SCÈNE Vil
DEUXIÈME SEIGNEUR
Oui, et cela ne peut convenir qu'à Votre Seigneurie.
CLOTBN.
C'est justement ce que je dis.
PRElflER SEIGNEUR.
Avez-Tous entendu parler d'un étranger qui est arrivé à la cour ce soir?
GLUTEN
Uo étranger, et je n'en sais rien !
DEUXIÈME SEIGNEUR, à part.
U est lui-même un étrange gaillard, et il n'en sait
rien.
PREMIER SEIGNEUR
Oui, il est arrivé un Italien, qu'on dit être des amis de Léouatus.
CLOTEN.
léonatus! ce gueux qu'on a banni! quel qu'il soit, son ami on est un autre. Qui vous a parlé de cet étranger?
PREMIER SEIGNEUR
1*0 des pages de Votre Seigneurie.
Sied-il que j'aille le voir? Ne sera-ce pas déroger?
PREMIER SEIGNEUR
^ous ne pouvez déroger, Monseigneur.
CLOTEN.
Pm facilement, je crois.
DEUXIÈME SEIGNEUR, à part.
Tu es un sot avéré : et tu ne peux déroger, ne lâchant que des sottises.
CLOTEN.
Allons! je vais voir cet Italien : ce que j'ai perdu aujourd*bm aux boules, je veux le lui regagner cette nuit. Allons ! Tenez.
118 GTMBELINE.
DEUXIÈME SEIGNEUR
Je vais suivre Votre Seigneurie.
Cloten et le premier seigneor sortenL DEUXIÈHE SEIGNEUR, seal.
— Se peut-il qu'une diablesse aussi astucieuse que sa mère — ait mis au monde cet Ane ! qu'une femme qui — soumet tout à son cerveau ait pour fils un idiot — qui ne pourrait pas apprendre par cœur que, ôté deux de vingt, — il reste dix -huit !... Hélas ! pauvre princesse, — divine Imogène, que ne souffres-tu pas, —entre un père gouverné par ta marâtre, — une mère forgeant des complots à toute heure, et un soupirant — plus odieux pour toi que n*est le noir exil — pour ton cher mari!... Puissent les cieux, contre Thorrible — divorce qu'on veut t'imposer, raffermir — les remparts de ton tendre honneur et maintenir inébranlable — le temple de ta belle âme ! Puisses-tu vivre, enfin, — pour posséder et ton seigneur banni et ce vaste royaume !
n sort.