SCÈNE vni. i
' à toi et à tonte la clique de ceux — qui triomphent 1 de ma misère ! — Allons, décampe, te dis-je.
winmi Pbtecchio, portant un plat de yiande, et HoRTiNSia
PITRUCHIO.
Comment va ma Catharina ? Comment, ma charmante, I abattue !
HORTEMSIO.
Madame, comment vous trouvez-Tous ?
GÀTHÀRINÀ.
nsi froide que possible.
PETRUCmO.
Redresse tes esprits, et regarde-moi gaiement. —Tiens, nr» ta vois combien je suis empressé ; — j'ai préparé même ton repas, et je te l'apporte.
Il met le plat sar la table.
Je compte bien, chère Catharina, que cette attention — te an remerctment. — Quoi ! pas un mot ! Ah ! je le la n'aimes pas cela, — et toutes mes peines sont en perte.
▲ on valet.
ADons, emportez ce plat.
GÀTHÀRINÀ.
voas en prie, laissez-le là.
PKTRUCHIO.
On paye de remercîments le plus pauvre service. — pajwez le mien avant de toucher à ce plat.
CATHARINA
Je TOUS remercie, monsieur.
Elle 8*a88ied à table. Petrachio reste debout. HORTENSIO y s'aAseyaot en face de Catharina.
SîgDor Petruchio, fi ! vous êtes à blâmer! — Allons, ae Catharina, je vous tiendrai compagnie.
154 U SÂUYÀ» ÂPPRnOISÉB.
PETRUGHIOy bat, à Hortetii».
— Mange tout, Hortensio, si tu m'aimes. ••
Haat, A Catharioa.
— Paisse ce repas faire du bien à ton petit ooniri-Cateau, mange vite... Et tout à Theure, mon aimable rajoa de mieU — nous allons retourner chez ton père, — pour j étrenner les plus belles parures, — les vêtements de soie, les toques et les bagues d'or, — les fraises, les manch^tesi les vertugadins, je ne sais quoi encore, — les écharpes,ki éventails, les garnitures de rechange, — les bracelets (Tfiibre, les coUierset tout le clinquant possible... — EhbiOi tu as dîné ? Le tailleur attend ton bon plaisir — pour onxr ta personne de ses plus riches falbalas.
Entre OQ Garçon tailletr, apportant une robe.
PETRUCHIO
— Venez, tailleur, et voyons cette parure; — dé^js la robe.
Entre an Mercibh« apportant nne toqne.
m MEROER.
— Voici la toque que Voire Honneur a commandée.
rETRlCIIIO.
— Allons donc ! elle est mouldc sur une écuelle ; -c'est un vase de velours. Fi ! fi ! c'est inconvenant et malpropre.
— Eh ! mais, c'est une coquille, une écaille de noii, - QD brimborion, un hochet, une attrape, une toque de poupon!
— Emportez-la, allons, et donnez-m'en une plus grande.
CATnARINA.
— Je n'en veux pas de phis grande ; celle-ci est à la mode, — les gentilles femmes portent ces loques-là.
PETRi'cmo.
— 0"«nd vous serez gentille, vous en aurez une aussi, mais pas avant.
acin \ni. (55
\ ne sera pas de sbdt.
Ah çà, monsieur, je compte bien qu'il me sera permis irier, — et j[e parlerai ; je ne suis pas un enfant ni un on. — Des gens qui valaient miqui que vous ont enma franchise; — si vous ne le pouvez pas^ bouchez*' les oreilles. — Il faut que ma langue exprime le resment de mon cœur, — ou que mou cceiur se brise i oocnprimant. — Plutôt que de m*exposer à cela, je dnû — en paroles toute la liberté qui me pliaît,
PETRUCHIO
Ma foi, tu dis vrai ; cette toque est affreuse : — une le de pâté ! une billevesée ! un pâté dq soie ! — Je le de ne pas aimer cela.
CATHARINA
Aimez-moi, ou ne m^aimez pas, j*aime cette toque ; —
faorai et je n'en veux pas d'autre.
PETRUcmo.
La robe, à présent?. . Allons, tailleur,, montre-nous-
- O mon Dieu \ miséricorde ! quelle est cette masca-
!.• — Qu'est cela! une manche? C'est comme une
l>arâe! ~ Quoi, du haut en bas, découpée comme une
aux pommes! ~ Piquée et surpiquée, taillée, crevée
raée, — comme une chaufferette dans la boutique d'un
ier ! — Au nom du diable, tailleur^ comment appelles-
BORTENSIO, à part.
Je vois qu'elle n'aura probablement ni toque ni robe.
{£ TAILLEUR
Tous m'avez commandé de la faire soigneusement — iode du jour.
PETRUCHIO
Oui, morbleu ! Mais si vous vous rappelez, — je ne ti pas dit de la gAter à la mode du jour. — Allons ,
156 U SAUTÂOE APPRITOISÉE.
enjambez-moi toas les ruisseaux jusque chez yoos; - loos n'emporterez pas ma pratique, messire. — Je ne tbox pis de cela. Allez, foites-en ce qu'il tous plaira.
GiTHABnii.
— Je n'ai jamais vu une robe de meilleure façoD, plus élégante, plus charmante, ni plus comme il &Qt -< Il paraît que vous voudriez faire de moi une poupée.
PETRUGHIO.
— C'est ma foi yrai, il voudrait Caire de toi une poopà
LE TÂIULEUR.
— Elle dit que c'est Votre Seigneurie qui voudrait Un d'elle une poupée.
PETRUGHIO.
— 0 monstrueuse arrc^ance ! Tu mens, fil, — ta mm dé, — tu mens, verge, trois-quarts, moitié et quart de feije, tu mens, clou, — puce , ciron, grillon d'hiver ! — Je seni bravé chez moi par un écheveau de fil ! — Arrière, orq«ii arrière, chiffre, arrière, reste ! — ou je vais te mesonr avec ta verge de manière — à te faire souvenir toute ta ne d'avoir bavardé ! — Je le dis, moi, que tu as gâté sa robe!
LE TAILLEUR
— Votre Seigneurie est dans l'erreur; la robe est faite juste comme mon maître avait injonction de la faire; c'est Grumio qui a donné les ordres.
GRUMIO
— Je n'ai pas donné d'ordre ; j'ai donné l'étoffe.