi finit par se rendre aux raisons de son état-major. A travers les Earpathes, il se dirigea à petites marches vers la vallée de la \ig, où ses généraux espéraient y battre facilement Heister qui avait été envoyé en Hongrie, comme commandant général. Râkôczi remporta un avantage près de Banka, mais le 3 août, une rencontre eut lieu près de Trencsén. Heister, qu'avait rejoint le général Viard, se retirait déjà à l'intérieur des fortifications, quand un traître lui indiqua le point faible de l'armée hongroise ^ Une première attaque fut bien repoussée,