‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 20 sur 305 · SCÈNE Vil · texte numérisé non relu

SCÈNE Vil

DEUXIÈME SEIGNEUR

Oui, et cela ne peut convenir qu'à Votre Seigneurie.

CLOTBN.

C'est justement ce que je dis.

PRElflER SEIGNEUR.

Avez-Tous entendu parler d'un étranger qui est arrivé à la cour ce soir?

GLUTEN

Uo étranger, et je n'en sais rien !

DEUXIÈME SEIGNEUR, à part.

U est lui-même un étrange gaillard, et il n'en sait

rien.

PREMIER SEIGNEUR

Oui, il est arrivé un Italien, qu'on dit être des amis de Léouatus.

CLOTEN.

léonatus! ce gueux qu'on a banni! quel qu'il soit, son ami on est un autre. Qui vous a parlé de cet étranger?

PREMIER SEIGNEUR

1*0 des pages de Votre Seigneurie.

Sied-il que j'aille le voir? Ne sera-ce pas déroger?

PREMIER SEIGNEUR

^ous ne pouvez déroger, Monseigneur.

CLOTEN.

Pm facilement, je crois.

DEUXIÈME SEIGNEUR, à part.

Tu es un sot avéré : et tu ne peux déroger, ne lâchant que des sottises.

CLOTEN.

Allons! je vais voir cet Italien : ce que j'ai perdu aujourd*bm aux boules, je veux le lui regagner cette nuit. Allons ! Tenez.

118 GTMBELINE.

DEUXIÈME SEIGNEUR

Je vais suivre Votre Seigneurie.

Cloten et le premier seigneor sortenL DEUXIÈHE SEIGNEUR, seal.

— Se peut-il qu'une diablesse aussi astucieuse que sa mère — ait mis au monde cet Ane ! qu'une femme qui — soumet tout à son cerveau ait pour fils un idiot — qui ne pourrait pas apprendre par cœur que, ôté deux de vingt, — il reste dix -huit !... Hélas ! pauvre princesse, — divine Imogène, que ne souffres-tu pas, —entre un père gouverné par ta marâtre, — une mère forgeant des complots à toute heure, et un soupirant — plus odieux pour toi que n*est le noir exil — pour ton cher mari!... Puissent les cieux, contre Thorrible — divorce qu'on veut t'imposer, raffermir — les remparts de ton tendre honneur et maintenir inébranlable — le temple de ta belle âme ! Puisses-tu vivre, enfin, — pour posséder et ton seigneur banni et ce vaste royaume !

n sort.

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