MAQUETTE DITE « TÊTE DE VIEILLARD
Musée de Dijon.)
fois, il faisait souvent allusion à l'Italie, à Rome notamment. Le peintre Camille Bouchet, l’un des habitués de la rue d’Enfer, connaissait l'Italie, et Rude le questionnait souvent. Il s'était fait, disait-il, une idée de Rome et il voulait savoir si l'impression que son imagination d'artiste dégageait de ses lectures était conforme à la vérité. Et Bouchet a dit lui-même : « Ses conversations sur Rome se renouvelaient fréquemment. Il aimaità me demander des renseignements sur tel ou tel monument, sur la situation de tel autre. Il s'était créé, disait-il, une Rome qu'il voulait comparer avec la réalité. »
Evidemment, Rude comptait voir un jour l'Italie. Bouchet lui répétait à toute occasion qu'il devait se décider à faire ce voyage. Toute conversation sur l’art, entre ces nourrissons de l’école classique, ramenait fatalement le nom de l'Italie. Les deux camarades alors laissaient librement s'envoler l'un ses souvenirs, l’autre son imagination. Le projet d’un voyage en commun surgissait, il s'agrémentait de combinaisons d’itinéraires possibles, mais jamais aucune date n'était mise en avant et le voyage en Italie demeurait à l'état de rêve délicieux et lointain. L
Enfin, pendant l'hiver de 1842-1843, il fut arrêté que le voyage aurait lieu au printemps et le 17 avril 1843 fut fixé pour le départ. Ce n'était pas une petite affaire, sous Louis-Philippe, qu’un voyage en Italie. Les deux compagnons de route s'étaient donné rendez-vous à Dijon. Le programme fut suivi de point en point et l’on quitta la capitale de la Bourgogne le 1% avril, ainsi qu'ilétait convenu ; le surlendemain, les voyageurs prenaient, à Lyon, le bateau pour Arles, et, puisque le DT Legrand nous a conservé dans son livre la relation de Bouchet, nousavons la chance de pouvoir suivre d'étape en étape l'itinéraire du Maître.
Arles, ville antique, fut son premier arrêt et sa première découverte sur le chemin de l'Italie. L'esprit de l'artiste était avide d’impressions, et cette Antiquité qu'ilcherchait partout venait aussitôt s’offrirsoustoutes les formes à ses yeux complaisants. Témoin le récit de l'entrée dans Arles que nous devons à Bouchet : « Comme nous entrions dans cette ville, une vieille femme assise et filant à la porte de sa maison attira les regards de Rude. Surpris à l'aspect de cette belle vieillesse, ils’arrêta etme dit de son ton grave et doux : « Bouchet, mais voyez donc! quel maintien, quelle noblesse |! c'est la mère d'Ulysse ! » Ce mot seul suffit à montrer dans quel esprit classique était entrepris le voyage.
Des Arles, ce fut Marseille et la Méditerranée. Rude, qui ne connaissait ms la Méditerranée, en fut ébloui. A Nice, Bouchet, qui a une visite à , abandonne un moment son compagnon : « J'avais dans cette ville fo a. he une famille de compatriotes. Rude voulut m'’attendre au bord de la mer. Le soleil montait ; je l’installai dans un abri que je connaissais, : ur > espèce de grotte à moitié inondée, dont le vaste portique s’ouvrait sur La mer. Je l'y laissai bien établi, assis sur un point culminant, des | cigares sous la nain et la pleine mer en perspective. Je revins au bout 4 Te heure ; fui, souriant à mes excuses de l’avoir ainsi abandonné, me BE: « -m01 plutôt de vous avoir oublié. Croyez-vous qu'on «puisse s'ennuyer ici ? Je vois pour la première fois cette mer bleue dont les anciens ont tant parlé, mais que leurs descriptions ne m'ont jamais montrée aussi belle que je 1a vois, aussi éloquente que je l’entends. ? De ne sont-ce pas les coursiers de Neptune qui accourent ainsi, — blancs d'écume, à a surface des flots ? Et ne voyez-vous point passer, | là-bas, le char d'Amphytrite ? »
— Ainsi, dans ce voyage, la mythologie, l'épopée antique et l’histoire D du monde ancien se retrouvent à chaque étape. C’est comme “l'atmosphère que Rude respire, le milieu qu’il doit à son éducation et qu’il 1 emporté avec lui en Italie.
