‹ François Suarez, de la Compagnie de JésusChapitre 19 sur 38 · LIVRE I · texte numérisé non relu

LIVRE I

conduisent, en remontant la série des possesseurs, jusqu'aux Suarez deToledo. Ajoutons que par ses proportions et par son architecture, qui tiennent le milieu entre les palais des grands et les habitations des classes moyennes, elle répond très bien à ce que nous savons du niveau social de la famille. La structure est celle qu'on rencontre si souvent dans les villes d'Espagne, surtout dans les villes à traditions mauresques : bâtiments en carré, enfermant le patio, ou cour intérieure, entourée de colonnes qui supportent les étages supérieurs : rien de plus propre à conserver, sous les toiles tendues d'un toit à l'autre, la fraîcheur si nécessaire durant les brûlants étés : rien de plus favorable aussi à l'intimité de la vie de famille (i).

(11 La maison dont il s'agit, naguère encore Calle de Pavaneras, 13, maintenant Calle del Padra Suàrez, i7, est attenante d'un culé à la Casa de los Tiros, propriété de la Marquesa de Camputcjar, de l'autre elle est séparée par une petite rue de la maison de la Marquesa de Casablanca. La plus grande partie do sa façade donne sur la Plaza de hs Tiios, l'autre partie a pour vis-à-vis l'angle e.xtrcme de l'ancien enclos des Franciscains,

Marquera

de Casabianea

PelilB

Cour f 1

Casa

de los tiros

(Marquesa

Patio

de

CampoUjar)

Calle del P. Suarez

CoDTenlo de PP. Franciscanos

Plaza de los Tiros

couvent devenu aujourd'liui la Capilania General de la Province. Comme on le voit dans le croquis ci-dessus, deux côtés du carré, qui forme le corps de l'édifice, se prolongent sur le revers en forme d'ailes qui laissent entre elles une petite cour. 11 paraît certain que tout nu moins les murs, des lambris et d'autres boiseries fort anciennes, sont du temps de Suarez. Sur une de ces boiseries se trouve l'écusson de la famille. Vue du dehors, la maison avec l'inégalité de hauteur de ses diverses parties, l'asymétrie de ses ouvertures, ses cordons de créneaux et une façon de tour, olTre un aspect qui ne se rencontre guère dans les constructions modernes.

Cette antique demeure de» Suarez deToledo était devenue, vers le milieu du xix* si<';cle, la propriété d'un fabricant de chapeaux qui y avait établi son atelier. Elle a été achetée, il y a quelques ann6e.s, par Don Felipe Campos, qui la trouva dans le plus affreux état de dégradation ; il la lit réparer et il y habite aujourd'hui. C'est .son oncle, Don Joachim Reyes, recteur du collège de Santiago, qui par ses reclierches a fait identifier la maison et qui a composé l'incriplion qu'elle porte.

T. I face page 13.

Ancienne Maison de Suarez de Toledo, à Grenade.

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3. — La date de la naissance de Suarez, marciuée par l'inscription, 5 janvier i548, doit-elle être acceptée? Tous les biographes la donnent et contre elle nul doute sérieux n'a été soulevé. Nous aurions cependant voulu la confirmer par quelque document officiel : nous n'y sommes pas parvenu. Les anciens catalogues de la Compagnie de Jésus n'indiquent en général Tàge des religieux que par le nombre des années. Les listes des étudiants de Salamanque ne consignent que les noms et les lieux d'origine. Nous sommes allés à la source la meilleure d'ordinaire en pareil cas, aux registres des paroisses. Celle de Sainte-Scolastique à Grenade, dont l'église, détruite en 1887, a été remplacée par celle de l'ancien couvent des Dominicains, devenu lui-même caserne d'artillerie, conserve les Libros de Bauthmos depuis 1029. Par malchance, il s'y trouve, de i54i à i555, une lacune dont le milieu correspond précisément à la naissance en question (i). Au reste, redisons-le, ces recherches ne sauraient aboutir qu'à satisfaire une curiosité superflue. Car la date n'est point douteuse. Mais que penser et que dire de certaines circonstances prodigieuses et prophétiques, qui auraient marqué cette naissance, au dire de quelques biographes ? L'un d'eux, et ce n'est pas le moins sérieux, Sartolo, en fait le récit suivant :

