LA FIN DE L'EXIL ET LE RETOUR A PARIS
Si fécond et si salutaire qu'ait été le séjour à Bruxelles, si doux qu'aient été certains souvenirs intimes qui s’y sont attachés pour Rude, son exil ne pouvait se prolonger indéfiniment. Déjà la réputation de l’auteur du buste de Guillaume Ier et des bas-reliefs de Tervueren dépassait les frontières de la Belgique et l’artiste avait laissé en France des amis qui l’exhortaient sans relâche à revenir.
Peu à peu l’idée fait son chemin dans l'esprit du sculpteur; des circonstances diverses viennent la favoriser, la développent, la précisent et finissent par la rendre irrésistible. |
En 1825, Rude va installer à Lälle la Chaire de l’église Saint-Etienne dont on lui a confié la décoration. Ainsi Rude, bien que résidant encore en Belgique, travaille pour la France : n'est-ce point, en quelque manière, le prélude du retour ?
La chaire de Lille est, dans son ensemble, une œuvre de belle allure. Le plan en avait été établi par l'architecte Verly. Deux Lällois avaient exécuté, l’un, Huidiez, les ornements et les draperies de l’abat-voix, l’autre, Désiré Buissine, la menuiserie. Rude avait été chargé des figures sculptées. Son apport fut triple : au soubassement, il posa les deux grandes statues de la Foi et de l’Espérance ; sur la cuve même, il développa la lapidation de saint Etienne ; enfin, pour surmonter le monument, il fit un archange volant et deux anges soutenant les draperies
du couronnement. Le tout est d’une facture harmonieuse et d’une. noble élégance.