SCÈNE XII
tut qu'eUe est ainsi, nul, si altéré, si pris de soif qu'il ^^meAtre» — ne daignera y tremper sa lèvre ni en prendre une goi^. — Ton mari est ton seigneur, ta vie, ton gardien, — ton chef, ton souverain ; celui qui s'occupe de loi - et de ton entretien, qui livre son corps — à de pénibles labeurs, et sur terre et sur mer ; — veillant la nuit dans h tempête, le jour dans le froid, — tandis que tu dors chaudement an logis, en sécurité et en sûreté. — Il n'implore de toi d'autre tribut — que l'amour, la mine avenante et une sinoàre obéissance ; — trop petit à-compte sur une dette si graode ! — La soumission que le sujet doit au prince, — MJQste celle qu'une femme doit à son mari ; —et quand elle M indocile, maussade, morose, aigre — et qu'elle n'obéit pis à ses ordres honnêtes, — elle n'est qu'une méchante nbelle, — coupable envers son seigneur dévoué d'une im- Indoonable trahison. — J'ai honte de voir des femmes assez ûiples — pour offrir la guerre là oîi elles devraient deman- ^ la paix à genoux, — et pour prétendre au pouvoir, à la ^prématie et au gouvernement, — là où elles sont tenues A servir, d'aimer et d'obéir. — Pourquoi avons-nous le corps ^cat, frêle et tendre, — inhabile à la fatigue et aux trouves de ce monde, — si ce n'est pour que nos goûts et nos 'ttitimenls délicats — soient en harmonie avec notre nature Prieure? — Allez, allez, vers de terre obstinés et impuissants,—j'ai eu le caractère aussi allier que vous, — le cœur •ussi ambitieux, et plus de raisons peut-être — de rendre parole pour parole, boutade pour boutade. — Mais à présent, J^ vois que nos lances ne sont que des fétus, — que notre weest faiblesse, notre faiblesse incomparable, — et que OOQs sommes le moins ce que nous affectons d'être le plus - Rabattez donc votre orgueil, car il ne sert de rien, — et placez vos mains sous les pieds de vos maris. — Le mien D'à qu'à parler ; et pour preuve de mon obéissance, —voici ma main toute prête, si cela lui est agréable.
186 U SAinrAOE iPPRIYOIStE.
PETRUGHIO.
— Allons! voilà une bonne fille. Tiens m'embrasser, Cateau.
LUGEKTID.
— Bon ! va ton chemin, vieux camarade : tu auras le dernier mot.