« L'année 1548 venait de s'ouvrir ; l'Église était gouvernée par Jules 111, la Compagnie de Jésus par son fondateur et patriarche saint Ignace, la Monarchie espagnole par Charles V, qui avait réuni, dociles sous un même joug, les Lions et les Aigles. C'était le temps qu'avait fixé le Ciel pour donner un nouveau soleil au monde, pour le glorifier par la naissance de François Suarez. On était au matin du 5 janvier, veille de rÉpiphanie de Notre-Seigneur, jour vraiment heureux pour l'Église, pour l'Espagne, pour la Compagnie, car il allait donner à l'Église militante un valeureux champion qui la défendrait par sa plume invincible, à la nation espagnole un grand homme dont la gloire augmenterait la sienne, à la Compagnie de Jésus un Docteur excellent qui l'illustrerait par son incomparable sagesse. Le Ciel fit connaître combien il appréciait lui-même le présent qu'il faisait à la terre; et pour montrer qu'il prenait part à l'allégresse commune, il plaça ce jour au nombre des plus fortunés en y faisant briller, non cet éclat de l'antique pierre blanche dont on marquait les jours heureux, mais les rayons d'une nouvelle étoile. La naissance de l'enfant,

(1) Libro de BaulJsaios de la Iglesia Parroquial de Santa Escolasiica desde cl aiio dé 1529 hasla 1541 y desdc 1555 liasla 1584.

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qui, le matin, paraissait imminente, se fit attendre tout le jour. Enfin le Ciel voulut lui-même l'annoncer. Le soleil s'était couché et la nuit s'était épaissie, lorsque, sur la maison, apparut un astre d'une telle j^randeur et d'un tel éclat, que, sur la place et dans les rues voisines, on aurait pu croire que le jour suivant s'était déjà levé. Le météore resta fi.xé au même point, dissipant de ses rayons les ombres de la nuit, jusqu'au moment où, l'enfant étant venu au monde, il disparut, comme pour laisser le nouveau-né répandre sur la terre sa propre splendeur (1). »

Ce lyrisme quelque peu naïf témoigne au moins de la bonne foi de ce biographe. Elle est la même chez tous les autres qui ont reproduit le fait. Le récit étant tout à l'honneur de notre théologien, nous ne demanderions pas mieux que d'y souscrire simplement. Mais après le silence gardé par tous les historiens précédents, il faudrait, pour appuyer le dire de Sartolo, autre chose qu'un témoignage unique, postérieur de plus d'un siècle à l'événement et accepté sans examen (2). La défiance s'accroît encore de la facilité avec laquelle les faits semblables se multiplient sous la plmne des écrivains de cette époque et de cette école. Ainsi, plus tard, quand Suarez viendra à Rome, son principal historien. Descamps, nous fera voir un météore illuminant la maison professe des Jésuites, au moment où il en franchira le seuil. Même prodigalité de merveilleux envers d'autres grands hommes. Pour ne citer que le plus voisin du nôtre, les biographes de Gabriel Vazquez le font naître, deux ans plus tard, avec une croix empreinte sur l'épaule et une sorte d'auréole tracée sur la tête ; ils le feront mourir aux lueurs d'une flamme miraculeuse, qui, de la maison funèbre, s'élèvera dans les airs (3). Chez ces auteurs, ce

(1) Sarlolo, 1. I, c. 2.

