SCÈNE X
[ Une roate. ]
EDirant PsTRUcmo, Catharimà et Hortensio.
PETRUCmO.
— En marche, au nom de Dieu! remettons-nous en nbe vers la maison de notre père... — Seigneur! MM la Inné est brillante et sereine !
CATHARINA
— Lalone! bah ! c'est le soleil! Il n'y a pas de clair de m i présent.
PETRUCHIO
— Je dis que c'est la lune qui brille si vivement.
CATHARINA
— Je sais que c'est le soleil qui brille si vivement.
PETRUCHIO
— Ah ! par le fils de ma mère, c'est-à-dire par moi-même! 90 sera la lune ou une étoile ou ce que bon me semii^ — avant que je continue ma route pour aller chez m pire... — Allons! qu'on remmène nos chevaux! — Wi cesse contrarié, et contrarié, toujours contrarié !
HORTENSIO, bas & Cathariot.
^ Dites ce qa'il dit» ou nous ne partirons jamais. n. U
166 u Sauvage apprivoisée.
GATHARINA.
— De grâce, poursuivons notre chemin, puisque nous sommes venus si loin, ~ et que ce soit la lune, le soleil ou ce qui vous plaira: —et, s'il vous plaît de l'appeler un lumignon, — Je vous jure que c'en sera un poor moi.
PfiTRUGHIO.
— Je dis que c*est la lune.
GATHARINA.
Je le sais bien.
PETRUCfflO.
- Alors, vous mentez : c'est le soleil béni.
GATHARINA.
— Alors, Dieu soit béni! c'est le soleil béni; — mais ce n'est plus le soleil quand vous dites que ce n'est pas lai; — et la lune change au gré de votre pensée. —C'est exactement ce que vous voudrez, — et ce le sera toujours pour Catharina.
HORTENSIO
— Petruchio, va ton chemin ; la campagne est à toi !
PETRUCHIO
— En avant! en avant! Ainsi la boule doit courir, sans se laisser maladroitement dévoyer par l'obstacle!... - Mais, doucement, qui vient ici ?
Entre Vimcentio, en habit de Toyage.
PETRUCHIO, à VinceDtio.
— Bonjour, gentille dame, où allez-vous? ^ Dis-moi, suave Catharina, dis-moi franchement, —as-tu jamais va une femme plus fraîche ? — Quelle guerre de blanc et de rouge sur ses joues ! — Les étoiles diamantent-elles le ciel aussi splendidement — que ces deux yeux parent cette figure céleste? — Aimable et jolie fiUe, encore une fois bonjour!
SGÈIIK X. 187
Suave Catharinay embrasse-la pour Tamour de sa Hé. -
HORTENSIO
i ?a rendre cet homme fou, à vouloir en faire une
GATHARINA.
- Jeune vierge en bouton, fraîche et suave beauté, — BM-lu? où est ta demeure? Heureux les parents d'une die eniÎDUiit! — Plus heureux l'homme à qui les astres itables — te destinent pour tendre compagne de lit I
PETRUcmo.
-* Eh bien, qu'est-ce à dire, Cateau? Tu n'es pas folle, père. — C'est un vieillard ridé, fané, flétri que tu vois, M non une vierge, comme tu dis (20).
aiHAROA.
— Tieux père, pardonne à mes yeux leur méprise : — été tellement éblouis par le soleil — que tout ce que me parait vert ; — je m*aperçois à présent que tu
vieillard vénérable. — Pardon, je te prie, de ma folle prise!
KTRUCHIO,
*«» Oui» pardon, bon vieux aïeul; dis-nous ~ quelchei ta dois suivre ; si c'est le même que nous, — nous sem heureux de ta compagnie.
VCIGENTIO.
•* Beaa sire, et vous, ma joyeuse dame, — qui m'avez si Bgement surpris par votre premier abord, — mon nom YiDcentio, ma demeure est à Pise, — et je me rends à loae pour y voir — un mien fils que je n'ai pas vu deft kmgtemps.
PETBUCHIO.
-* Quel est son nom?
VWŒNTIO.
io, gentil sire.
168 u sjurvKX i^muToisEE.
RntRXM.
— ta rencontre est beureuse, sorloat pour Km sadie ea eSet que b loi , aassi bi«ii qu« too i^ léoénblb
— m'Autorise 1 t'appeW mon père bieo-atmé. - Usn <Ie ma femm«. de cette dame que tu vob, ~ a en ce M ment épousé lOD fils. \eiï sois ai sarpris — dÎ affligé, est de bonne renommée, — nchemeot dotée et <le e unoe booorabie; — d'ailleurs, doaée de tell» qui— qu'elle serait — La digne épouse du pins ooble gcdl bomœe. — Embnssoos-nous, vieux Ttnceotio, - elfeB roule ensemble pour v-oir ton estimable fils - qui n An bien joveux de ton arrirée.
TTiŒyno.
— Tout cela esl-il vrai? ou wms arausez-Toiu, voyageurs goguenards, à faire des pl&isaiiteries-aui que TODS reocoatiei?
mtTtsao.
Je t'assoie, vieillard, que c'est la réritë! FEIKLCfllO.
— Allons ! viens avec nous pour t'en assurer toi-mèa
— Car je vois que notre premier badinage t'a rendu défia
Sortent Petncfaio, CathuiM et TuatÈ
aoRTfas».
— Fort bien. Peirucbio, voici qui m'a donné dn > rage. - Je cours près de ma veuve; pour peu qu'dle revécbe, — tu m'auras appris à être intraitable. -
D nr.
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