‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 137 sur 305 · ELLE · texte numérisé non relu

ELLE

Is roi Etienne était un digne pair.

Set culottes ne lui coûtaient qu'une couronne;

fl trouvait ça six pence trop cher,

aussi appelait-il son tailleur un drôle.

tétait un être de haut renom^

^t ioi, tu n*es qu'un homme de rien.

O'eft l'orgueil qui ruine k pays.

lomme, prends ton vieux manteau sur toi I

LUI

BsÊL^ OM feoune, B*ainie pas quereller,

Et pourtant elle vent ne mener si elle peat ;

Et souvent, pour avoir le repos,

)e suis forcé de céder, tout bonhomme que je suis.

Un homme ne doit pas chicaner avec une femme.

Sans s'être le premier désisté do procès.

Noos finirons donc comme nous avons commencé.

Et je vais prendre mon vieux manteau sur moi !

408 GYMBELINK £T OTHELLO.

(3?) L*édilion de 1622 omet ces moU :e$Uyadnim ne doiverU pas être tauvées.

(33) Toutes ces exclamations : être iwre Ijajur roquet et se chamailler ! vociférer, jurer et parier ekanim son ombre! ont été ajoutées au texte de rédition de Itttt.

(34) Il ne faudrait pas conclure de cette phrase <ia*ii| Florentin. Cassio, qui est de Florence, veutsimplenieBtdin même chez ses compatriotes, il n'a pas trouvé un hoauM aimable et plus honnête que l'enseigne. lago était ¥éB comme le prouve ce dialogue qu'on lira plus loin :

Iâgo. Uélas ! mon cher ami et compatriote Roderigo I Gràtiano. Roderigo de Venise ?

Iago. Lui-même.

(35) Ce vers pour saisir aux cheveux la meiUemt m est omis dans l'édition de 1623.

(36) n faut citer, pour éclairer ce passage, ces vers deki errante^ de Cartwright :

Weil keep jou As ihey do hawks, watchiog antil yoa lea?e Yoar wildness.

Noos voQs tiendroQS, Comme uq faocoo, éveillé jusqu'à ce que tous cessiei

D*ètre saa?age.

(37) Le texte dit su:eet Desdemon et non sweet Desdm Desdémone est ici une abréviation tendrement familière. Ci petit nom qu'Othello donne à sa femme et que bientôt DOl entendrons répéter au plus fort de sa douleur.

(38) Toute celte réplique d'Othello a été ajoutée au tests Tédiiionde i623.

(39) Toute celle comparaison de la rancune d'Othello ivwf

MT Pontiqoaqoi ne eoonait pas le reflox, » a été ajoutée après oop au manascrit original et par conséquent ne se trouve pas Itts Védition de 1622. L'addition a été rq;rettée par Pope qui y a Il IM digression peu naturelle, an untiofiifa/ exeurtûm. H se INTuit bien que Pope eût raison. Quelque belle que soit la pen- A, elle n'est peut-éire pas è sa plaee dans une scène si passionnée. tê im plus le personnage qui parle alors, c'est le poète.

(40) La crazade était une monnaie d'or portugaise, valant un piplusde 11 fr.

(41) L'édition de 1623 omet cette répétition:

DESDfiMONA.

illOQi en prie, caosont de Cassio.

OTHELLO

U Boocboir !

(42) Chaque larme qu'elle laisse tomber feraii un crocodik. 11 W impossible de bien comprendre ce vers sans se reporter aux topenfitions de l'époque. C'était une croyance populaire alors foe le crocodile pleure sur sa victime tout en la dévorant. Le nalonliste Hullokar donne à cette opinion singulière l'autorité de h seieooe dans un livre publié en 1616 : <k 11 est établi, dit-il, que tt monstre pleure sur la tôte de l'bomroe dont il a dévoré le CMps, et qu'alors il mange également la tète. Voilé pourquoi par termnde erocodUe on entend des larmes feintes répandues seule- Ml avec l'intention de tromp6rou de nuire. » Shakespeare fait loe antre allusion à la môme croyance lorsque, dans la seconde Mrtie de Henri VI, Marguerite compare Richard de Glocester au (Crocodile affligé qui prend au piège de sa douleur les voyageurs Uendris. »

As tbe moorofal crocodile With sorrow soares relenting passengers.

