‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 219 sur 305 · SCÈNE Y · texte numérisé non relu

SCÈNE Y

PAROLBS.

Je supplie décidément Votre Seigneurie de td'épargner ses outrages. Le comte est mon cher seigneur; mais mon seul maître est cdui que je sers lè-haut.

LÂFEU.

Qui? Dieu?

PAROLES

Oui» monsieur.

LÂFEU.

C'est le diable qui est ton mattre. Pourquoi noues-tu tes bras de cette façon et fais-tu de tes manches un haut de chausses? Les autres valets font-ils ça? Tu ferais aussi bien de mettre ta partie inférieure où est ton nez. Sur mon honneur, si j'étais plus jeune seulement de deux heures, je te battrais. Il me semble que tu es un scandale public, et que tOQt le monde devrait t' étriller. Je crois que tu as été créé exprès pour que les hommes se lAchent sur toi.

Ce traitement est dur et immérité, monseigneur.

LAFEU.

Allons donc, monsieur! vous avez été battu en Italie pour avoir soustrait un fruit d*un grenadier ; vous êtes un vagabond et non un honnête voyageur, vous êtes plus familier avec les seigneurs et les gens de qualité que le blason de fotre naissance et de votre mérite ne vous y autorise. Vous ne méritez pas un mot de plus, sans quoi je vous appellerais manant! Je vous laisse.

llsort.

Kntre Birteand.

PAROLES

Bien, très bien! ah ! c'est comme cela... Bien, très- bien ! IKssimulons la chose pour quelque temps.

BERTRAND

' Perdu et condamné è d'étemels soucis !

236 TOUT EST filRN QUI FimT BIEN.

PAROLES

Qu'avas-vous, cher cœur?

BERTRAND

— Quoi que j'aie juré tout à l'heure devant le prêtre solennel» — je ne l'admettrai pas dans mon lit.

PAROLES

Quoi? quoi donc, cher cœur?

BERTRAND

— 0 mon Paroles, ils m'ont marié ! ~ Je pars pour la guerre de Toscane ; jamais je ne l'admettrai dans mon lit !

PAROLES

— La France est un chenil, elle ne mérite pas - d'être foulée par un homme. A la guerre !

BERTRAND

— Voici des lettres de ma mère ; quel en est le contenu, - je ne le sais pas encore.

PAROLES

— n serait bon de le savoir. En guerre, mon enfont, ea guerre ! — Il tient son honneur caché dans une botte, celui qui reste au logis à étreindre sa femelle légitime - et à dépenser dans ses bras la moelle virile — avec laquelle il soutiendrait si bien les bonds et le Ger élan — de l'ardent coursier de Mars. A d'autres régions ! — La France est une étable ; et nous qui y demeurons, des rosses. - Ainsi, en guerre!

BERTRAND

— Oui, il le faut. .. Je la renverrai chez moi ; — j'informerai ma mère de mon aversion pour elle — et de la cause de ma fuite ; j'écrirai au roi — ce que je n'ai pas osé lui dire. Le don qu'il vient de me faire — va m'équiper pour cette campagne italienne - oii combattent tant de noUa^ gens. La guerre, c'est le calme, — à côté du sombre inté* rieur que nous fiut une femme détestée !

SGÉNK VU. 237

PAROLES

— Ce caprice te durera-t-il? en es-tu sûr?

BERTRAND

— Viens avec moi dans ma chambre, tu me conseilleras. - Je veux la renvoyer sur-le-champ. Demain, — nous parvis, moi, pour la guerre, elle pour sa triste solitude.

—Ah ! voilà les balles dont j'admire le bond; c'est là la nue musique. . . C'est trop dur ; — un jeune homme marié B peut-être qu'un homme marri! — En route donc, et gàttBÊrlà bravement, allez ; — le roi vous a fait outrage. . . lais chut ! c'est comme cela ! -

Ils sortent.

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