Mémoires. — Correspondance du marqois de Bonnac
362 FRANÇOIS RÀKÔGZI II
passent avant tout, et, le 24 mars, il lisait la lettre d'Ahmet III ; elle était convenable dans la forme, mais, malgré les promesses qu'elle renfermait, insuffisante quant au fond ; « hâte-toi, comme si tu volais, » écrivait le sultan, en terminant. Aux questions de Rdkôczi, concernant le traité, Pàpay répondit qu'il n'avait pas reçu les instructions en temps voulu, mais que tous les désirs du prince seraient satisfaits par le sultan. Râkôczi tenait beaucoup à la reconnaissance formelle des conditions qu^ii posait : il demandait trois millions et demi de thalers pour lever une armée composée de chrétiens, car il ne voulait commander que les soldats chrétiens ; il stipulait que tous les droits de la Hongrie et de la Transylvanie seraient respectés, que la Turquie ne s'approprierait, en aucun cas, les forteresses et les territoires hongrois que ses troupes pourraient occuper; de plus, il voulait être traité par le sultan en allié et non en vassal, etc., etc.. Si la lettre du sultan et les affirmations de Pâpay éveillaient de grandes espérances, l'absence de traité conseillait cependant la prudence *.
Aussi Ràkôczi consulta-t-il ses amis ; il eut une