(43) BcucM et singes! n Par cette exclamation Shakespeare a miré un grand art. Dans la première scène, où il tâche d'éveiller

410 GTMBSLINK ET OTHELLO.

le 80upQ(Hi dans l'esprit du More» lagOi 4tanl mU eo deimeii je fournir quelque preuve évidente de la culpabilité de Casiie it le Desdémona, déclare k Othello qu'il est impossible d'obtenir m \ démonstration oculaire, a fussent-ils aussi pressés que des teuo, aussi ardents que des alhges. » Ces mois» il est permis de leeofh poser» résonnent encore à Toreille d'Othello qui» convaincu désor mais de l'infidélité de sa femme, s'élance au dehors en jetant une exclamation qui veut dire : les paroles d'iago n'étaient que trop vraies ; maintenant je suis bien convaincu qu'ils sont auM ardents que <c des boucs et des singes. » — Màloiik.

(44) Mais non lfi$ parolêê. Cet hémistiche manque à rin-fclîo de 1623.

(45) Cette réponse d'Émilia et la question qui la provoque manquent à l'édition de 1622.

(46) Cette solennelle protestation de Desdémona, commengant par ces mots : me voici à genoux et finissant par ceux-ci : ne fn'y déciderait pas^ a été ajoutée au texte de la seconde édition.

(47) Cet hémistiche et c'est à vous qu*il s'en prend ne se trouve pas dans l'édition de 1623.

(48) La nécessité d'un changement de lieu et d^une nouvelle division scénique est évidente ici. Il est clair que lago et RoderifO ne s'exposeraient pas à être surpris conspirant contre Olh^ dans l'appartement même d'Othello. lago est bien trop prudent pour cela; et quant à Roderigo, l'ennemi personnel du More, celui qui dans Venise a mis Rrabantio aux trousses des nouveiat époux, il a toutes les raisons du monde pour ne pas se risquerchei celui qu'il a si profondément offensé. Pour faire tomber toutes les objections élevées par Malone contre la vraisemblance de cet en* tretien, il suffît de changer le lieu de la seène» et je m'étonne d'être le premier à faire cette modification.

(49) Les deux textes primitifs de 1 622 et de 1623 a'«eeoi4ent i

aellB lervinte Barbarie et non Barbara. J'ai rétabli le BMiféritaMe.

(50) Toot le passage depuis ces mots fat grand^peine lusqu'h la In de la romance a été ajouté au texte de la seconde édition.

(51) Dans les EeK^fuet de Percy, on retrouve Toriginal de la ronanee répétée ici par Desdémona. Seulement, au lieu d'être la pQTre Barbarie abandonnée par son amant» c'est un amant, débiné par sa maîtresse, qui est censé chanter les coiiplets suivants:

Va pêQTre être était assis soopiraDt sous on sycomore»

0 saole 1 saole 1 saale !

St aaio tor sod sein, sa tête sur son genoa.

0 saole! saole! saole I

0 tanle! saole 1 saole !

CkaleE : Ob I leaaoto vert sera m$ goiriande.

Ut froids roisseaox cooraient près de loi ; ses yeox pleuraient sf os cesse,

0 saole I saole I saole I Les larmes salées tombaient de loi et noyaient sa (ace.

0 sanle ! saole ! saole !

0 saole! saole ! saole I Chantez : Oh ( le saole vert sera ma goirlande.

1a oisaaQx moets se jochaieot près de loi, apprivoisés par ses plaintes.

O saole ! saole ! saole !

Ul laiiaae salées tombaient de loi et attenckissaient les pierres.

0 saole ! saole ! saole !

0 saole ! saole ! saale !

Chantez : Oh ! le saole vert sera ma guirlande.