(2) Voici ce témoignage d'après Sartolo ;

« Le Père Joseph de Madrid, Jésuite, qui occupa les principales charges de la province d'Andalousie, aimait à raconter à ses élèves ce prodige dont il avait trouvé le souvenir vivant encore dans le peuple. Plus lard le docteur Don Juan de Leyba, premier chapelain du Roi, à Grenade, qui avait plusieurs fois entendu ce récit, en parlait en ces termes dans une lettre écrite à Don Juan Suarez de Toledo, Vicomte de Rias, et pelit-neveu de Suarez : « Mua maître, le Pire Madrid, dont Je fus l'élève en 16i2, suivait en tout les principes et la doctrine divine du Docteur Emincnt, de ce prince de la théologie; c'est de sa bouche que J'appris l'événement qui marqua la naissance de votre grand-oncle, et dès lors Je me pris à vénérer Jusqu'aux mui-s et au seuil de votre maison. »

Sartolo avait eu sans doute communication de celte lettre de Juan de Leyba ; mais si le témoignage qu'elle renferme prouve assez peut-être que le Père Madrid croyait à la vérité du fait, il ne prouve pas qu'il eût pour y croire des raisons bien solides.

(3) Varones Iluslres de la Compar'tia de Jésus. — Gabriel Vazquez.

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n'est pas supercherie, c'est enthousiasme et simplicité. Pleins d'admiration pour leurs héros, il leur semblait que le ciel et la terre, les admirant comme eux, dussent recourir pour les honorer aux signes les plus extraordinaires, comme ils épuisaient eux-mêmes, pour les exalter, toutes les ressources de leur rhétorique. Sans doute ces manifestations divines sont toujours possibles ; dans certains cas elles seraient vraisemblables, comme à l'apparition d'un homme qui tut en réalité une lumière de l'Eglise. Mais l'histoire compte pour rien ce qui n'est que possible et pour peu de chose ce qui n'est que vraisemblable. Toutefois, ne dût-on voir dans ces récits qu'une suggestion de l'enthousiasme ou que de pieux emprunts faits, en vertu de quelque analogie, à des légendes de saints, il y avait lieu de les signaler. La bonne foi même et la crédulité avec lesquelles ils ont pu être imaginés parles uns, acceptés par les autres, attestent toujours à quel point ceux qu'ils concernent étaient regardés comme des hommes extraordinaires.

Mais k quel titre, si ce n'est comme exemple curieux du goût de l'époque, mériteraient-elles d'être citées, ces interprétations fantaisistes de circonstances, vraies cette fois, mais naturelles, qu'à tout prix on veut rendre surnaturelles et prophétiques (i)? Si Suarez apparut au moment où l'Eglise commençait à célébrer la fêle de l'Epiphanie, c'est qu'il devait être, lui aussi, une autre étoile, semblable à celle qui guida les Mages vers Notre-Seigneur et sa sainte Mère. S'il naquit en la fête de saint Télesphore, pape et martyr, c'est qu'il devait être un vaillant défenseur de la chaire de Pierre contre l'hérésie. S'il commença à vivre au jour où le martyrologe fait mémoire de saint Siméon Stylite, c'est qu'il devait s'élever au sommet de la science et de la vertu, comme sur une haute colonne. S'il vint au monde dans la paroisse de Sainle- Scolastique, c'est qu'il était destiné à devenir un des plus grands docteurs scolastiqucs. Enfin, s'il reçut le nom de François, c'est que, en même temps que chérubin par la science, il devait être aussi séraphin par la charité ; dernier rapprochement que nous ne prétendons pas traiter, comme les autres, de pieuse puérilité. Nous savons en effet que de très réelles relations peuvent exister entre

(1) Descamps, I" part., o. 4.

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la vertu d'un homme et la sainteté du patron spécial qui lui fut donné au baptême. Les Suarez de Toledo, tout voisins du couvent de Saint-François, paraissent avoir eu une particulière dévotion pour le jçrand patriarche d'Assise : on a vu qu'ils lui avaient fondé, dans l'église de l'ordre, une chapelle où ils avaient leur sépulture. Cette dévotion dut inspirer le choix du nom donné à l'enfant, et ce nom dut lui rappeler plus tard qu'il était l'héritier privilégié de cet attrait de famille et des grâces qui en découlaient.

