‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 102 sur 305 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

me filonte ma bonne renommée ~ me dérobe ce qui ne renrichit pas — et me fait pauvre vraiment.

- Par te ciel ! je veux connaître ta pensée.

lAGO.

- Vous ne le pourriez pas, quand mon cœur serait dans TOtre main ; — et vous n y parviendrez pas, tant qu*ii sera en moD pouvoir.

OTHELLO

-Ha!

UGO

Oh ! prenez garde , Monseigneur, à la jalousie ! - C'est le monstre aux yeux verts qui produit — Taliment dont il se nourrit! Ce cocu vit en joie — qui, certain de son sort, n'aime pas celle qui le trompe ; — mais, oh ! -quelles damoées minutes il compte — celui qui r^ole, mais doute, celoi qui soupçonne, mais aime éperdument !

OTHELLO

0 misère !

UGO

- Le pauvre qui est content est riche, et riche à foison ; * mais la richesse sans borne est plus pauvre que l'hiver "■ pour celui qui craint toujours de devenir pauvre. — '^çux cléments, préservez de la jalousie les âmes — de toute naa tribu !

OTHELLO

Allons ! à quel propos ceci ? — Crois- tu que j'irais me faire une vie de jalousie, - pour suivre incessamment tous les changements de lune — à la remorque de nouveaux soupçons? Non ! pour moi, être dans le doute, — c'est être ffeolu... Échange-moi contre un bouc, —le jour oîi j'occuperai mon âme - de ces soupçons exagérés et creux — qu'implique ta conjecture. On ne me rendra pas jaloux — en disant que ma femme est jolie, friande, aime la compagnie, — a le

^iHK tr 9iflt 3HB ! — là ob etf h

Boa puis iB îwntp^y & tt» ||imii"^ s&gnses «^ me Sera

km ! —Ame « ésmet « ««n lâr. Afrès ht àaoÈt.

— « ^Qvs monfrer mca idoctioa et mca «ie^cionziait pour

de mtm cttte cjonfttpfg. . Je ce parie pas de DRs«e... — TeuLea

- jeae WB«e pas Bobie naûzre - tÊt lietHae de sa sÉBcrasiie Btee... Teilkz-v! — Je cociiiaK basa lai mraxs et nocre eootrée. — A Tenîse, les femmes laissent ^oir an del les ftedaînes — qn'efles n'oscBt pas montrer à Inirsmaris : ec pour elles, le cas de eoBKimoe, — ce a'etf pas de s'afartenir de la chose, c'est de la

là

— EBe a trompé son pm an idos époosant : — et c^esl elle mmblail Hembler atuaindre fœ regards — qn'alle ks aiomit le plus.

C'est frai.

UfiO.

Eh bien, eoodoezaiors!— Celle qui, si jeuoa, apn joaar m pareil rôle, — et wnir les Teox de son père eomme sons le eliaparen d'on fiocoo, - car il a cm qa'il j atailm^gia».

SGtMK IX. .MS

Us je suis bien bl|mable; *- j'implore humblement votre piHûfl -^ pour vous trop aimer.

Je te sois obligé à tout jamais.

<- Je le vois, eed a un peu déoencert^ vos esprits.

OTHELLO

- Non, pas du tout ! pas du tout !

UGO

flor ma foi, j'en ai peur, -r. Vous eonsidérereE, j'espAve,

ttque je vous ai dit — comme émanant de mon affection...

Mab je vois que vous êtes ému : — je dois vous prier de ne

pis doDoer à mes parole^ ^ une conclusion plus grave, une

portée plus large — que celle du soupçon.

OTHELLO

r Non, oerfes.

UGO

Si vous le faisiez. Monseigneur, — mes paroles obtiendraient un succès odieui — auquel mes pensées n'aspirent pu... Cassio est mon digne ami... — Monseigneur, je vois fieious êtes ému.

OTHELLO

Ifoo, pas très^mu. ^ Je ne pense pas que Desdémona Il soit pas honnête.

f UGO.

-- Qu'elle viv^ longtemps ainsi ! fx puissiez-vous vivre Joogtamps à la croire telle 1

rr- Et cependant comme une nature dévoyée...

lAGO.

- Oui, voilà le point. Ainsi, à vous parler franchement,

— avoir refusé tant de partis qui se proposaient — et qui

avaient avec elle toutes ces affinités de patrie, de race et de

raog — dont tous les êtres sont naturellement si avides ! -

304 OTHELLO

Hum ! cela décèle un goût bien corrompu, — une affrensi^ dépravation, des pensées dénaturées... —Mais pardon! Ci^ n'est pas d'elle précisément — que j'entends parler ; to^i ce que je puis craindre, — c'est que, son goût revenant ^ des inclinations plus normales, — elle ne finisse par tous comparer aux personnes de son pays, — et (peut-être) pir se repentir.

