‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 201 sur 305 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

qiirer!... — L'ambition de mon amour en est le supplice : — la biche qui voudrait s'unir à un lion, — est condamnée '"^mourir d'amour. C'était si charmant, quoique si doulou- |hi, — de le Yoir à toute heure et d'ôtre assise à peindre — Éiaoorcils arqués, son œil d'aigle, ses cheveux bouclés — mt le tableau de mon cœur, de mon cœur trop avide — de ftique ligne, de chaque trait de son adorable visage ! - ■ab maintenant il est parti, et ma passion idolâtre — n'a phs qu'à sanctifier ses reliques... Qui vient ici?

Entre Paroles.

HÉLÈNE

— C'est un homme de sa suite; je l'aime à cause de lui, ^ et pourtant je le connais pour un insigne menteur, — je Ib tiens pour un sot presque complet, pour un couard ■dievé; — mais ce^ défauts invétérés lui vont si bien — 4|d'od leur fait bon accueil, tandis que la vertu est, jusque 4tt8 ses os d'acier, — transie par le vent glacial ; c'est ainsi ^ souvent nous voyons — le mérite indigent servir la ^iMueuse bêtise.

PAROLES

Dieu vous garde, belle reine !

HÉLÈNE

Et vous aussi, monarque !

PAROLES

Monarque? non.

HÉLÈNE

Reine? pas davantage.

PAROLES

Étiez-vous à méditer sur la virginité?

HÉLÈNE

Oui. Tous avez un vernis de soldat. Laissez-moi vous Ure une question. L'homme est Tennemi de la virginité : XMDmeDt pourrions-nous la barricader contre lui ?

Ifl locT EST wss wi nsn nn.

Oui, mais 3 refienti Tassaot: el. toute TaObnle ([u'ette eA dans la déiense, notre TÎigîiiîté est £uble. Réfâa-tt» dooc quelque puissaDl inorai de résî^anee.

PllOLES.

n o> eo a pts; rhomme, aoe fois ëlahli devant fooi, fera jouer la mine el TOUS fera sauter.

Le ciel préserve notre virgiaité des mines et des explosioQS ! !C> a-t-îl pas quelque stratagème militaire grke anqud les nefiges puissait faire sauter les hommes?

MIOLES.

La Tirgîoîté une fois à bas, lliomme n*eo sera que pi» vite en Taîr: mais, morbleu, quand il r^ombera à sontoor par la brèdie que fous aurez ouverte Tous-même, foes auret perdu votre cité. Dans la république de la nature, c'est chose impolitique de préserver la virginité. La perte de k virginité fait la richesse nationsle. Jamais vierge ne senk née. s*il n y avait pas eu d'abord une virginité perdue. U métal dont vous êtes faite est celui dont on fait les vierges. La virginité, en se perdant, peut se retrouver jusqu'à dix fois ; la conserver, c'est la perdre pour toujours. C'est one compagne trop froide : défaites-vous-en.

HÈLLXE.

Je veux attendre encore un peu, dussé-je m*exposer i mourir vierge.

PABOLES.

Il nj a pas grand*chose à dire en sa faveur, elle est contraire à la loi de nature. Parler à l'éloge de la virginité. c'est accuser votre mère : ce qui est la plus flagrante irrévérence. Autant se pendre que mourir vierge : la virginité se suicide ; elle devrait être enterrée sur les grands cbemioSi

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