Il est moins facile d'expliquer pourquoi notre théologien ne reçut ou ne prit jamais, même dans les documents officiels, d'autre nom patronymique que celui de Suarez. On doit remarquer d'ailleurs (ju'il y eut alors dans la famille une diversité de noms qui peut paraître étrange. Le frère aîné portail le nom de Jean Vazquez de Toledo, combinaison de celui du père et de celui de la mère ; le second ne s'appela que François Suarez, nom mutilé de la lignée paternelle ; un autre fut Pedro Suarez Vazquez : le quatrième, tantôt Gaspar Suarez de Toledo, tantôt simplement Gaspar de Toledo. « C'est, dit à ce sujet le biographe espagnol Descamps, un usage assez répandu que, s'il y a dans une famille plusieurs enfants, ils ne portent pas, ou ne portent pas tous, le nom même du père, mais aussi celui de la mère ou de la grand' mère ; sans parler de l'ancienne coutume d'après laquelle les familles nobles prenaient le titre des domaines qui étaient sous leur dépendance. Ainsi nous avons vu les ancêtres de Suarez porter le titre de seigneurs de Ajofrin ou de Tocenaque. » Quelle que soit l'explication du fait, il convenait de le signaler. En effet, le nom de Suarez, le seul attribué à notre théologien, étant déjà assez répandu en Espagne dès cette époque, il s'y est rencontré, au dedans et au dehors de la Compagnie, plusieurs Suarez, et même plusieurs François Suarez, assez marquants pour que l'histoire en ait gardé le souvenir. On est exposé parfois à les prendre l'un pour l'autre: confusion que les auteurs, même les meilleurs, n'ont pas toujours évitée (i).

(1) Descamps, !'• part., c. 19, donne un acte notarié où notre théologien est appelé Francisco Suarez Vazquez. Le nom n'est pas toujours écrit de la même manière. La forme vraie, qui est celle des signatures autographes, est Suarez. Mais souvent, surtout chez les auteurs portugais, on trouve Soarez. La diversité est plus grande encore chez les auteurs latins : Suares, Suarius, Suaresius, Soares, Soarius. Comme exemple des confusions bio-

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4. — De l'enfance de Suarez nous savons peu de chose. Son éducation dut être celle que pouvait recevoir un enfant dans une famille toute chrétienne où les exemples des parents inspiraient une foi vive, dans une maison honorable où la distinction et la richesse n'avaient point altéré la simplicité des mœurs. Qu'une excellente nature se soit dès lors révélée en lui, comme l'assurent les anciens biographes, qu'on ait admiré un ensemble de qualités rares à cet âge, innocence et piété, docilité et sérieux, nous l'admettons sans peine : dans une existence exempte connue celle-là de crises morales, et d'une si parfaite unité, l'enfanl dut être, dans la mesure de sa taille, ce que l'homme fut plus tard.

Nous avons mieux d'ailleurs que de simples présomptions. Dès l'âge de dix ans, François fut destiné à l'état ecclésiastique, fait très significatif par lui-même et plus encore par l'explication que nous en trouvons dans une lettre de son petit-neveu, Jean Suarez de Toledo, adressée au biographe Descamps :

« Mon oncle, disait-il, montra toujours beaucoup d'inclination à la vertu, comme aussi beaucoup de réflexion, de réserve et de modestie. Aussi fut-il destiné de très bonne heure par ses parents au service de l'Église (ij. »

C'est alors sans doute qu'il reçut la tonsure cléricale, dont il sera fait mention sur la cédule de son admission dans la Compagnie : « Es de primera corona ». Il est certain du moins ([ue, à la date du 9 septembre i558, par acte du vicaire général, le docteur Fonseca, agissant au nom de Pedro Guerrero, archevêque de Grenade, il reçut la collation de deux bénéfices ecclésiastiques. dont sa famille disposait par droit de patronage. Il en jouit jusqu'au moment où il se fit religieux (2).

graphiques dues à l'idcnlilé des noms, signalons l'erreur suivante : la Bibliolhi que 'le la Compagnie do i/esus, par le P. Carlos Summervugcl, arrunie que nuire tliéoluirien enseigna à Paris : or il n'y alla jamais. Mais un autre François Suarez, lui aussi espagnol (d'Avila) et jésuite, enseigna la pliilosophie et la théologie à Paris, au collège de Clerraont, où il eut pour élève, entre 1580 et 1584, saint François de Sales.

