‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 206 sur 305 · US CLOWN · texte numérisé non relu

US CLOWN

L'aSiedre d'Isabeau et la mienne. Service n'est pas héritage ; et je crois bien que je n'obtiendrai jamais la bénédiction de Dieu avant d'avoir une progéniture de mon corps; car, comme on dit, les poupons sont bénédiction.

scÉHi m. 'M3

n ta raiflOQ poar Toubir te marifli.

U CLOWN

HoD pauvre corps reiige» madame ( je suis patiatné par diair ; et il fout marcber quand le diable vous entraîne.

u Goirnssi.

8oDt-ce là toutes les raisons de Votre Révérence f

Ll cu>wi.

^ direTraiy madame, j'ai d'auties raisons t^Ias ipifllles, » raisons de piété.

u COMTESSE.

Le monde peut-il les connaître?

U auowN.

J'ai été, madame, une créature perverse, comme vous et ns ceux qui sont de chair et de sang ; et, en vérité, je me larie pour pouvoir me r^nlir . . •

U QoifrEasi.

De ton mariage bien plutôt que de ta perversité.

US GLDWl».

' h A'ai plus d*am|s, madan^e, et j'espàre en vmt par Hfomme.

U GOlfTESSE.

Dfâle ! ees amis-là sont des ennemis.

Ll CLOWN. '

Tous en jugez à la légère, madame. Ce sont des amis, et I grands amis ! Car ces coquins-là viennei^t faire pour moi

dont je suis las 1 Celui qui laboujre ma terre épai^ne mon telage et me laisse recueillir la récolte ; s'il me foit cocu,

le fois ma béte de somme. Celui qui console ma femme igné ma chair et mon sang ; celui qui soigne ma chair et on sang, aime ma chair et mon sang ; celui qui aime ma lair et mon sang, est mon ami : ergo^ celui qui baise ma mme est mon ami. Si les hommes pouvaient se résigner ^re ce qu'ils sont, il n'y aurait rien à eraindre dans le

204 TOUT EST BIBN QUI niflT BIEN.

mariage. En effet, le jeune GhariMn le puritain ^ leneox Poysam le papiste, tout différents que sont leurs oœon en religion, ont la tète pareille. Ils peuvent croiser leonoones aussi bien que tous les cerfs du troupeau.

u GoirressB.

Tu seras donc toujours mauvaise langue et caloamiateor, coquin?

U CLOWII.

Je suis prophète, madame, et je dis la Térité pir lepb court chemin.

Fredonnant :

Car je répéterai la baUade Qne tons troQTeront Téridiqoe :

Le mariage adfient par destinée; Le coacoQ chante par nature.

U GOMTBSSB.

Décampez, monsieur; je tous dirai deux mots tout I l'heure.

L'niTENDAirr, Youdriez-Tous, madame, lui dire d'appeler Hélène? Col d'elle que j'ai à vous parler.

U GOITTESSE.

Drôle, dis à ma dame de compagnie que je foodriis M parler; c'est Hélène que je veux dire.

U CLOWN, chanUnt.

Qaoi! dit-elle, est-ce là ce beaa risage qui fot caïue

Que les Grecs saccagèrent Troie?

Folle action I actbn folle I car Péris

Était la joie dn roi Priam !

Snr ce, elle sonpira en s*arrètanty Snr ce, elle soapira'en s*arrètanty

Et prononça cette sentence :

Poar nenf maaraises s'il en est nne bonne, Ponr nenf manTaises s'il en est nne bonne. C'est qn'il en est encore nne bonne snr dix.

actifi m. 205

u onmssi.

mX ! une bonne sur dix? vous corrompez la cban-

LR CLOWN.

nne femme sur dix ! je purifie la chanson, au connsse le bon Dieu rationner ainsi le monde chaque 'our ma part, je ne me plaindrais, pas d'avoir la femmes, si j'étais le recteur. Une sur dix! oui-dà, lit seulement nous naître une bonne femme à l'apte diaque comète ou à chaque tremblement de oterie humaine serait bien améliorée! Il serait plus Q homme de s'arracher le cosur que d'attraper une

U ooirnssB.

-ipous sortir, messire drôle, et feire ce que je vous le?

u CLOWN.

euflle qu'un homme puisse obéir aux commandeune femme, sans faire le mal ! . . L'honnêteté chez m ne pas être puritaine, elle se refuse à mal faire; i le surplis de l'humilité sur la robe noire d'un lépendant... Je pars, décidément : il s'agit de ir Hélène ici.

Le Qown tort.

U ODimSSSE.

m, j'écoute.

l'intendant.

I, madame , que vous aimez profondément Totre compagnie.

u GOIRESSB.

la foi : son père me l'a léguée ; et, à défaut d'autre indation, elle aurait par elle-même les titres les imes à tout l'amour que je lui porte. Je lui dois

S06 TOUT EST BIBlf OU! FINIT BŒN.

plus que je ne lui donne , eft j'entends lui donner plus qu'elle ne demandera.

l'intendant.

