SCÈNE V
^Devant la maison de Baptista.]
Knirent, en procession, Baptista, Gremio, Tramo, Cathaeina, BiANCA et LucENTio, suivis des gens de la noce.
BAPTISTA, è Tranio.
— Signor Liicenlio, voici le jour fixé — pour le mariage de C-atharina et de Petruchio, — et pourtant nous D'a?ODS
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sore de nouvelles de notre gendre. — Que dirail scandale fera — Tabsence du fiancé au moment Ire Tattendr» — pour procéder à la cérémonie du ' — Que dit Lucentio de Taffront qui nous est
GiTHÂRINA.
oit ra£Dront est pour moi. Pardieu* Ton me force» Mt de mon cœur, à donner ma main — à un écer- I malotru, à un excentrique— qui, après avoir fait la bâte, prend toutes ses aises pour épouser ! — Je is bien dit que c'était un fou, un frénétique, — qui Mamère raillerie sous une apparence de rude fran- Afin de passer pour un plaisant personnage, — il oar à mille femmes, fixerait à chacune le jour de ige avec elle, — inviterait des amis et ferait même s bans, — sans avoir jamais la moindre intention '• — Ainsi, désormais, le monde montrera au doigt Catherine, — et dira : « Tenez, voilà la femme de Fetmchio, — pour le jour où il lui plaira de venir I»
TRANIO
leoce, bonne Catharina, patience, Baptista. — Sur 'eiruchio n'a que de bonnes intentions, —quel que sard qui l'empêche de tenir parole. —Tout brusque je le sais parfaitement sensé ; — tout jovial qu'il m est pas moins honnête homme.
GATHARmA.
t au ciel que Catharina ne l'eût jamais connu !
le fort en pleurant, suivie de Bianca et des gens de la noce.
BAPTISTA
ma fille, je ne puis te blâmer de pleurer ; — car ne injure vexerait une sainte, — à plus forte raison emportée et impatiente comme toi. -
126 LA SAUVAGE àPPBIVOlSÉE.
BiONBELLO anÎTe en eouraoU
Maître ! mattre ! une nouvelle ! une vieille DOovéUel nouvelle comme vous n*en avez jamais entendu !
làrasTÀ. Une vieille nouvelle ! Qu'est-œ que oelt veot dira?
Quoi ! n'estH^ pas une nouvelle que d'apprendre 1' de Petruchio?
BAPTIBTà.
Est-ce qu'il est arrivé ?
BIONDEILO.
Eh I non» monsieur !
KAPTlfiTA.
Que veux^tu dire, alors?
BIONDELLO
Il arrive.
BAPnSTA.
Ouand sera-t-il ici ?
BIONDELLÛ.
Quand il sera où je suis et qu'il vous verra là.
TRANIO
Mais voyons, parle! ta vieille nouvelle!
B10NDEU.0.
Eh bien, Petruchio arrive avec un chapeau neuf et un vieux justaucorps, de vieilles culottes trois fois retournées: une paire de bottes ayant serW d'étui à chandelles, Tuoe bouclée, l'autre lacée: une vieille épée rouillée tirée (i« l'arsenal de la ville, avec la poignée brisée, et sans fourreau : les forrets de ses deux aiguillettes rompus. Son chewl est alliiblé d'une vieille selle vermoulue dont les étriersîout dépareillés ; il est de plus aUeint de la morve, avec le A» pelé comme celui d'un rat ; aftligé d'un lampas, infecté «h
BGÉNK Y. 127
é d'écorchurest accablé d'éparvins, marqué de mvert d'avivés iDCurables, perdu de vertigos, lies ; réchine rompue, les épaules disloquées ; irbo; muni d'un mors auquel tieut une seule 3 têtière en peau de mouton, qui, à force d'avoir our empêcher la bête de broncher, s'est brisée idroits et a été raccommodée par de gros noeuds, ) rapiécée six fois et d'une croupière de velours > portant deux initiales écrites en gros cloue et ^ là avec de la ficelle.
BAPTISTA
avec lui ?
NOXDBLLO.
sieur, son laquais, caparaçonné dans le même 1 cheval, avec un bas de fil à une jambe et une grosse laine à l'autre, jarreté d'un cordon rouge 1, coiffé d'un vieux chapeau où est fiché en guise Pot pourri des quarante fantaisies (i3) ; enfin . un vrai monstre par le costume, ne ressemd au page d'un chrétien ou au laquais d'un gen-
TRANIO
ne fantaisie bizarre l'aura poussé à s'équiper n'est pas que parfois il ne sorte fort mesquine-
BAPnSTA.
( heureux qu'il soit venu n'importe comment ! —
BIONDELLO
Dsieur, il ne vient pas !