De Gênes, Rude se rend par mer à Naples. Et, tandis que les longues opérations du passeport et de la douane retardent le débarquertiènt, les deux # artistes s'emplissent les yeux de la baie inoubliable. Le soleil du matin illumine doucement la ville qui s'étend, paresseuse et nonchalante, à perte de vue. mer scintille, peuplée de barques agiles, tandis qu'au fond du Dre nc 1 le Vésuve laisse silencieusement monter dans l'air transparent Re panache de fumée. Mais voici qu'en promenant leurs regards le g du rivage napolitain, les yeux de Rude se fixent sur un détaildu décor Le #8 i l'enchante : un jeune pêcheur est assis sur une barque, les jambes pen- D dantes ; joyeux, il bat l’eau de son pied nu. « Voyez, s'écrie Rude, il est | coiffé comme le mien! »
C'est bien, en effet, l'enfant de Santa Lucia qui, au Louvre aujourd’hui, ci ou avec son immortelle tortue. Il a grandi, mais il a conservé son bonnet rouge pendant sur l'épaule ; il a conservé aussi sa santé robuste et sa grâce at ne Rude a tout à coup reconnu le modèle qu'il a jadis si amoureusement eu 6. Cette coïncidence ravit l'artiste. Il y voit comme une consécration e son œuvre favorite, comme un salut de Naples ensoleillée qui, dans cette
belle matinée de printemps, envoie à sa rencontre le petit pêcheur napolitain.
Le Musée de Naples est assurément un des plus vastes de r Italie entière et l’un des plus riches en œuvres antiques, aujourd’hui surtout à cause des nombreux objets que fournissent les fouilles d'Herculanum et de Pompéi et qui y trouvent asile. D’immenses collections se développaient déjà en 1843 dans le grand bâtiment construit en 1586 et qui, après avoir été successivement un palais royal, une caserne et une université, était devenu, en 1816, le Museo Reale Borbonico.
Nous pouvons être certain que Rude a trouvé d’amples matières à méditation, dans les nombreuses et longues salles de cet immense conservatoire. Mais quelques œuvres l’ont païticulièrement frappé, du moins à nous en tenir au témoignage si précieux, quoique trop peu prolixe à notre gré, de son compagnon.
Ji faut d’abord citer les Balbus. Bouchet, en effet, leur consacre une mention spéciale en ces termes : « Il s'était arrêté jongtemps devant deux statues équestres, dites, je crois, les Balbus, statues en marbre blanc d’une grande perfection. « Ces deux fiers cavaliers me reviennent à l'esprit, me dit-il ; ils sont simples et superbes tout à la fois. Comme ils sont bien à cheval et quels beaux chevaux ! Quelle belle tournure! Voilà bien les Romains, les maîtres du monde ! Pourquoi nos artistes français qui ont eu à faire des cavaliers ne sont-ils pas venus prendre un peu du grand sentiment qui domine cette composition ! »
L'instinct de Rude ne le trompait point et les Balbus sont, en ct parmi les plus saisissantes des œuvres antiques qu'expose le Musée de Naples.
«Dansce même Musée, — continue Bouchet, —un portrait de Dante, buste en bronze, de grandeur naturelle, avait aussi fixé son attention : « Ce doit être fait d’après nature, répétait-il ; voyez quelle vérité, quel caractère dans tous ces traits! Ne vous semble-t-il pas que le poète serait mieux traduit si sestraducteurs venaient étudier et méditer en face de cette belle tête ? Je suis sûr qu’Ary Scheffer la connaît. »
Le buste qui impressionnait tant Rude est un bronze du quinzième siècle d'un très grand caractère devant lequel tout visiteur s'arrête avec admiration.
Enfin, Naples invite à une excursion au pied du Vésuve : tout fervent classique ne peut manquer de rendre visite à Pompéi. Rude et Bouchet n'ont garde de faillir à ce devoir. Ils vont demander à la ville exhumée ce
que Bouchet appelle « de calmes et hautes émotions », et le peintre nous montre le grand sculpteur contemplant d’un œil attendri les fresques antiques ou s’accoudant à une colonne brisée pour méditer sur cette Antiquité aimée, qui nulle part n’imprègne plus puissamment l'esprit qu’au milieu de l'évocation muette des ruines pompéiennes,
De Pompéi et de Naples, nos voyageurs remontent sur Rome. « Là, — dit Bouchet, — comme à Naples, nous marchons beaucoup, jouissant du soleil, regardant tout et ne nous abritant qu’à l’ombre du Colisée ou sous les voûtes du Vatican. » Le Colisée et le Vatican, ce sont précisément les deux Rome : la Rome des Empereurs et la Rome des Papes, la Rome classique et la Rome de la Renaissance. Rude les a parcourues toutes deux et comme respirées avec avidité.
