MADAME RUDE (SOPHIE FRÉMIET
(Musée de Dijon.)
phante beauté, ce n'est point dans les œuvres du Moyen-Age, ni même dans les chefs-d’'œuvre du siècle Valois, que les hommes du dix-huitième siècle expirant pouvaient songer à chercher des inspirations d’art. Le classicisme victorieux avait jeté sur ces œuvres un discrédit égal à celui dont un Boïleau pouvait flétrir le théâtre grossier des Mystères. Une révolution radicale du goût avait chassé du domaine de l'esthétique cet art que l’infâmante qualification de gothique vouait au dédain ironique des connaisseurs.
De tout cela faut-il conclure que l’art de Rude sera un art tout nouveau, sans racines dans le passé, sans lien avec la tradition artistique de la Bourgogne ? Rude, au contraire, a été un grand maître parce que, s’il a été de son temps, il a été et il est resté un Bourguignon.
La vocation de Rude à seize ans n’en était peut-être que plus impérieuse et plus puissante, puisque le jeune élève qui s’adressait à Devosge cédait à un penchant instinctif, ignorant encore ce que signifiaient ces mots d'aré et d'artiste entendus pour la première fois dans le cliquetis sonore des discours de distribution de prix.
Seulement Rude pouvait rendre grâce à sa bonne étoile, car, en demandant à Devosge des leçons de dessin, il s’adressait heureusement pour lui à l’homme qui, sans doute, pouvait alors le mieux en France affermir et développer une vocation artistique.
ACHAPPERE,:TLT