MERCURE RATTACHANT SA TALO NNIERE
H. Floury, Editeur
Le: LS * Hogrite dé RE N'ES
ne comporte rien qui procède d’une conception profonde : ce Mercure, si beau qu'il soit, est tout en forme et en attitudes, il n’a point d'âme. Aussi bien, tout naturellement, les termes qui caractérisaient les œuvres scolaires de Rude reparaissent-ils avec insistance lorsqu'il s’agit de caractériser cette œuvre nouvelle, d'une valeur supérieure, mais, en somme, de même nature. C'est que le Mercure n’est point une de ces œuvres maîtresses qui révèlent une observation dominatrice ou une inspiration sublime, jaillies
du cœur d’un artiste et capables de renouveler sa pensée.
Rude a fait son Mercure pour le Salon officiel. Du coup, son éducation officielle et académique a repris le dessus. Sa maîtrise, à coup sûr, ne s’est
.… pas évanouie ; elle est affirmée au contraire, au point de forcer l’admira-
tion. Maïs le sujet ramenait Rude au passé. Moins par calcul que par l'effet des préoccupations qui réveillaient ses réminiscences, il a opéré sa rentrée
dans le monde des artistes attitrés de la Restauration au moyen d’un envoi
où se reflètent les conceptions scolaires du vieux classicisme ; grâce à une œuvre superbe, certes, mais où, malgré une originalité plus apparente que
| réelle et toute extérieure, triomphent le métier, la technique, l’adresse
manuelle.
Le Mercure rattachant sa talonnière tient néanmoins une place importante dans l’ensemble de l’œuvre de Rude. Mieux encore que la Vierge Immaculée, il affirme la sûreté de son ciseau, et, en même temps qu'il classe son auteur, au jugement des contemporains, parmi les premiers « sta-
. tuaires » de sa génération, il porte avec lui la promesse des chefs-d’œuvre
futurs, de ceux-là même qui déjà s’élaborent dans la pensée du maître, en attendant l’heure prochaine où ils prendront forme tangible dans l’intimité laborieuse et recueillie de son atelier. |