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Si la chaire de Lille a été pour Rude une occasion de franchir la frontière, il ne se décide pourtant pas encore au retour. La nostalgie de Paris ne semble guère avoir de prise sur lui. Garde-t-il rancune à la capitale des Bourbons d'être restée l'institutrice impénitente de l’art académique ? On serait tenté de le croire. Dans ses lettres ou dans celles de sa femme qui ont été livrées à notre indiscrétion, il est parfois question de Dijon, jamais de Paris. C’est que Rude est un provincial et un labotieux. Il aime la vie de famille et le meilleur de son existence se passe dans son intérieur et dans son atelier. Aussi bien n'est-ce déjà plus seulement le têteà-tête avec une femme qu'il | aime d’un amour ardent et SLI TE " trot profond : un enfant leur est He | né, un garçon, Amédée, dont les gentillesses sont un ravissement de toutes les minutes pour l’honnête ménage. Hélas ! Amédée n'est pas destiné à fournir une
longue vie et le désespoir CI. Cayoz.
de ses parents sera, un jour, CHAIRE DE L'ÉGLISE SAINT-ÊTIENNE, A LILLE,
égal à leur joie d’aujour-
d'hui. Mais, pour l'instant, l'atmosphère est sans nuage. Rude, à Bruxelles, est tout à l'affection des siens et à l'entraînement de ses travaux. Dépourvu d’ambition pour lui-même, heureux de-travailler pour travailler, content de faire, comme il disait souvent, il n’est pas même effleuré par la tentation d'aller briller à Paris. En dépit des instances, ce n’était point d’une réputation grandissante, ni d’un désir de lucre ou de gloire qu'on pouvait attendre son retour. Seulement, des circonstances malencontreuses assombrirent son exil et, par voie de conséquence, le ramenèrent.