‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 186 sur 305 · SCÈNE vni. i · texte numérisé non relu

SCÈNE vni. i

' à toi et à tonte la clique de ceux — qui triomphent 1 de ma misère ! — Allons, décampe, te dis-je.

winmi Pbtecchio, portant un plat de yiande, et HoRTiNSia

PITRUCHIO.

Comment va ma Catharina ? Comment, ma charmante, I abattue !

HORTEMSIO.

Madame, comment vous trouvez-Tous ?

GÀTHÀRINÀ.

nsi froide que possible.

PETRUCmO.

Redresse tes esprits, et regarde-moi gaiement. —Tiens, nr» ta vois combien je suis empressé ; — j'ai préparé même ton repas, et je te l'apporte.

Il met le plat sar la table.

Je compte bien, chère Catharina, que cette attention — te an remerctment. — Quoi ! pas un mot ! Ah ! je le la n'aimes pas cela, — et toutes mes peines sont en perte.

▲ on valet.

ADons, emportez ce plat.

GÀTHÀRINÀ.

voas en prie, laissez-le là.

PKTRUCHIO.

On paye de remercîments le plus pauvre service. — pajwez le mien avant de toucher à ce plat.

CATHARINA

Je TOUS remercie, monsieur.

Elle 8*a88ied à table. Petrachio reste debout. HORTENSIO y s'aAseyaot en face de Catharina.

SîgDor Petruchio, fi ! vous êtes à blâmer! — Allons, ae Catharina, je vous tiendrai compagnie.

154 U SÂUYÀ» ÂPPRnOISÉB.

PETRUGHIOy bat, à Hortetii».

— Mange tout, Hortensio, si tu m'aimes. ••

Haat, A Catharioa.

— Paisse ce repas faire du bien à ton petit ooniri-Cateau, mange vite... Et tout à Theure, mon aimable rajoa de mieU — nous allons retourner chez ton père, — pour j étrenner les plus belles parures, — les vêtements de soie, les toques et les bagues d'or, — les fraises, les manch^tesi les vertugadins, je ne sais quoi encore, — les écharpes,ki éventails, les garnitures de rechange, — les bracelets (Tfiibre, les coUierset tout le clinquant possible... — EhbiOi tu as dîné ? Le tailleur attend ton bon plaisir — pour onxr ta personne de ses plus riches falbalas.

Entre OQ Garçon tailletr, apportant une robe.

PETRUCHIO

— Venez, tailleur, et voyons cette parure; — dé^js la robe.

Entre an Mercibh« apportant nne toqne.

m MEROER.

— Voici la toque que Voire Honneur a commandée.

rETRlCIIIO.

— Allons donc ! elle est mouldc sur une écuelle ; -c'est un vase de velours. Fi ! fi ! c'est inconvenant et malpropre.

— Eh ! mais, c'est une coquille, une écaille de noii, - QD brimborion, un hochet, une attrape, une toque de poupon!

— Emportez-la, allons, et donnez-m'en une plus grande.

CATnARINA.

— Je n'en veux pas de phis grande ; celle-ci est à la mode, — les gentilles femmes portent ces loques-là.

PETRi'cmo.

— 0"«nd vous serez gentille, vous en aurez une aussi, mais pas avant.

acin \ni. (55

\ ne sera pas de sbdt.

Ah çà, monsieur, je compte bien qu'il me sera permis irier, — et j[e parlerai ; je ne suis pas un enfant ni un on. — Des gens qui valaient miqui que vous ont enma franchise; — si vous ne le pouvez pas^ bouchez*' les oreilles. — Il faut que ma langue exprime le resment de mon cœur, — ou que mou cceiur se brise i oocnprimant. — Plutôt que de m*exposer à cela, je dnû — en paroles toute la liberté qui me pliaît,

PETRUCHIO

Ma foi, tu dis vrai ; cette toque est affreuse : — une le de pâté ! une billevesée ! un pâté dq soie ! — Je le de ne pas aimer cela.

CATHARINA

Aimez-moi, ou ne m^aimez pas, j*aime cette toque ; —

faorai et je n'en veux pas d'autre.

PETRUcmo.

La robe, à présent?. . Allons, tailleur,, montre-nous-

- O mon Dieu \ miséricorde ! quelle est cette masca-

!.• — Qu'est cela! une manche? C'est comme une

l>arâe! ~ Quoi, du haut en bas, découpée comme une

aux pommes! ~ Piquée et surpiquée, taillée, crevée

raée, — comme une chaufferette dans la boutique d'un

ier ! — Au nom du diable, tailleur^ comment appelles-

BORTENSIO, à part.

Je vois qu'elle n'aura probablement ni toque ni robe.

{£ TAILLEUR

Tous m'avez commandé de la faire soigneusement — iode du jour.

PETRUCHIO

Oui, morbleu ! Mais si vous vous rappelez, — je ne ti pas dit de la gAter à la mode du jour. — Allons ,

156 U SAUTÂOE APPRITOISÉE.

enjambez-moi toas les ruisseaux jusque chez yoos; - loos n'emporterez pas ma pratique, messire. — Je ne tbox pis de cela. Allez, foites-en ce qu'il tous plaira.

GiTHABnii.

— Je n'ai jamais vu une robe de meilleure façoD, plus élégante, plus charmante, ni plus comme il &Qt -< Il paraît que vous voudriez faire de moi une poupée.

PETRUGHIO.

— C'est ma foi yrai, il voudrait Caire de toi une poopà

LE TÂIULEUR.

— Elle dit que c'est Votre Seigneurie qui voudrait Un d'elle une poupée.

PETRUGHIO.

— 0 monstrueuse arrc^ance ! Tu mens, fil, — ta mm dé, — tu mens, verge, trois-quarts, moitié et quart de feije, tu mens, clou, — puce , ciron, grillon d'hiver ! — Je seni bravé chez moi par un écheveau de fil ! — Arrière, orq«ii arrière, chiffre, arrière, reste ! — ou je vais te mesonr avec ta verge de manière — à te faire souvenir toute ta ne d'avoir bavardé ! — Je le dis, moi, que tu as gâté sa robe!

LE TAILLEUR

— Votre Seigneurie est dans l'erreur; la robe est faite juste comme mon maître avait injonction de la faire; c'est Grumio qui a donné les ordres.

GRUMIO

— Je n'ai pas donné d'ordre ; j'ai donné l'étoffe.

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