De la Rome antique, la relation de Bouchet ne retient que le Colisée, et l’on comprend que Rude, épris du grandiose et du majestueux, — ces deux traits caractéristiques de l'Antiquité vue à travers la culture classique, — ait été vivement saisi par la masse imposante de ce cirque prodigieux dont les proportions frappent si fortement l'imagination, même sans l’intervention d'aucune littérature. |
Les « voûtes du Vatican » ne permettaient pas seulement à Rude de se garer du soleil romain ; elles le conduisaient aux Musées pontificaux. Le Musée des antiques l’attirait nécessairement. Le livre d’Emeric David n’en célébrait-il pas les trésors ? Le Laocoon, l’Apollon du Belvédère, le Discobole, tant d’autres chefs-d’œuvre encore, réunis par les papes humanistes, s’imposaient à l'attention de Bouchet et de son ami. Pourtant, le
témoignage de Bouchet est formel, c’est la Chapelle Sixtine qui a le plus
impressionné son compagnon : « La chapelle Sixtine, que nousavons visitée bien des fois, a semblé à notre ami la plus belle, la plus grande, la plus extraordinaire peinture du monde. Elle valait à elle seule, selon lui, le voyage d'Italie. Michel-Ange, qu'il tenait en singulière estime comme sculpteur, est demeuré pour Rude, après sa visite à la Sixtine, plus grand peintre encore que grand sculpteur. « C’est le premier peintre du monde, m'a-t-il souvent répété ; sa peinture est immense. » I] la mettait même au-dessus du Moïse, et cependant en voyant celui-ci il était resté immobile d’admiration. Il me disait plustard qu'il ne savait pas commentil n’était pas tombé à genoux devant cette figure qu’il lui semblait voir pour la première fois. Pourtant il s'était fait enfermer tout un jour au palais des Beaux-Arts à Paris pour étudier les moulages qu’on en a. «Maïs cela ne se ressemble pas, ajoutait-il ;
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et tant qu’on n’a pas vu le Moïse dans la place pour laquelle il a été fait, on ne le connaît vraiment pas. »
Quiconque a visité la Sixtine comprendra cet enthousiasme, Cette merveille, la plus étonnante du Vatican, défie la description ou l'analyse. Un sentiment de stupeur s'empare du visiteur à l’aspect de cette prodigieuse accumulation de chefs-d’œuvre : c’est le triomphe de la peinture. Un monde de personnages s'accroche à la voûte, aux pendentifs, aux écoinçons, aux murs : la Création, les Prophètes, les Sibylles, les Précurseurs du Christ et, comme autant de récits épisodiques, les grandes scènes de l'Ancien Testament. C’est la Bible traduite par le plus biblique des pinceaux. Une traduction de la Bible, certes, mais conçue dans le style de Dante. Car, on trouverait difficilement deux ‘génies plus étroitement apparentés que Dante et Michel-Ange : c’est la même concentration de la pensée, la même philosophie inspirée et comme intuitive, ardente et implacable, la même vigueur de coloris, la même puissance créatrice de vie et de mouvement, le même souffle impétueux qui pénètre et convulse les formes et qui en fait pour ainsi dire jaillir les âmes. À travers les siècles, le peintre de la Sixtine s'apparente au poète de la Divine Comédie. Comment donc s'étonner si Rude qui, à travers le buste de Dante du Musée de Naples, entendait résonner les vers impérissables du poète, se sentait pris d’une admiration nouvelle pour les peintures bibliques de Michel-Ange à la Chapelle Sixtine ?
Le Moïse est aussi une œuvre du même ordre. Dans la statue colossale qui orne le tombeau de Jules II, comme dans ses peintures de la Sixtine, Michel-Ange se révèle un génie biblique. I/énergie sauvage et farouche d’un monde primitif revit dans ce prophète qui va maudire et réprimer. I/idolâtrie des Hébreux a indigné le puissant conducteur d'hommes : la mâchoire vigoureuse se contracte ; les muscles formidables frémissent ; quoique assis encore, l’implacable vengeur de Dieu semble déjà se ee de son siège pour punir.
Cependant, si tournées qu’elles fussent vers l'Antiquité et la Renaissance, les préoccupations de Rude n'étaient pas exclusives. « Il était, — dit Bouchet, — fort empressé de voir à Rome la sculpture de Canova. »
Ce désir était naturel, si l’on songe à la place qu’occupe Canova dans l'histoire de l'Art. Canova, en effet, a été à la sculpture italienne ce que Louis David fut à la peinture française. De son temps, il passa pour un sculpteur de premier ordre et le premier quart du dix-neuvième siècle fut
plein de sa renommée. Une grande adresse technique, un goût délicat, une assimilation heureuse de ce que la culture d’alors entendait par perfection antique, c'était assez pour donner à cet artiste agréable et ingénieux la gloire que d’autres mieux doués n’arrivaient pas à conquérir. Bouchet nous signale celle des œuvres de Canova qui a le plus intéressé Rude. Il nous en parle en ces termes : « Deux lions de grandeur naturelle qui gardent l’entrée du tombeau d’un pape lui ont paru le plus bel ouvrage de ce maître. L'un de ces lions est endormi, l’autre veille : leurs attitudes sont grandes et naturelles. I/exécution en est parfaite. C’est, du reste, la … seule chose de Canova qu'il ait admirée à peu près sans réserve. » —.. Canova, le sculpteur par excellence de l’immobilité et de la sérénité, ne “& : pouvait plaire que par exception à cet amoureux de la vie et du mouvement fe qu'était Rude.
