A. Yandal : Une ambassade française en Orient
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aussi proposa-t-il, au fils du proscrit, un traité.
Le 2 décembre 1737, il fut reçu en audience solennelle par Mahmoud V, qui le reconnut comme prince de Transylvanie et lui fit de riches présents. Les négociations furent continuées et terminées par le grand-vizir et, le 20 janvier 1738, un traité synallagmatique était signé; le 23 janvier, la remise, ou plutôt l'échange des exemplaires de ce traité, avait lieu avec toute la solennité habituelle. « Aujourd'hui, écrit Mikes, qui avait accompagné Joseph Ràkôczi, nous avons été en grande pompe chez le vizir, qui lui a remis (à Joseph) un caftan doublé de martre ; il en a donné à nous tous aussi. »
Par ce traité, le Grand Seigneur reconnaissait Joseph Râkôczi comme prince de Transylvanie et chef de la Hongrie, quand la Diète l'aurait élu.
Ce traité ^ signé entre la Porte et Joseph Râkéczi, fut suivi d'un manifeste, 28 janvier 1738,
1. Quand, en 1889, R. Thaly et ses amis, G. Fraknôi et A. Vâmbéry, furent autorisés à rechercher les restes de la Corvina, ils découvrirent ce document, qui avait l'aspect d'un livre grand in-folio, peu épais ; ils l'ouvrirent et lurent sur la première page : c Instrumentum Pacti inter Âugustissimum Imperatorem Sultan Mammut Han et primum Josephum Principem Râkôczi. » A la dernière page, on lisait : c Datum Constantinopoli die vigesima Januarii Anni mdccxxzviii », et la signature c Josephus Râkôczi ». La date turque était : « Dabantur Constantinopoli, Anno Hegirae mcl ultimis diebus Luûae Ramazan. »
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appelant aux armes les habitants de la Hongrie et de la Transylvanie. Dans cet appel au peuple, Joseph Ràkôczi déclarait que la Hongrie n'entendait pas se soumettre à la Turquie, mais seulement maintenir ses libertés séculaires. L'empereur répondit à ce manifeste en mettant la tête de son auteur à prix, dix mille florins, et en déclarant coupable du crime de lèse-majesté ceux qui auraient des rapports avec lui. Le pape Clément XII lança une bulle contre le prince.
Joseph, qui dès le mois de février était à Csernavoda, où se trouvaient réunis les exilés, se rendit, en avril, à Widdin : « La Porte croyait que quand nous arriverions à Widdin, toute la Hongrie et la Transylvanie monteraient à cheval et viendraient à nous. Gela aurait pu se faire si le vieux maître eût encore vécu *. »
La campagne s'ouvrait sous de favorables auspices pour les Turcs qui prirent Mehadia, Orsova, etc., mais ces succès furent inutiles à la cause de Râkoczi ; le prince Joseph qui était souffrant depuis son arrivée en Turquie, mourut le 10 novembre 1738, à Csernavoda. 11 fut inhumé à Gonstantinople auprès de son père. Clément Mikes