BAPTISTA
iC tu n'as pas dit qu'il venait?
UÛNDELLO.
Petruchio venait ?
|?8 U SALTAGK APTtlTOISÉE.
làraSTi.
Oui, que Petradiîo Toiait.
■OSUHIO.
Noo, moDsîear, j'ai dît que sod diefal irenah afee hi sarsondo6.
BàPnSTA.
Bi ! c'est tout un.
nœnmijo.
Nenni, par saint Jacques; je ^roos parie deux soas qu'on homme et un cheral font plus qu'un, sans néanoKHiis faire plusieurs.
AmYCBt Pbtecchio h tenoo, toas deux coiféi eiMUM Bwidifa
les «décrits.
ffnucmo.
— ADons, où sont ces galants? Qui donc est au logb?
BAPnSTA.
— Tous êtes le bieuTenu, monsieur.
PSTEUCmO.
Et pourtant je pourrais être mieux Tenu.
BAFTISTA.
— Tous ne boitez pourtant pas.
TRAKK).
Seulement tous n'êtes pas aussi bien paré — que je Taih rais souhaité.
PETRUCHIO
— II fallait aTant tout se presser d'anÎTer... — Mais'où donc est Catbarina? Où est mon aimable fiancée?... - ^ Comment Ta mon beau-père?... Messieurs, tous me seirblez aToir la mine bien sombre. — Pourquoi toute cette belle compagnie reste-t-elle ébahie, — conune si elle TOjaH quelque étrange monument, — quelque comète ou quekpe prodige extraordinaire ?
SGàfiK V. 129
BAPnSTA;
18, monsieur. Vous savez que c'est aujourd'hui 08 Doces. — D'abord nous étions tristes, craious ne vinssiez pas ; — à présent nous sommes tristes de vous voir venu en si triste état. — Fi ! unents qui font honte à votre rang — et tache solennelle.
trânio.
}-nous quel sérieux motif— vous a si longtemps de votre femme — et vous a fait venir ici si difiu8-mème.
PFrRUCHIO.
ait chose fastidieuse à dire et désagréable à enil vous suffira de savoir que je suis venu pour omesse, — malgré quelques excentricités for- , dans un moment plus opportun, j'excuserai — )ar les raisons les plus satisfaisantes. — Mais oili tharina? Je suis trop longtemps loin d'elle; — 'écoule ; nous devrions déjà être à l'église.
08 présentez pas à votre fiancée sous ce costume —allez dans ma chambre mettre des vêtements
PETRUGHIO.
tn ferai rien, croyez-moi , c'est ainsi que je veux
BAPnSTA.
06 n'est pas ainsi, je pense, que vous voulez
PETRDCHIO.
t, ^vive Dieu ! Ainsi trêve de discours. — C'est épouse et non mes habits. — Si je pouvais rebelle usera en moi — aussi facilement que je puis pauvre accoutrement. — Catharina s'en trouve-
130 U SAUVAGE APPRIVOISEE.
rait bien et moi mieux encore. —Mais quel imbécile je suis de jaser avec vous,^ quand je devrais souhaiter le boDJoor à ma fiancée — et sceller mon titre d'un amoueai baiser !
Sorteot Petradiio» Gramio «t Bioidcfti.
TRANIO
— U a quelque intention dans ce fol équipage ; - ttebom do le décider» s'il est possible, — à mieux s*habiller anni d'aller à l'égUse.
BAPTISTA
— Je vais le suivre pour voir l'issue de tout ceci.
U sort (14).
TRANIOy à Lucentio.
— Mais, monsieur, à l'amour de Bianca il nous io^ porte d'ajouter — le consentement de son père. Pour Tob tenir, — ainsi que je l'ai déjà confié à Votre Honneur. - ]< vais me procurer un homme (quel qu'il soit, —peu importe nous lui ferons la leçon), — qui sera Yincentio de Pise, et qui ici, à Padoue, se portera garant — de sommes pluî fortes que celles mêmes que j*aî promises. — Et ainsi îoos jouirez tranquillement de vôtre bonheur espéré, - etwas épouserez la charmante Bianca avec Tagrément de soo père.
LUCEimo.
— N'était que mon camarade le professeur — suneiBi si étroitement les pas de Bianca, — il serait bon, ce i« semble, de nous marier clandestinement ; — la chose une te faite, le monde entier aurait beau me dire non, — je gtf derais mon bien en dépit du monde entier.
TRANIO
— Nous tâcherons d'en venir là peu à peu, — et QO attendrons pour cette aflaire le moment favorable. —Il oc faudra circonvenir ce barbon de Gremio, — et le ptien