‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 122 sur 305 · TH£LL · texte numérisé non relu

TH£LL

Oui» Desdémoua.

DESDÈMONA.

— Voulez-vous venir au lit. Monseigneur ?

OTHELLO

— Avez-vous prié ce soir, Desdémona?

DESDËMONA.

Oui, Monseigneur.

OTHELLO

— Si- vous vous souvenez de quelque crime - qne II grâce du ciel n'ait pas encore absous, - implorez-li vite !

— Hélas ! Monseigneur, <jue voulez-vous dire par là?

OTHELLO

— Allons ! faites et sovez l)rève. Je vais marcher en «ltendant — Je ne voudrais pas tuer ton âme sans qu'elle ftt préparée. —Non. Le ciel m'en préserve! Je ne voudrais pu tuer ton âme.

DË8DËM0NA.

— Vous parlez de tuer !

OTIIKLLU.

Oui, j'en parle.

UKSDÉMONA.

Alors, que le ciel — ait pitié de moi !

OTHELLO

Amen ! de tout mon cœur !

scÉn XVI. nfn

rasDÈMœiÂ.

"^ Si tons ptrtez ainsi, j'espère que vous ne me tuerez

pas.

OTHBLLO.

Hamph !

DSSI^OIA.

- Et pourtant j'ai peur de vous; car voas êtes fatal — quaiul fos yeux roulent ainsi. Pourquoi aurais-je peur? Je rignore, - puisque j'ignore ma faute ; cependant je sens que j'ai peur. .

OTHSLLO.

- Pense h tes péchés.

DKSDtMONA.

Ce sont les tendresses que j'ai pour vous.

OTHILLO.

- Oui, et c'est pour cela que tu meurs.

MSSDÉMONA.

- C'est une mort contre nature que celle qui tue pour

crime d'amour. — Hélas ! pourquoi rongez-vous ainsi votre

lèvre inférieure? — Quelque passion sanglante agile tout

^^ être. — Ce sont de mauvais présages ; mais pourtant

i**père, j'espère — que ce n'est pas moi qu'ils menaeeot.

OTIIELLO.

Paix ! et soyez calme.

DESDÈMONA.

'^ J'obéis. Mais de quoi s'agit-il ?

OTHELLO

^ Ce mouchoir que j'aimais tant et que je t'avais donné, " *^ l'as donné à Cassio.

DESDÈMONA.

';^ïi, sur ma \ie et sur mon âme ! - Faites venir l'homme ^ >^t€rrogez-le.

318 OnELLO.

OTHELLO

Chère âme, prends garde, — prends garde ai tu es sur tOD lit de mort.

MSDÉMOIU.

- Oui, mais pas pour y mourir encore!

OTHELLO

Si ! immédiatement! — Donc eonfesse francfa crime ; — car tu aurais beau en nier sous serme cheis, — tu n'écarterais pas, tu n'étoufferais p convictioD — dont je gémis. Tu ?as mourir.

DESDfeMONA.

- Alors, que le Seigneur ait pitié de moi!

OTHELLO

Amen, encore une fois !

DEsntafONA.

— Et vous aussi, ayez pitié ! Jamais je ne — fensé de ma vie ; jamais je n'ai aimé Gassio — q ordinaire affection à laquelle le ciel — m'autoria je ne lui ai donné de gage.

OTHELLO

— Par le ciel ! J'ai vu mon mouchoir à sa i femme parjure ! tu pétriQes mon cœur, — en v faire voir dans raction que j'ai résolue — un i non plus un sacrifice ! — J'ai vu le mouchoir!

DESDÈMONA.

Alors, c'est qu'il l'a trouvé. —Je ne le lui ai jan Faites-le venir, — et qu'il avoue la vérité !

Il a avoué.

DESDÈMONA.

- Quoi, Monseigneur?

OTHELLO

— Qu'il t'avait eue. . .

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