‹ François Rákóczi II, prince de TransylvanieChapitre 50 sur 65 · Correspondance de Bonnac · texte numérisé non relu

Correspondance de Bonnac

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une nouvelle désillusion, mais il ne cessa pas de se préoccuper des intérêts de la France. Le 14 décembre 1721, il envoyait un mémoire à Bonnac au sujet du Tombeau de Jérusalem ; il faudrait, écrivait-il, profiter, dans l'intérêt de l'Église et de la politique française, de la bonne volonté des Turcs ; il serait bon que le gouvernement français prit possession des missions de Galata et de Péra et que le roi de France nommât le vicaire apostolique ; par ce moyen la France augmenterait son influence religieuse et politique, car les missions italiennes montraient peu de zèle ; Bonnac douta de l'intérêt pratique des conseils de Rdkoczi, d'autant plus que le Saint-Siège ne voyait pas volontiers des prêtres français à Galata ni à Péra, cependant il envoya le mémoire deRékôczi au cardinal Dubois qui, suivant l'exemple du Régent^ ne répondit pas.

Tandis que le prince attendait toujours la réponse, le bruit parvint juqu'à lui que la France et l'Espagne, unies, avaient pris à l'empereur Naples et la Sicile pour les donner à Jacques Stuart, en compensation du trône d'Angleterre. Rdkôczi écrivit à Bonnac et au grand-vizir pour leur demander de prendre part à ces opérations.

Ensuite, il voulait aller en pèlerinage à Jéru-

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salem. Le grand-vizir lui refusa l'autorisation de quitter le pays^ alléguant que nulle part il ne se^ rait mieux qu'en Turquie^ mais^ au fond^ pensant qu'à un moment donné, sa présence pourrait être utile au sultan.

Rdkéczi envoya, le 14 février 1722, un nouveau mémoire au cardinal Dubois sur la situation politique de l'Europe ; ses informations n'étaient pas puisées aux sources les plus sûres^ aussi quelques-uns de ses jugements étaient-ils erronés ; cependant, il faut remarquer qu'il considère comme nécessaire au maintien de l'équilibre de la France, en face de l'empire, l'alliance de la première avec la Russie. Le cardinal ne répondit pas. Sans se décourager, Râkôczi envoya, aumoi& de mai 1722, un mémoire au duc d'Orléans, au sujet du bruit que l'on répandait, parmi ses amispolitiques, sur l'opportunité de son séjour en Turquie, pour intervenir dans les affaires de Hongrie.

L'Europe désirait la paix et c'était là le plus grand obstacle à la réalisation des désirs de Râkôczi.

La mort du duc d'Orléans et du cardinal Dubois, ranimèrent un instant ses espérances; lors des négociations du traité de Cambrai, il demanda,

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s'il n'était pas possible de lui faire reconnaître la principauté de Transylvanie, qu'on lui rendît au moins ses fils et qu'on restituât aux exilés leurs biens. On ne tint nul compte de ses revendications. Un moment, les complications survenues entre la France et l'Espagne attirèrent son attention, mais lorsqu'en 1726, Ibrahim lui demanda son avis sur la situation politique en Europe, Râkôczi lui répondit que la France voulant la paix, il n'y avait pas à compter sur les rapports anglais-espagnols pour provoquer une guerre.

Plus tard de nouveaux projets furent élaborés par Bonneval, qui « avait trahi tour à tour la France pour l'Autriche et la Chrétienté pour TIslam* », mais ces projets ne se réalisèrent pas.

Il y avait deux ans que Rakéczi était à Rodosto, quand on lui apprit la mort de sa femme, la princesse Charlotte-Amélie ; elle n'avait pas quitté le couvent de la Visitation, où elle s'était réfugiée en arrivant à Paris, ce fut là qu'elle mourut, le 18 février 1722.

Trois ans plus tard, en octobre 1725, le comte Nicolas Bercsényi tombait malade; quoiqu'il e&t un aumônier, il fit demander un jésuite français,

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