OTHELLO

Adieu! adieu ! — Si tu aperçois du nouveau, fois-le-moi savoir. — Mets ta femme en observation... Laisse-moi, lago.

lÀGO.

— Monseigneur, je prends congé de vous.

U va poar s'éloigiiir.

OTHELLO

— Pourquoi me suis-je marié? Cet honnête garçon, à coup sûr, — en voit et en sait plus, beaucoup plus qa'Sl n'en révèle.

lAGOy revenant.

— Monseigneur, je voudrais pouvoir décider Votre Honneur — à ne pas sonder plus avant cette affaire. Laisse! agir le temps. — Il est bien juste que Cassio reprenne son emploi, — car assurément il le remplit avec une grande habileté ; — pourtant, s*il vous platt de le tenir quelque temps encore en suspens, — vous pourrez juger l'homme et les moyens qu'il emploie. — Vous remarquerez si votre femme insiste sur sa rentrée au service — par quelque vive et pressante réclamation... — Bien des choses peuvent se voir par là. En attendant, — croyez que je suis exagéré dans mes craintes, — comme j'ai de bonnes raisons pour craindre de l'être ; - et laissez-la entièrement libre, j'en conjure Votre Honneur.

OTHELLO

— Ne doute pas de ma modération.

SCÉNK IX. 305

lAGO.

Encore une fois je prends congé de vous.

11 sort.

OTHSLLO.

- Ce garçon est d'une honnêteté excessive , — et il eonnalt, par expérience, tous les ressorts — des actions humaiDes... Àh! mon oiseau, si tu es rebelle au fauconnier,

- quand tu serais attaché à toutes les fibres de mon cœur,

- je te chasserai dans un sifQement et je t'abandonnerai aurent - pour chercher ta proie au hasard !... Peut-être, parce que je suis noir — et que je n'ai pas dans la conversation les formes souples — des intrigants, ou bien parce que j'incline — vers la vallée des années ; oui, peut-être, pour si peu de chose, — elle est perdue ! Je suis outragé ! et la consobtion - qui me reste, c'est de la mépriser. 0 malédiction do mariage, — que nous puissions appeler nôtres ces déli-

^ cates créatures — et non pas leurs appétits ! J'aimerais mieux

I toeun crapaud — et vivre des vapeurs d'un cachot — que

<)e laisser un coin dans l'être que j'aime — à l'usage d'au-

Irni I Voilà pourtant le fléau des grands : — ils sont moins

pri?ilégiés que les petits. — C'est là une destinée inévitable

tomme la mort : — le fléau cornu nous est réservé fatale-

inent ~ dès que nous prenons vie... Voici Desdémona qui

neot.

Entrent Desdêmona et Émilia.

- Si elle me trompe, oh ! c'est que le ciel se moque de lai-même ! — Je ne veux pas le croire.

DESDÉMONA

Eh bien, mon cher Othello ? — Votre dîner et les nobles insulaires — par vous invités attendent votre présence.

OTHELLO

^ Je suis dans mon tort.

306 OTHHiLO.

DESIÉMONA.

— Pourquoi votre voix esi-«ll« si dëCftitttnlit I que vous n'êtes pas bien ?

OTdltU».

-<- J'ai uùe douleuf au fft)ût, ici.

DfeSDÈIOHA.

— C'est sans doute poùf avoir trop veillé : œia ai sera.— Laissez-môi vous bander le front avec ced: Uùe heure» — tout ira bien.

Elle lai met ton Bumchoir aotoordi OTHELLO.

Votre mouchoir est trop petit.

Il défait le mouchoir qoi tombai

— Ne vous occupez pas de ça. Venez, je vais avec

DESDfalONA.

— Je suis bien Cftchëe que vous ne soyez pas bMB<

Sorteat Desdémona tl MmA ÈM1LU« ramassant le moachoir.

— Je suis bien aise d'avoir trouvé ce mouchoir ; le premier souvenir qu'elle ait eu du More. — Mon sade mari m'a cent fois— cajolée pOuf que je le vole elle aime tant ce gage — (car l'autre l'a conjurée de te toujours) — qu elle le porte sans cesse sur elle — | baiser et lui parler. J'en ferai ouvrer un pareil — que nerai à lago. Ce qu'il en fera, — le ciel le sait, maisp - Je ne veux rien que satisfaire sa fantaisie.

Entre Iago.

— Eh bien, que faites-vous seule ici ?

ÈMIUA.

— Ne me grondez pas ; j'ai quelque oboae pour vi

sctuc )x. SOT

^ Qaelqoe chose poor moi? C'est une ohose fort eommune...

ÊMIUÀ.

^ Ha!

Page 1