LES RAILLERIES DE BEAUMARCHAIS
dommages et intérêts, applicables de son consentement à des œuvres pies, et la suppression du « libelle » du consultant en ce qui le concernait, lui, d'Arnaud.
Son factum était d'un monsieur fort irrité. Dès le préambule, se mettant en parallèle avec ce sieur Caron de Beaumarchais que précédemment il avait appelé sur le mode lyrique, « cet abîme d'Enfer que Jupiter a tort de ne pas foudroyer », il faisait la roue, « abandonnant la bassesse et le tourment de l'intrigue à ces hommes du jour, espèce d'Enfants perdus qui se jettent sur toutes les routes, marchent à la fortune avec un front d'airain, per famam et populum ; qui, endurcis à la diffamation et au scandale, s'agitent dans tous les sens pour exciter le bruit, bien différent de la réputation, dont l'impudence effrénée ose et brave tout ; qu'on ne saurait confondre, parce que leur audace est audessus du ridicule et de l'insulte ; qui, en un mot, sont au comble de leurs vœux, lorsqu'à quelque prix que ce soit, ils sont parvenus à représenter sur la scène du monde ; plaignant ces sortes de gens d'être connus', etc.. »
Beaumarchais prit son temps pour répliquer, et quand il le fit (1), ce fut avec une telle finesse que sa réplique ne fut répandue que dans les jours gras, c'est-à-dire dans un temps de vacances, gagnant ainsi quatre jours de débit. Le 18 février 1774, on en avait déjà débité six mille exemplaires. (2) Et comme il y passait en revue tous ses adversaires, Beaumarchais avait trouvé le moyen d'en faire des portraits encore piquants et rajeunis dans un nouveau cadre :
« C'est en adressant au Ciel une ardente prière (dont nous résumons les deux premiers versets, pour rappeler in-extenso le troisième) :
» S'il faut qu'un intrus se glisse dans l'affaire et entreprenne de l'arranger en sacrifiant un innocent et créant des embarras inextricables, supplie-t-il, que la Suprême Bonté lui donne