TH£LL
Oui» Desdémoua.
DESDÈMONA.
— Voulez-vous venir au lit. Monseigneur ?
OTHELLO
— Avez-vous prié ce soir, Desdémona?
DESDËMONA.
Oui, Monseigneur.
OTHELLO
— Si- vous vous souvenez de quelque crime - qne II grâce du ciel n'ait pas encore absous, - implorez-li vite !
— Hélas ! Monseigneur, <jue voulez-vous dire par là?
OTHELLO
— Allons ! faites et sovez l)rève. Je vais marcher en «ltendant — Je ne voudrais pas tuer ton âme sans qu'elle ftt préparée. —Non. Le ciel m'en préserve! Je ne voudrais pu tuer ton âme.
DË8DËM0NA.
— Vous parlez de tuer !
OTIIKLLU.
Oui, j'en parle.
UKSDÉMONA.
Alors, que le ciel — ait pitié de moi !
OTHELLO
Amen ! de tout mon cœur !
scÉn XVI. nfn
rasDÈMœiÂ.
"^ Si tons ptrtez ainsi, j'espère que vous ne me tuerez
pas.
OTHBLLO.
Hamph !
DSSI^OIA.
- Et pourtant j'ai peur de vous; car voas êtes fatal — quaiul fos yeux roulent ainsi. Pourquoi aurais-je peur? Je rignore, - puisque j'ignore ma faute ; cependant je sens que j'ai peur. .
OTHSLLO.
- Pense h tes péchés.
DKSDtMONA.
Ce sont les tendresses que j'ai pour vous.
OTHILLO.
- Oui, et c'est pour cela que tu meurs.
MSSDÉMONA.
- C'est une mort contre nature que celle qui tue pour
crime d'amour. — Hélas ! pourquoi rongez-vous ainsi votre
lèvre inférieure? — Quelque passion sanglante agile tout
^^ être. — Ce sont de mauvais présages ; mais pourtant
i**père, j'espère — que ce n'est pas moi qu'ils menaeeot.
OTIIELLO.
Paix ! et soyez calme.
DESDÈMONA.
'^ J'obéis. Mais de quoi s'agit-il ?
OTHELLO
^ Ce mouchoir que j'aimais tant et que je t'avais donné, " *^ l'as donné à Cassio.
DESDÈMONA.
';^ïi, sur ma \ie et sur mon âme ! - Faites venir l'homme ^ >^t€rrogez-le.
318 OnELLO.
OTHELLO
Chère âme, prends garde, — prends garde ai tu es sur tOD lit de mort.
MSDÉMOIU.
- Oui, mais pas pour y mourir encore!
OTHELLO
Si ! immédiatement! — Donc eonfesse francfa crime ; — car tu aurais beau en nier sous serme cheis, — tu n'écarterais pas, tu n'étoufferais p convictioD — dont je gémis. Tu ?as mourir.
DESDfeMONA.
- Alors, que le Seigneur ait pitié de moi!
OTHELLO
Amen, encore une fois !
DEsntafONA.
— Et vous aussi, ayez pitié ! Jamais je ne — fensé de ma vie ; jamais je n'ai aimé Gassio — q ordinaire affection à laquelle le ciel — m'autoria je ne lui ai donné de gage.
OTHELLO
— Par le ciel ! J'ai vu mon mouchoir à sa i femme parjure ! tu pétriQes mon cœur, — en v faire voir dans raction que j'ai résolue — un i non plus un sacrifice ! — J'ai vu le mouchoir!
DESDÈMONA.
Alors, c'est qu'il l'a trouvé. —Je ne le lui ai jan Faites-le venir, — et qu'il avoue la vérité !
Il a avoué.
DESDÈMONA.
- Quoi, Monseigneur?
OTHELLO
— Qu'il t'avait eue. . .