‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 217 sur 305 · PARQUES · texte numérisé non relu

PARQUES

Ouït Toilà I c'est ce que je dis aussi.

LAFKU.

Pour désespéré. . .

Justement, pour un homme assuré d'une...

LAFEU.

D'une vie incertaine et d'une mort infaillible.

PAROLES

C'est cela même ; j'allais le dire.

LAFEU.

Je puis dire vraiment que c'est une nouveauté pour l'uni-

PAROLES

Certainement; si vous en voulez la démonstration, vous Il lirez dans... Comment appelez-vous donc cet ouvrage-là?

LAFEU.

« La démonstration de la puissance céleste sur la scène terrestre. »

PAROLES

C'est exactement ce que j'allais dire.

LAFEU.

Ma foi, le Dauphin lui-même n'est pas plus vigoureux ; i^ parle sous le rapport. . .

PAROLES

Oui, c'est étrange, très-étrange ! le mot est bref, mais il %i|it toujours 7 revenir ; et il n'y a qu'un esprit profondé- ^^lent perverti pour ne pas reconnaître dans ceci...

E? WKM fQ ffisr m.

urac.

s'est —niiwtpft Fadion sadK Bûi...

Pj Ccstee ^Êit ftÊmën: ^oospifkKà meneflle. Toiô

unr.

T(Q«£ci3vd. sur m parole!.. Je m'engage àenaiflKr les jflsiKs iOes^. tant qa'Q me restera one deotdaDS h bcQche. Eh! nais îl est ca|iabk de danser aiec elle uoe

PllQUS.

Jftfrt Al fÎM^: n esKe p» U Hâène?

unr.

TneDîea! je le crois.

u HX.

~ Qii*on mande devant moi loos les seigneurs de h Cour!

Cb des gCBs 4e wiiie soit* AHâëM.

— Ma bienEùtrîte, assîeds-lQÎ à cMé de ton malade; et de cette main ngooreuse où ta as rappelé ~ la seositioD bannie, re{ots une seconde fois — la confirmation dena promesse — têtit, tn n'as pins qu'à choisir.

SG&NB VI. 227

kraot PLUSUCES Seigneurs qni se rangent de? ant le Trône, tandis foe Lafea et Paroles se retirent an fond do théâtre poor leor Elire place.

— Belle enfant, promène autour de toi tes regards; ce de jeunes — et nobles célibataires est à ma disposition;

j*ai sur eux la puissance souveraine et l'autorité paterle : — Cfliis ton choix librement ; — tu as le droit de choisir ils n'ont pas celui de refuser.

HÉLÈNE

— Que les chances de l'amour accordent à chacun de is une maltresse belle et vertueuse ! — Oui, à chacun de 18, hormis un seul !

LAFEU) an fond du théâtre, à Paroles.

— Je donnerais mon cheval bai, tout harnaché, — pour tre pas plus édenté que ces jeunes gens — et n'avoir pas Mrbe plus longue.

LEROI^ à Hélène.

Sxamine-les bien : — pas un d'eux qui ne soit de noble dl

HÉLÈNE

lessieurs, — le ciel a, par moi, rendu la santé au roi.

TOUS

— Nous le savons, et nous en remercions le ciel.

HÉLÈNE

•- Je suis une simple vierge, et ma plus grande richesse, je le déclare, est simplement d'être vierge. ~ S'il plaît à ve Majesté, je suis prête. — La rougeur, en montant à s joaes, me dit tout bas : — a Je rougis de ce que tu là choisir; mais, si tu éprouves un refus, — qu'une dur mortelle règne pour toujours sur ton visage ! — Moi, l'y reparaîtrai jamais. »

Fais ton choix , et , sache-le bien , — qoiconqae se soustrait à ton amour, se soustrait au mien.

HÉLÈNE

— Maintenant, ô Diane, je fuis tes autels, — et c'est Teis l'impérial Amour, ce dieu si puissant, — que se pressent mes soupirs...

Aa premier seigneur.

Monsieur, consentez-vous à écouter ma requête?