Qoe personne ne me blâme, je mérite ses dédains.

0 saole ! saole I saule !

Elle était née poor être belle, moi, pour mourir épris d'elle.

0 saole ! saule ! saule !

0 saole ! saule I saole !

Chantez : Oh I le saole vert sera ma guirlande.

(58) L6 texte original donoe peu de renseignements sur la manière dont la seàne finale d'Othello était représentée. Comment était disposée la chambre à coucher ? Où était le lît de DesdéoKmaf Le textedit tout simplement : Enter Othello and Desdemona mkerbed: entre Othello, Desdemona eet dans son lit. Pour se rendreeompte ici de la mise en scène, il faut se rappeler comment était eoostruit le théâtre où le drame fut joué. Ainsi que Ta expliqué LCollier, outre la toile qui cachait la scène entière au public et qui 86 partageait en deux moitiés glissant sur une tringle, il y mit au milieu même de la scène un autre rideau» fixé à une travene, qui, en cas de besoin, fermait ou découvrait un second compartiment. Les critiques allemands ont fait sur la disposition du théâtre anglais de minutieuses études. M. Ulrici affirme, me tonte apparence de raison, qu'au milieu du théâtre, en arrière du proscenium, était élevée une plate-forme où l'on montait au moyen de quelques marches. Cette plate-forme, soutenue par dm piliers, formait une seconde scène qu'on employait i des v^es variés. Quand on n'en avait pas besoin, un rideau la masfnait et l'action tout entière se passait sur le proscenium. Quand nn en avait besoin au contraire, on repliait le rideau.

Ceue disposition semble avoir été indispensable pour monter Itt pièces de Shakespeare. Dans Henri VIII^ par exemple, la Kène du fond 'servait à figurer la chambre du roi, tandis que la ^ur se tenait sur le devant du théâtre faisant antichambre. I^nsla même pièce, elle servait encore comme salle des séances 'n conseil privé, tandis que Cranmer attendait sur le proscenium. * Ainsi, observe Tieck, on pouvait jouer deux scènes à la fois et être parfaitement compris. » Dans Roméo et Juliette^ pour l'entre- ^du balcon, Roméo paraissait sur le proscenium et Juliette sur Il plate-forme du fond.

La mise en scène finale d*OtheUo s'explique ainsi très-naturelhiDent.Quand Othello entre, il s'avance sur le proscenium et Desdemona est couchée sur la plate-forme. Quand Othello dit: je veux la respirer sur la tige, il gravit les quelques marches qui ramènent sur la seconde scène prés du lit de sa femme. Dès qu'il a consommé le meurtre et qu'il entend Émilia frapper à la porte, il ferme le rideau, redescend su r le proscenium et va ouvrir . Au cri que

414 GTMBKLIHR R OTHILLO.

pousie Desdémona, Émilia s'élance i ion I0«r vm hmm partiment, ouvre le rideau et voit sa maîtresse expiranlB. plus tard» elle s'éorie : MamaUre$9eeUi€igi$amlet ruiiw mm lU^ elle est encore sur la seconde acène» etkaautrssfi ges, Othello, lago, Montaao, Gratiano et Cassio sont sur li nium. Quand Othello a besoin» pour se frapper, d'uneseoai c*est sur la plate-forme qu'il va la chercher ; c'est enooi plale-forroe qu'il se tient» quand il est déclaré priaonoiai tiano se met en faction sur le proscenium. Telle était la b la pièce était représentée au temps de Shakespeare. Sans o oissements, il est impossible de comprendre par ezem] quoi, quand Lodovico revient, il n'aperçoit pas Otbelle et i 01^ esl eefarc&né. Othello est donc au fond du théâtre di Gonde chambre, et c'est de là qu'il répond en s'avança proscenium : Voioi celui qui fut OUMo: m$ eoM. La l'action s'achève sur le devant du théâtre ; et c'est si quand il s'est résolu au suicide, qu'Othello remonte sur II scène et se frappe près du Ht de sa femme pour moiirii baiter.

Page 1