SCÈNE Yll. t
témoins de sa légèreté, — je veux avec vous, si vous le oettez, — abjurer pour jamais Bianoa et son amour.
HORTEHSIO.
- Voyez-les! que de baisers et de tendresses!... Signor mtiOy — voici ma main ; je m'engage ici fermement ^ Bser de lui faire la cour et à la renier — comme une ure indigne des hommages — dont je Tai follement é jusqu'ici.
TRAKÎO.
Comme vous, je fais ici sans réticence le serment de I jamais l'épouser , quand elle m'en supplierait. — Foin I ! Yoyez quelles tendresses bestiales elle a pour lui !
HORTENSIO
Je voudrais que tout le monde, hormis lui, renonçât à — Quant à moi, pour être plus sûr de tenir mon sert, — je veux me marier à une riche veuve, — avant que jours se passent ; oui, à une veuve qui n'a cessé de Rier — tout le temps que j'ai aimé cette fière et dédaipe coquette. — Et sur ce, adieu, signor Lucentio. — \ la femme, c'est la tendresse et non la beauté exté- B ^ qui désormais obtiendra mon amour. Je prends congé de vous» — résolu à faire oe que j'ai juré.
sort. Laceotio et Biaoca revieDoeot sar le devant de la scèoe.
TRANIO
Madame Bianca, le ciel vous accorde tous les bonheurs De peuvent avoir les amants heureux ! — Ah I je vous iprise è faire la sieste, ma mie, — et nous avons, Hor- 0 el moi, renoncé à vous.
BUMGà.
t îooa piaisanlez, Tranio; avez**voos vraiment renoncé lloosdaui?
TRAlflO.
Oui, madame.
us LA SAUVAGE APPRIVOISÉE. j
Lucsimo.
Nous Toilè donc débarrassés de Licio !
TRANIO
— Ma foi, oui ; il va trouver une veuve plantorettse qu'en un jour il aura courtisée et épousée.
BIANCA
— Dieu le tienne en joie!
TRANIO
— Oh ! il est bien sûr de l'apprivoiser.
BUNGA.
A ce qu'il dit, Tranio.
TRANIO
— D'honneur, il est allé à l'école où l'on apprend à apprivoiser.
BIANGA.
— Comment ! il y a une école comme celle-là !
TRAmo.
— Oui, madame, et c'est Petruchio qui en est le maître: — il enseigne je ne sais combien de tours — pour apprivoiser la femme la plus sauvage et pour exorciser une bavarde.
BiONDELLO arrive en coarant et prend Loceniio à ptrt
BIONDELLO
— 0 maître ! maître ! j'ai tant fiiit le guet, - que je sois échiné; mais enfin, j'ai aperçu — un angélique viâllarl qui descendait la colline — et qui fera l'affaire.
LUGENTIO.
Qu'est-il, Biondello?
BIONDELLO
— Maître, c'est un négociant ou un pédagogue, - je m sais pas quoi ; mais la gravité de son costume, — de si marche et de sa contenance lui donne tout à fait la mim d'un père.
SCÉNK VU. *" 149
LUGENTIO.
- Eh bien, après, Tranio?
TRANIO
- S*il est crédule et s'il a foi dans mes récits, — je lui i prendre avec empressement le rôle de Vincentio, — et il ortera caution auprès de Baptista Minola, — comme s'il ; le yéritable Vincentio. — Emmenez votre bien-aimée issez-moi seul.
Lnceotio et Bianca sortent.
Entre un Pédagogue.
LE PÉDAGOGUE
- Dieu VOUS garde, monsieur !
TRANIO
i vous aussi, monsieur ! vous êtes le bienvenu. — Pour- Mrvous plus loin ou arrêtez- vous ici votre voyage ?
LE PÉDAGOGUE
-- Monsieur, je l'arrête ici pour une semaine ou deux ; Il alors je poursuis plus loin, je vais jusqu'à Rome, — 5 Ik à Tripoli, si Dieu me prête vie.
-* De quelle contrée, je vous prie?
LE PÉDAGOGUE
^ Mantoue.
TRANIO
-- De Mantoue, monsieur! morbleu, à Dieu ne plaise ! Kl vous venez à Padoue, sans souci de votre vie!
LE PÉDAGOGUE
^ De ma vie, monsieur ! comment cela ? voilà qui est
TRANIO
-^ C'est la mort pour tout habitant de Mantoue — que de ir à Padoue. Est-ce que vous n'en savez pa$ la cause ? /embargo est mis sur vos navires à Venise, et notre Yi. iO
150 LA SAOViOB APPIOYOISÉE.
duc, — pour une querelle priyée entre votre duc et Im, a fait publier et proclamer partout cette peine. - Cest étonnant ; mais, si vous étiez yenu un peu plus tAt, - toos auriez entendu faire la proclamation.
LE PÉDAGOaUE.
— Hélas ! monsieur, c'est d'autant plus triste pour moi
— que j'ai des lettres de change — de Florence que je dois présenter ici.
TRANIO
— Eh bien, monsieur , pour vous rendre service, -je vais faire une chose. Voici ce que je vous conseille... - Mais d'abord, dites-moi, avez-vous jamais été à Pise?
LE PfeDAGOOUE.
— Oui, monsieur, j'ai souvent été dans Pise, -Rse, renommée par ses graves citoyens.
TRANIO
— Parmi eux, connaissez-vous un nommé Yinceotio?
LE PÉDAGOGUE
— Je ne le connais pas, mais j'ai entendu parler de loi :
— un marchand d'une incomparable richesse !