Madame» je me trouvais tout à l'heure beaucoup ptos pràs d'elle qu'elle ne i'eAt, je crois, désiré. Elle était seule, et se parlait à elle-même, transmettant ses r^lexioDS à m oreille, sans se douter, j'eee le jurer, que ses pardes pv* vinssent à une pensée ë^ngère. Son secret était qu'elle àmait votre fils : a La Fortune, disaitrelle, n'est point qm déesse, puisqu'elle a mis une telle difiKrence entre m deux conditions; l'amour n'est point on dien, puisque su pouvoir ne s'étend que là où les rangs sont é^ux; Uœ n'est point la reine des vierges, puisqu'elle a laisié mprendre sa pauvre guerrière, à la première attaque, sans h secourir ou sans vouloir payer sa rançoq, » Voilà ai qs'eb disait du ton le plus amèrement douloureux doRt JMHS vierge se soit exprimée deyftnt P)oi. J'ai cru qu'il était de mon devoir de vous apprendre ce^ au plus vite ; poiafB. quelque malheur pouvai^t arriver, vous êtes intéressée ik savoir.

lA GOMTJSSSEy

Vous avez agi honnêtement. Gardez cela pour vous; Uoi des présomptions me Tavaient fait soupçonner, mais elbs étaient si vacillantes encore que j'étais balancée entre b croyance et le doute. Je vous en prie, laissez-moi; renfe^ mez ce secret dans votre &me ; je vous remercie d^ lotre honnête sollicitude. Nous reparlerons de cela toot i l'heure.

Sort rintendtBt

— n en était ainsi de moi, quand j'étais jeune: - <le par la nature, telle est notre condition; cette épine^là est inséparablement attachée à la rose de notre jeunesse; — créatures de sang, nous avons eela dans le sang. - (Test

SGÈHB m. Wl

ht marque et le sceau de la vraie nature — qu'une énergique passion imprimée dans un jeune eœur. — Le souvenir de mes beaux jours passés — me rappelle les mêmes fautes. Oh! alors elles n'en étaient pas pour moi ! — Son regard an est languissant ; à présent je le vois bien.

Entre Hëlënb.

F HÈLÈNK.

1^ — Quel est votre bon plaisir, madame?

u GoirrKSSE.

Tous savez, Hélène, — que je suis une mère pour vous.

HtliNE.

honorable maltresse !

U COMTESSE

Hon, une mère. — Pourquoi pas une mère? Quand j'ai

;; une mète, — il m'a semblé que vous voyiez un ser-

i qu'y ft-t*U dono dans une mère — qui vous &sse tres-

'? Je répète que je suis votre mère, — et que je vous

an nombre de œux — que mes entrailles ont bits miens.

voit souvent, — l'adoption rivalise avec la nature : le

produit pour nous — d'une sraience étrangère

un rejeton naturel. — Vous ne m'avez jamais coûté

Ë maternelles douleurs, — et pourtant je vous témoigne I maternelle tendresse... — Dieu me pardonne, jeune il Estpce que cela te tourne le sang — que je me dise ta pMre? Comment se bit-il — que cette messagère orageuse Ihmlennes, — cette Iris aux changeantes couleurs encercle regard? -^ Quoil parce que vous êtes ma fille !

Pkroe que je ne le suis pas,

U COMTES^

«** le dÎB que je suis votre mère.

HÉLÈNE

FStfdon, madame : — le comte de Roussillon ne peut être frère! —Je suis d'humble, lui d'illustre origine. —Mes

208 TODT SST BIBN Om FINIT BlUf.

parents ne sont pas notables, tous les siens sont nobles. - Il est mon maître, mon cber seigneur; ~ je vis sa serrante, et je mourrai sa vassale. — Il ne doit pas ôtre monfr^!

u œvTES».

Ni moi votre mère ?

HÉLÈNE

— Vous êtes ma mère, madame? Plût à Dieu — (pourra que monseigneur, votre fils, ne fût pas mon frère) - qœ vous fussiez vraiment ma mère ! si même vous étiez notre mère à tous deux, — ce serait pour moi un bonheur qoi vaudrait le ciel, - pourvu que je ne fusse pas sa sœurIRe serait-il donc pas possible — que je fusse votre fille sans qu'il fût mon frère ?

lA GOMTESSE.

— Oui, Hélène, vous pourriez être ma belle-fille. - Nea vous garde d'une telle pensée ! Ces noms de fille el de mèn

— agissent tant sur votre sang... Quoi, toute pâle enooie!

— mes soupçons ont surpris votre affection. MainteoaDtje pénètre — le secret de vos goûts solitaires et je découvre la source de vos larmes amères. Maintenant il est d'une évi* dence grossière — que vous aimez mon fils... Ladissioolition même a honte — de contester la proclamation de h passion — et de dire que tu ne l'aimes pas. . • Tiens I tes joues l'avouent cet amour, et tes yeux, — le voyant si daiianeol révélé dans toutes tes manières, — l'expriment aussi dans leur langage ; seule, une coupable — et infernale destination enchaîne ta langue — pour empêcher que la vérité ne soit soupçonnée. Parle, cela est-il?— Si cela est, dévide-noos ce bel écheveau ; — si cela n'est pas , jure que je ffio trompe... Dans tous les cas, je te somme, — au nmàM. ciel, qui peut m'employer à ton bonheur, — de me dire ii vérité.

HÉLÈNE

Bonne madame, pardonnez-moi !

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