‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 190 sur 305 · SCÈNE X · texte numérisé non relu

SCÈNE X

[ Une roate. ]

EDirant PsTRUcmo, Catharimà et Hortensio.

PETRUCmO.

— En marche, au nom de Dieu! remettons-nous en nbe vers la maison de notre père... — Seigneur! MM la Inné est brillante et sereine !

CATHARINA

— Lalone! bah ! c'est le soleil! Il n'y a pas de clair de m i présent.

PETRUCHIO

— Je dis que c'est la lune qui brille si vivement.

CATHARINA

— Je sais que c'est le soleil qui brille si vivement.

PETRUCHIO

— Ah ! par le fils de ma mère, c'est-à-dire par moi-même! 90 sera la lune ou une étoile ou ce que bon me semii^ — avant que je continue ma route pour aller chez m pire... — Allons! qu'on remmène nos chevaux! — Wi cesse contrarié, et contrarié, toujours contrarié !

HORTENSIO, bas & Cathariot.

^ Dites ce qa'il dit» ou nous ne partirons jamais. n. U

166 u Sauvage apprivoisée.

GATHARINA.

— De grâce, poursuivons notre chemin, puisque nous sommes venus si loin, ~ et que ce soit la lune, le soleil ou ce qui vous plaira: —et, s'il vous plaît de l'appeler un lumignon, — Je vous jure que c'en sera un poor moi.

PfiTRUGHIO.

— Je dis que c*est la lune.

GATHARINA.

Je le sais bien.

PETRUCfflO.

- Alors, vous mentez : c'est le soleil béni.

GATHARINA.

— Alors, Dieu soit béni! c'est le soleil béni; — mais ce n'est plus le soleil quand vous dites que ce n'est pas lai; — et la lune change au gré de votre pensée. —C'est exactement ce que vous voudrez, — et ce le sera toujours pour Catharina.

HORTENSIO

— Petruchio, va ton chemin ; la campagne est à toi !

PETRUCHIO

— En avant! en avant! Ainsi la boule doit courir, sans se laisser maladroitement dévoyer par l'obstacle!... - Mais, doucement, qui vient ici ?

Entre Vimcentio, en habit de Toyage.

PETRUCHIO, à VinceDtio.

— Bonjour, gentille dame, où allez-vous? ^ Dis-moi, suave Catharina, dis-moi franchement, —as-tu jamais va une femme plus fraîche ? — Quelle guerre de blanc et de rouge sur ses joues ! — Les étoiles diamantent-elles le ciel aussi splendidement — que ces deux yeux parent cette figure céleste? — Aimable et jolie fiUe, encore une fois bonjour!

SGÈIIK X. 187

Suave Catharinay embrasse-la pour Tamour de sa Hé. -

HORTENSIO

i ?a rendre cet homme fou, à vouloir en faire une

GATHARINA.

- Jeune vierge en bouton, fraîche et suave beauté, — BM-lu? où est ta demeure? Heureux les parents d'une die eniÎDUiit! — Plus heureux l'homme à qui les astres itables — te destinent pour tendre compagne de lit I

PETRUcmo.

-* Eh bien, qu'est-ce à dire, Cateau? Tu n'es pas folle, père. — C'est un vieillard ridé, fané, flétri que tu vois, M non une vierge, comme tu dis (20).

aiHAROA.

— Tieux père, pardonne à mes yeux leur méprise : — été tellement éblouis par le soleil — que tout ce que me parait vert ; — je m*aperçois à présent que tu

vieillard vénérable. — Pardon, je te prie, de ma folle prise!

KTRUCHIO,

*«» Oui» pardon, bon vieux aïeul; dis-nous ~ quelchei ta dois suivre ; si c'est le même que nous, — nous sem heureux de ta compagnie.

VCIGENTIO.

•* Beaa sire, et vous, ma joyeuse dame, — qui m'avez si Bgement surpris par votre premier abord, — mon nom YiDcentio, ma demeure est à Pise, — et je me rends à loae pour y voir — un mien fils que je n'ai pas vu deft kmgtemps.

PETBUCHIO.

-* Quel est son nom?

VWŒNTIO.

io, gentil sire.

168 u sjurvKX i^muToisEE.

RntRXM.

— ta rencontre est beureuse, sorloat pour Km sadie ea eSet que b loi , aassi bi«ii qu« too i^ léoénblb

— m'Autorise 1 t'appeW mon père bieo-atmé. - Usn <Ie ma femm«. de cette dame que tu vob, ~ a en ce M ment épousé lOD fils. \eiï sois ai sarpris — dÎ affligé, est de bonne renommée, — nchemeot dotée et <le e unoe booorabie; — d'ailleurs, doaée de tell» qui— qu'elle serait — La digne épouse du pins ooble gcdl bomœe. — Embnssoos-nous, vieux Ttnceotio, - elfeB roule ensemble pour v-oir ton estimable fils - qui n An bien joveux de ton arrirée.

TTiŒyno.

— Tout cela esl-il vrai? ou wms arausez-Toiu, voyageurs goguenards, à faire des pl&isaiiteries-aui que TODS reocoatiei?

mtTtsao.

Je t'assoie, vieillard, que c'est la réritë! FEIKLCfllO.

— Allons ! viens avec nous pour t'en assurer toi-mèa

— Car je vois que notre premier badinage t'a rendu défia

Sortent Petncfaio, CathuiM et TuatÈ

aoRTfas».

— Fort bien. Peirucbio, voici qui m'a donné dn > rage. - Je cours près de ma veuve; pour peu qu'dle revécbe, — tu m'auras appris à être intraitable. -

D nr.

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