Quant au monumentaux lions, auquel fait allusion Bouchetsans en pré- R: ciser le souvenir autrement, il est aisé de l'identifier. Il s’agit du mausolée du pape Clément XIV qui se trouve à la basilique Saint-Pierre de Rome. Le Pape est agenouillé sur la dalle, le Génie de la Religion et le Génie de & N la Mort veillent de part et d'autre, supportés par les deux lions symboliques …— dont Rude a loué la belle facture.
1 : Bouchet ne nous parle pas en détail des autres œuvres de Canova visitées par Rude à Rome. Sa préférence pour les lions du tombeau de Clément XIV, son empressement initial à «voir la sculpture de Canova » auto- risent à penser qu'il a vu aussi des œuvres comme le tombeau de Pie VI, —.… jJ'Amour et Psyché (aujourd’hui au Louvre), la danseuse Corsini et la fa- — meuse Pauline Bonaparte en Vénus de Ia Villa Borghèse. | 4 Au surplus, les villas et la campagne romaine ont exercé sur le sculpteur —. unattrait puissant. Il disait à Bouchet : « Admirons cette belle lumière et …—. ces horizons que Poussin et Claude Lorrain aimaient tant à voir! » Le souvenir de Poussin surtout surgissait naturellement dans l'esprit de Rude devant les splendeurs des villas et la majesté classique de la campagne romaine. Loin de s'étonner de cette réminiscence, on serait plutôt tenté d’y voir un reflet naturel et lointain de cette admiration que Devosge, le propre initiateur de Rude, professait pour Poussin. Le souvenir de Poussin, k E: d’ailleurs si richement représenté dans les Musées et dans les collections de Ja Ville Eternelle, accompagnait constamment Rude dans ses promenades. Il en était comme pénétré, et, tandis que le directeur de la Villa Médicis, son ami Schnetz, lui faisait parcourir les belles perspectives de son admi-
rable domaine, il se plaisait, au rapport de Bouchet, à rappeler que sous ces ombrages s'était promené Poussin.
De Rome, nos voyageurs passent à Florence ; et nous ne saurions trop regretter qu'ici le témoignage de Bouchet soit si bref et si restreint. Nous voudrions savoir quelle a été l'impression du maître devant l’enchantement du Palais Vieux ou de cette Loggia dei Lanzi où règne si magnifiquement celui au génie duquel telle de ses œuvres si mystérieusement s'apparente, Donatello. Mais le sec récit de Bouchet ne fait positivement allusion qu’à deux monuments : les Tombeaux des Médicis.
Décidément, Rude était pour Michel-Ange plus juste que son oracle Emeric David. Dans l’œuvre du grand sculpteur florentin, les tombeaux des Médicis devaient logiquement le séduire de préférence, puisqu'ils sont éminemment subjectifs : Julien, général de l'Eglise Romaïne, au maintien calme et assuré, est escorté du Jour et de la Nuit ; Laurent, sous les traits du célèbre « Penseur », a pour compagnons le Crépuscule et l’Aurore. Or, le sculpteur glorifie en apparence les Médicis, il rend en fait sa propre conception de l’histoire florentine et traduit en même temps sa rancune et ses espérances.
l'admiration que Rude avait éprouvée pour la Méditerranée à Marseille et à Nice nous laisse deviner ce que fut son extase devant le décor vénitien. Du moins Bouchet nous a montré Rude étreint par cette sorte d’'angoisse qui s'empare de tout visiteur sensible dans l’interminable dédale du Palais des Doges. La splendeur de la façade, la richesse des colonnades et des chapiteaux, la majesté des escaliers et des galeries d'honneur parlent haut de la gloire de la Sérénissime République. Maïs la ténébreuse politique du Conseil des Dix a laissé comme un brouillard flottant de sombres souvenirs à travers les couloirs et les salles, et les guides excellent à faire valoir le mystère tragique du moindre recoin, surtout lorsqu'ils conduisent le visiteur docile par le « Pont des Soupirs » jusque dans la région terrifiante des cachots. Mais Rude fut si bouleversé qu'il n'eut pas le courage d'aller au bout. Bouchet nous en est garant : « En arrivant au Pont des Soupirs, à l'entrée des cachots, il en avait trop de ces funèbres souvenirs et me laissa visiter seul ces tristes demeures où tant de victimes avaient été entassées. » ;
Sans doute cette lassitude n’empêcha-t-elle pas le sculpteur de contempler les chefs-d’œuvre de l’art vénitien. Malheureusement, les notes de
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