SCÈNE I
[Dans le château des comtes de Roassillon.]
1WK BniTlAlID, LA COMTESSB DE ROUSSILLON, HêLÈNB et LaFBU,
tous en deuil.
U COMTESSE
En me séparant de mon fils, j'enterre un second mari.
BERTRAND
fil moi, en partant, madame, je pleure de nouveau la rt de mon père; mais je dois obéir au commandement iwrsonnage auguste dont je suis pour le moment le pue et pour toujours le sujet.
UFEU.
Ittns le roi vous trouverez un époux, madame, et vous, Dsieur, un père. Celui dont la bonté a été de tout temps [irerselle, doit nécessairement conserver cette vertu pour es, dont le mérite attirerait la bienveillance là où elle fait Ut, bien loin de l'éloigner là où elle abonde.
u COMTESSE.
tëUl espoir que le roi se rétablisse?
LAFEU.
Q a congédié ses médecins, madame, après avoir, sous ^direction, épuisé le temps en espérance, sans recueil-
TOCT EST BIEN OCl HSIT B«3.
lir de leurs soins d'autre svantsge que la perte de toute espérance avec le temps.
U COMTESSE, moiiU-Mt Hélène.
Cette jeune dame avait un père.,, oh! avait .' quel iriSi souveoir éveille ce mot!.., chez qui la science était presqoi égale à la probité; si elle l'avait été tout i fait, A tard reuilu Is nature imuiorlelle. e( la mort, faute d'ouiiis& aurait eu vacance. Plûl à Dieu que. pour le salut i il fât encore vivant! Je crois ((ue la m^adie du roi sent déjA morte.
ITEU.
Comment appel* i boœme dont vous parler,
dame?
Il était fameux, mes* dans sa profession, et il l'âail à bien juste titre : Géra ; Narbonne ! AfS).
En effet, madame, ; ua homme supérieur; kni
parlait de lui tout récemment avec une admiration ^ ni regret profonds; grâce à son talent, il vivrait encore, si!i science pouvait s'opposer à la mortalité. BOTBiM).
Ouel est le mal, mon boa seigneur, qui fait languir 11 roi?
IJlFEU.
Une fistule, monseigneur.
BEBIRA-NT).
C'est la première fois que j'en eotends parler.
UFED.
La chose n'est que trop notoire. .. Est-co que cette dfiw
est la fille de Gérard de Narbonne?
U COMTE.SSB.
Son unique enfiint, monseigneur, et il l'a léguée in»
sgèhb l 191
. i*attend5 d'elle le bel avenir que son éducation pro^ it; elle hérite de dispositions qui embellissent les plus 9h qualités ; car là où les talents s'allient à une flme riMmnéte, ils deviennent des dons déplorables, ils Ae sont H que des vertus traîtresses; mais, en elle, ils sont kiQssés par la candeur ; elle a une loyauté naturelle qui bère son mérite.
LATEU.
Tbs éloges, madame, tirent d'elles des larmes.
U COMTESSE
ittte eau amère est la meilleure dont une jeune fille 886 assaisonner l'éloge reçu par elle... Le souvenir de i père n'approche jamais de son cœur sans que la tyrandu chagrin retire à ses joues les couleurs de la vie. ex, Hélène, allons, assez ; on pourrait croire que vous as paraître plus de douleur que vous n'en éprouvez.
HÉLÈNE
i je &is paraître la douleur, c'est que je l'éprouve.
LAFEU.
faie affliction modérée est une dette envers les morts ; une tleur excessive est l'ennemie des vivants.
u COMTESSE.
B les vivants combattent résolument la douleur, elle iirt vite de son excès même.
LÀFEU.
4iinment faut-il entendre cela?
BERTRAND
Itdame, j'implore vos saintes prières.
U COMTESSE
*^ Sois béni, Bertrand ! et sois le successeur de ton père —
tes actes, comme par tes traits ! que ta race et ta vertu —
Uspatent l'empire en toi, et que ta bonne grâce — égale
■NôaïaDoe. Aime chacun, ûe-toi à peu, — ne fris tort à
TOtT EST WKN Ol'l FISIT BI8S.
persouue. Arme-toi cootre ton eiiDemi — plutôt de que de violeoce. et ^rde ton ami — sous la clef<)eti;mpre yie ; qu'on te reproche de te iitire, — jamais de parler! Puisseut toutes les grâces nouTelles — que le ciel vouiln t'aci irder ou que mes prières pourront lui arrachct -pleuioirsuf ta lële! Adieu!...
1 Ufea.
Monseigneur, — c'est un courtisan tout novice : mon ba doooez-lui vos conseils.
kFxr.
U peut a<
e moo déTDuemealpocr
loi.
- Le ciel I(
Puissent les du pensée se laisser attei:
de ma mère, votre mall.v
DWnSSE.
lieu, Bertrand. —
D, i Bi\hM.
oubaits que peut forf^ nH par vous! So^ez la consolali* :-, et prenez grand soin d'elle.
LiFEl'.
Adieu, jolie dame. C'est à >ous de soutenir le renomJe votre père.
Benrand «l Lafea tonal HfcLÉKE, «enle.
— Oh ! s'il ne s'agissait que de cela ! . . . Je ne pense |» i mon père, — et d'augustes larmes ont fait plus d'boDonr à sa mémoire - que toutes celles que j'ai versées. Comraeni étail-il? — je Ini oublié ; mon imngînnlion - ne coiiMrw d'autre image que celle de Bertrand. — Je suis penlot' Non, il n'y a plus d'eiislenee possible, - si BertranJ'" loin de moi. .Autant vaudrait — pour moi aimer quelijM astre splendide — et songer à l'épouser : il est tellement"'" dessus de moi! - C'est lout au pi us à la lumière oblique* ses brillants rayons, - ce u'est pas à sa sphère que je puis