PREMIER SEIGNEUR

— Et à vous l'accorder.

HÉLÈNE

Merci, monsieur ! Je n'ai rien de plus à vous dire. -

EUe se tonrne vers le second seigneur.

LAFEU.

J'aimerais mieux courir la chance de son choix qoe^l^ jouer ma vie sur un coup de dé.

HÉLÈNE, an second seigneur.

— Monsieur, la fierté qui flamboie dans vos beaux jeo^» — avant même que j'aie parlé, m'a fait une décourageante réplique. — Puisse l'amour élever votre fortune vingt fois plus haut — que l'humble amour de celle qui fait poorvoQS ce vœu !

DEUXIÈME SEIGNEUR

~ Je n'aspire pas à mieux, si vous y consentez.

HÉLÈNE

Agréez mon vœu, — et puisse le grand Amour l'exaucer! sur ce, je prends congé de vous. —

LàFEU, an fond dn théâtre, à Paroles.

Est-ce qu'ils la refusent tous? S'ils étaient mes fils, je ks ferais fouetter, ou je les enverrais au Turc pour en iaire(to eunuques.

HÉLÈNE, au troisième seigneur.

— Me soyez pas effrayé si je prends votre main ; - j^

SGiRE VI. 229

ae trop pour vouloir vous nuire. — Que le ciel « désirs ! et pour votre lit — puissiez-vous trouver Jamais vous vous mariez ! —

lAFEU) tOQJoan ao fond da théâtre.

çons-li sont de glace, aucun d'eux ne veut d'elle : \ ils sont tous bâtards des Anglais ; ce ne sont pas ais qui les ont faits.

HillNE, ao quatrième seigneur.

i êtes trop jeune, trop heureux et trop noble oir un fils de mon sang.

LB QUATRIÈMS SQGHEUR.

rmante, je ne pense pas ainsi. —

LAFEUy montrant Bertrand.

) encore une bonne grappe. . . Je suis bien sûr que celui-là buvait du vin ; mais» s'il n'est pas un âne, 18 on jouvenceau de quatorze ans ; je le connais

HÊUbVE y à Bertrand.

'oae pas dire que je vous prends» mais je me livre» cas servir toute ma vie» — à votre souverain poulilà l'homme !

LBROI.

ns, jeune Bertrand» prends-la ; elle est ta femme.

BERTRAND

leomie» Sire ! j'en supplie Votre Altesse» — qu'elle itte, dans cette affaire» — de m'en rapporter à mes eux.

LE ROI

que tu ne sais pas, Bertrand, — ce qu'elle a fait T

BERTRAND

ion bon seigneur ; — mais je ne crois pas savoir je dois l'épouser.

*>30 TOOT KST BIEN QCl FINIT B1£H.

LEBCH.

— Tu sais qu'elle ma bit lever de mon lit de douleurs.

BKETRAND.

— Faut-il donc» mouseigueur, qu'elle me fasse desœndte

— parce qu'elle tous a fait lever ! Je la connais bien; elle a reçu son éducation aux frais de mon père : - la fille d'un pauvre médecin, ma femme!... que plutôt un opprobre — étemel me dégrade !

LE ROI

— Le titre qui lui manque pour être honorée par toi, je puis le créer ! Chose étrange que nos sangs divers -qui, pour la couleur, le poids et la chaleur, une fois versés pâ»méle, — n'ofinraient aucune différence, établissent eobe nous — de si Tastes distinctions ! Si die est — tout i fà Tertueuse et si tu la dédaignes par cette seule raisoD -* qu'elle est la fille d'un pauvre médecin, tu dédaignes -h vertu pour un nom. Va, n'agis point ainsi. — Quand èi actes vertueux procèdent d'un rang infime, — le rang «t eûDobli par la coûduite de leur auteur. — Être enflé detitres pompeux et manquer devenu, - c'est avoir rhonneurkjdropique. Le bien - est le bien, sans nom ; le mal demême.

