‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 13 sur 305 · CORNÉLIUS · texte numérisé non relu

CORNÉLIUS

Je prends humblement congé de vous.

n sort.

U RELNE.

— Elle pleure toujours, dis-tu? Ne crois-tu pas que le temps — étancbera ses larmes, et qu'elle laissera la raison prendre — en elle la place de la folie? Mets-toi à l'œuvre ;

— et, quand tu viendras m'annoncer qu'elle aime mon fils,

— je te dirai alors : Pisanio, tu es — aussi grand que ton maître, plus grand même : car — sa fortune succombe et n*a plus le soufDe, car sa gloire — est à sa dernière convulsion. Revenir! il ne le peut pas plus — que rester où il est ; changer de place, — ce n'est pour lui que changer de misère ; — et chaque jour qui arrive n'arrive que pour le dégrader — d'un jour de plus! Que peux-tu attendre —

— en t'appuyant sur un être qui chancelle — et qui, impossible à relever, n'a pas assez d'amis, — même pour le soutenir?

La reine laisse tomber la boîte que Cornélius lui a remise. Pisanio la ramasse.

106 GYMBELINE.

Tu ne sais pas — ce que tu ramasses là ; eh bien ! gardele pour la peioe ; — c'est un cordial que j'ai fait et qui cinq fois déjà — a arraché le roi à la mort : je n'en coaDais pas — de plus efficace. . . Allons, je t'en prie, garde-le : — garde-le comme arrhes de tout le bien — que je te veux encore. Éclaire ta maltresse — sur sa situation; fais-le» comme de toi-même ; — songe à la chance nouvelle que tu te crées : songe, en effet, — que tu conserves toujours ta maltresse, et que de plus tu as mon fils — qui s'occupera de toi. J'obtiendrai du roi — ton élévation, sous la forme — que tu désireras ; et enfin moi-même, moi surtout, — qui aurai contribué à ta juste grandeur, je m'engage — à accabler ton mérite de mes libéralités.. Appelle mes femmes : — songe à ce que j'ai dit...

Pisanio sort.

Un maraud sournois et fidèle! — L'agent inébranlable de son maître ! — Le conseiller qui sans cesse raffermit — la main d'Imogène dans celle de son mari ! — Je lui ai donné là une chose — qui, s'il en fait usage, mettra la belle à court de messagers d'amour: et elle-même plus tard, — si elle n'assouplit pas son humeur, elle peut être sûre - d'en goûter aussi.

Pisanio rentre avec les dames chargées de llears.

C'est cela ! c'est cela ! . . . Parfait ! parfait ! — Ces violettes et ces primevères variées, — portez-les dans mon cabinet... Adieu, Pisanio ; — pense à ce que je t'ai dit.

Elle sorl suivie de ses dames .

PISANIO.

Oui, j'y penserai ; — mais, si jamais je deviens infidèle à mon bon maître, —je m'étranglerai de mes propres mains ; c'est tout ce que je ferai pour vous.

Il sort.

SCÉNK VI. 107

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