SCÈNE II
TRANIO
Fous serez le professeur, — et vous vous chargerez d'inâre la jeune fiUe : — voilà votre projet.
LUCENTIO
Oui, mais est-il exécutable ?
TRANIO
:^ n est impossible : car qui remplira ici votre place ? — i «era dans Padoue le ûls de Vioceutio, — occupé à tenir Ikid, à suivre les cours, à recevoir ses parents, - à vir el à fêter ses compatriotes ?
LUCENTIO
^ Baste! rassure-toi : le plan est tout fait. — Nous n'api encore été vus dans aucune maison; — et nul ne I distinguer par nos visages — le valet du maître. Voici tt ce quil faut faire : — c'est toi , Tranio, qui seras le pa à ma place ; —tu auras une maison, un train et des pt comme j'en aurais moi-même. — Moi, je serai quelf entre; je serai un Florentin, — un Napolitain ou quelf pauvre jeune homme de Pise. — L'idée est éclose ; QMTre donc ! Tranio, — déshabille-toi sur le champ ; ids mon chapeau et mon manteau de couleur ; — dès 'Kondello arrivera, il sera à tes ordres ; — mais je veux tecommander d'abord de retenir sa langue.
Ils échangent lears habits.
TRANIO
- Cela est fort nécessaire. —Bref, puisque c'est là votre plaisir, monsieur, — et que je suis tenu de vous obéir, Bar votre père me l'a recommandé à notre départ : — is tous les services à mon filSy m'a-t-il dit, — bien qu'il andlty je crois, dans un sens différent), — je consens à IjacBOtio, — pour l'amour de Lucentio.
lucEmo.
Soîs-le, Tranio, pour l'amour qu'éprouve Lucentio : rfgii à moi, je veux me faire esclave pour obtenir cette
jeune vierge — dont la vue soudaine a enchaîné mon repid blessé.
Entre BiONDELLO.
— Voici le drôle !... Coquin, où avez-vous été?
BIONDELLO
— Où j'ai été? Mais vous-même, où ètes-vous? - Maître, mon camarade Tranio vous a-t-il volé vos habits? -ou lui avez-vous volé les siens? ou vous ètes-vous volés I'ud l'autre? Dites- moi, que s' est-il passé?
LUCENTIO
— Approchez, drôle ; ce n'est pas le moment de plaisanter ; — sachez donc conformer vos manières aux circonstances. — Votre camarade Tranio, ici présent, pour me sauver la vie, — prend mes habits et ma place, - et moi, pour m'évader, je prends les siens. — Car, depuis que je suis venu à terre, dans une querelle, — j'ai tué un bomoie et je crains d'avoir été aperçu. — Servez-le, je vous le commande, comme il sied, —tandis que je vais m'éloigner d'ici pour sauver ma vie : — vous me comprenez?
BIONDELLO
Moi, monsieur? Pas du tout.
LUCENTIO
— Surtout, n'ayez pas à la bouche le nom de Tranio : - Tranio est changé en Lucentio.
BIONDELLO
— Tant mieux pour lui. Je voudrais l'être aussi, moi !
TRANIO
— Je le voudrais aussi, mon garçon, fût-ce à cette condition — que Lucentio épousât la fille cadette de Baptista! — Ça, drôle, je vous conseille, par respect non pour moi, mais pour mon maître, — de vous conduire avec discrétion dans toute espèce de société. — Quand je suis seul, soit ! je