— C'est par la qualité qu'il faut classer les choses, - nofl par répithète... Elle est jeune, sage et belle : -c'est là l'bérilage direct qu'elle tient de la nature, — et il constiW l'honneur. Il n'a de l'honneur que le rebut, - celui qui « prétend l'enfant de l'honneur — et qui ne ressemble pas i son père. L'honneur du meilleur aloi, — nous le dériTOOS de nos actes, — et non de nos aïeux. Quant au mot honntv, ce n'est qu'un esclave — prostitué à toutes les tombes! cW un trophée menteur- qu'on verra sur le moins dignesépulcre et qui trop souvent se taira — pour laisser la poussière et l'oubli maudit ensevelir - des ossements honorés! O'* te dirai-je? — Si la vierge te plaît dans celte créature, - j^

SGÉKK YI. m

pois créer le reste ; sa vertu et sa personne» — voilà la dot qu'elle apporte ; les titres et la richesse, voilà celle que je lui donne.

BERTRAND

— Je ne puis raimer, et je ne ferai pas d'efforts pour j parvenir.

LB ROI

— Td te ferais injure s'il te fallait un effort pour cela.

— Monseigneur, je suis heureuse que vous soyez guéri ;

— ne pensons plus au reste.

LE ROI

— Mon honneur est en péril ; pour le dégager, - je dois mettre en œuvre ma puissance... Allons, prends sa main,

— dédaigneux enfant, indigne d'un si beau don ;— toi qui accabler de tes insolents mépris — mon affection et mérite ; toi qui ne songes pas — que nous n'avons qu'à

jeter notre autorité dans la balance — pour que tu pèses moins qu'elle, et qui ignores — que nous pouvons transplanter tes dignités - pour les faire croître où bon nous smble ! Contiens tes mépris , — obéis à notre volonté, qui travaille pour ton bien ; — n'écoute plus ton orgueil ; et sur-le-champ — fais à tes intérêts cette concession d'obéisnoce — que ton devoir exige et que notre puissance rédame; — sinon, je te retire ma tutelle pour, t'abandonner à jamais — aux vertiges et aux dangers inévitables

— delà jeunesse et de l'inexpérience; et ma vengeance et ma haine, — au nom de la justice, se déchaîneront contre loi — sans pitié. Parle. Ta réponse!

BERTRAND

— Pardon, mon gracieux seigneur ! Je soumets — mon goAt à vos yeux. Quand je considère — quelles vastes créations et quel essaim d'honneurs — vous pouvez évoquer d'un signe, alors, celle qui naguère - tenait une plaçai si

232 TOUT EST BIEN QUI FIlflT BIEN.

infime dans ma pensée trop Gère, devient —grâce aux éloges du roi» aussi noble — que si elle l'était de naissance.

LE ROI

Prends-lui la main, — et dis-lui qu'elle est tienne. Je lui promets — une fortune à la hauteur, — sinon au-dessosde ton rang.

BERTRAND

Je prends sa main.

— Que le bonheur, ainsi que la Coiveur du roi, - sourie à ce contrat ! La cérémonie — nécessaire pour consacrer ce pacte nouveau-né — sera accomplie dès ce soir. Quant à la fête, — elle sera ajournée — jusqu'à la veoue des parents absents. Si tu l'aimes, — tu prouveras à ton roi ta dévotion ; sinon, ta désobéissance. —

Sortent le roi, Bertraod, Hélèoe, les seigneo^^ et les gens deairviei.

LÂFEU, à Paroles.

Écoutez, monsieur ; un mot !

PAROLES

Que désirez-vous, messire ?

LAFEU.

Votre seigneur et maître a bien fait de se rétracter.

PAROLES

Se rétracter ! Mon seigneur et mattre ?

LAFEU.

Oui ; est-ce que je ne parle pas un langage intelligible^

PAROLES

Un langage fort rude et qui ne peut s'entendre sans efb* sion de sang. Mon maître !

LAFEU.

Seriez- vous l'égal du comte de RoussiUon ?

PAROLES

De quelque comte que ce soit, de tous les comtes, i^ n'importe quel homme !

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