ORIGINES DE L ARC DE TRIOMPHE 1 7 I
pilastres grecs supportant rentablement (les deux cas sont prévus), se détachent des piédestaux où poseraient des groupes symbolisant la France et l'Espagne sous la figure de deux soldats, la main dans la main, adossés à une colonne et auréolés de drapeaux. Au dessus, des scènes historiques, traitées en bas-reliefs, couvriraient tout le plein du mur. Enfin, de la plateforme supérieure, un triomphant quadrige semblerait s'élancer à travers le ciel, tandis que des soldats en sentinelle ou des figures allégoriques se dresseraient aux quatre angles et que des soldats, encore, assis au pied d'une colonne, au milieu des faces latérales, s'accouderaient aux armes de France ou d'Espagne. Je n'insiste pas sur cet ensemble décousu, d'une modernité mêlée de pseudo-classique, banal et redondant ; mais on m'en voudrait d'omettre la liste des bas-reliefs séparément dessinés. C'est une Suite dans le goût du temps et où rien ne manque.
1° Déclaration de guerre aux insurgés espagnols par S. M. Louis XVIII ; Le Roi ordonne à S. A. R. le duc d'Angoulême et à son armée d'aller délivrer le roi d'Espagne. 2^ Passage des Pyrénées; S. A. R. le duc d'Angoulême recommande à ses soldats d'épargner les vaincus. 3^ Evacuation de Madrid par les insurgés; entrée de S. A. R. dans la ville. 4" Délivrance du roi d'Espagne ; sa réception dans l'île Sainte-Marie par S. A. R. 5° Siège de Cadix par M"^ le duc d'Angoulême. 6® Reddition de Cadix. 7" Délivrance des prisonniers ; distribution de secours à l'occasion de nos^ victoires et de la Restauration du roi d'Espagne. 8^ S. M. Louis XV ni et sa famille viennent remercier Dieu de nos succès, (f Le Roi, accompagné de la Paix et de la Victoire, donne l'ordre à l'Architecture et à la Sculpture d'ériger un arc de triomphe à la gloire de S. A. R.
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le duc (VAngoiiléme et de son armée. La Poésie, la Peinture et la Musique sont appelées à embellir la fête organisée à cette occasion. L'Abondance et le Plaisir suivent le groupe des Arts.
Je crois fermement que ce programme n'est, aux mains du rusé Goust, qu'une machine de guerre pour hâter la reprise des travaux. L'administration ne saurait que se complaire en ces imaginations royalistes, à l'aide desquelles on compte détourner le vrai sens de l'Arc de l'Étoile ; mais le temps est encore loin où les sculpteurs devront se mettre à l'œuvre et les événements se chargeront de réformer ces thèmes choisis. En attendant, les chantiers se rouvrent. Goust, toujours un peu suspect, a dû accepter pour lieutenant un jeune architecte, nommé Huyot, qui ne demande qu'à s'écarter du plan de Chalgrin et à tirer à lui un pan de la couverture. Lequel des deux l'emportera ? Goust, un moment, se débarrasse de Huyot, mais Huyot s'obstine et déloge Goust à son tour. Malgré tout, la construction monte ; le gros œuvre avance. Ce monument est si populaire que c'est une des promenades favorites des Parisiens de pousser jusqu'à l'enclos, grouillant d'ouvriers, hérissé d'échafaudages, où sa masse énorme surgit. A la vérité, si nous prêtions l'oreille aux entretiens des libéraux, nous entendrions quelques railleries assez cruelles sur ce pauvre Arc des triomphes de Napoléon condamné à devenir l'Arc du triomphe du duc d'Angoulême, mais tout va, du moins, sans encombre, et c'est l'important. Parmi les sculpteurs, on a perdu l'habitude de s'échauffer touchant la politique ; on ne souhaite que de recevoir des commandes. Et c'est là l'état des esprits et le cours des choses autour de François Rude, revenu, enfin, chercher fortune à Paris. Quelles que
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soient les intrigues particulières, la donnée décorative suggérée par Goust, élaborée par Gaulle, approuvée par Cartellier sans réserve, ne soulève aucune objection officielle et, déjà, les statuaires guettent leur part
ig< tous côtés.