(1) Lettre de D. Juan Suarez de Toledo à l'historien de Suarez, %k6camps, 27 octolire 1665. Citée par cet historien, P* part., c. 10.

(2) Descamps, P'part., c.\. — Il nous a été impossible de trouver, aux archives de l'archcvOché de Grenade, les pièces officielles se rapportant à la tonsure et aux iiénélioes de Suarez. Les registres des ordinations ne commencent qu'en 1570. Nul motif, d'ailleurs, d'élever des doutes à ce sujot.

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C'est donc au sortir de la première eniance que François fut à moitié séparé du monde et voué au ministère des autels. Il est à croire que ses propres désirs avaient précédé cette décision. Mais serait-il prouvé que l'inspiration en vint de ses parents ou des trois prêtres ses oncles, il importerait peu (i). Aujourd'hui on traite volontiers de déraisonnable et d'inhumain cet usage, en vertu duquel un père ou une mère disposait de l'existence de son entant, incapable de comprendre le sort qui lui était préparé; et l'on s" apitoie sur ces victimes malheureuses de calculs intéressés ou d'une égoïste piété. Parler ainsi, c'est condamner l'Écriture Sainte, où nous voyons des enfants consacrés à Dieu, même avant leur naissance, comme Samuel. C'est condamner rÉglise approuvant les donations, qui peuplaient les monastères de jeunes oblats, et le concile de Trente, qui recommandait de choisir pour les séminaires, dont il prescrivait la fondation, de tout jeunes élèves (2). Aujourd'hui même, si on y regardait de près, on constaterait qu'un grand nombre, que le plus grand nombre peut-être, de ceux qui exercent le sacerdoce, ont été tout d'abord plutôt ciioisis pour cet état qu'ils ne l'ont eux-mêmes choisi. Suarez se rappellera sans doute avec reconnaissance son entrée précoce dans la cléricature, lorsque plus tard il défendra, avec autant de conviction que de solidité, la légitimité et les avantages, même quand il s'agit de vie religieuse, de ces directions • imprimées de bonne heure à une existence vers ce qu'il y a de plus élevé (3). Le mal n'est pas dans ces initiatives mêmes des parents : il serait dans la bassesse des motifs qui les inspireraient, dans l'obstination à les maintenii' en dépit des inapti-

(1) Un oncle piilei-nel, Juan Suarez de Toledo, chanoine de l'église de Grenade; un grand-oncle nialei-nel, « Docloi- Don Francisco de Utiel, uno de les piimeros Canonigos que tuvô la Iglesia do Grauada, l^rovisor y Vic;iiio gênerai de su Arzohispado y del de Toledo, Abad mayor da Santa-Fé, dignidad de aquella misina Iglesia de Granada y calificador de la gênerai Inquisicion » ; un oncle maternel, « Don Pedro Vasquez de Utiel, arcediano de la Iglesia uictnjpolitana de Granada, Pruvisur et Vicario gênerai de su Arzohispado, Galiflcador de la Santa y gênerai Inquisicion, Ahad mayor de Santa-Fé ». (V. Descamp?, P'part., c. ^l c. 18.)

(2) Conc. Trid. Sess. xxtii, Decr. de Helorni., c. iv, 18.

(3) Suarez, D^ lloUgioni:, Iraclalus vu, lib.V, c. i, ii, m, Kdil. Vives, t. xv, p. 292 et suiv.

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