‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 239 sur 305 · SCÈNE XVU · texte numérisé non relu

SCÈNE XVU

que de la perdre. Ainsi c*est votre propre prudence — qui ■18 donne l'honneur pour champion - contre vos vaines attaques.

BERTRAND

Eh bien, prends mon anneau. — A toi mon honneur» BM maison, ma vie môme! — Je me laisse commander par toi.

DIANA| preoaDt la bagne qae lai remet Bertrand.

— Quand viendra minuit, frappez à la fenêtre de ma chambre. — Je ferai en sorte que ma mère ne puisse entendre. — Mais je vous somme au nom de la loyauté, — Ma que vous aurez conquis mon Ut encore vierge, — de n'j mtor qu'une heure et de ne pas me parler. — J'ai pour cela im Taisons les plus puissantes ; et vous les connaîtrez, —

(àmqiie cette bague vous sera restituée... - Cette nuit je

i i votre doigt — un autre anneau qui, dans la suite

temps, — devra attester à l'avenir notre union passée.

«- Adieu jusque-li. Ne manquez pas. Vous avez conquis —

me épouse en moi, tout en m'ôtant l'espoir de Tétre.

BERTRAND

— Cest le ciel sur la terre que j'ai conquis, à tes geoouxl

IlsorL DIANA, seule.

— Puissiez- VOUS vivre assez pour en rendre grâces au ciel et A moi! — Vous pourriez bien finir par là... - Ma mère

*avait dit la manière dont il me ferait la cour, — comme

i elle avait été dans son cœur. Elle dit que tous les hom-

—ont les mêmes serments. Il a juré de m'épouser, —

^aMod sa femme serait morte; et moi, je consens i reposer

-frta de lui, — quand je serai enterrée. Puisque ces Français

aoDt si trompeurs, — se marie qui voudra ! Je veux vivre

al mourir vierge. — Toutefois , je ne vois aucun mal — i

tricher, sous ce déguisement, un gagnant déloyal. —

EUe sort.

sH tmrr n im oi)i Rmt biek.

■ scfiNE Tna.

[Une leote dan* le camp Oor«atin- Sur nne table, nu QambAaa lUua^.} Eetrent 1m deox skignclus fkançab, «nim da dem on trou

FAEUIER SDGXEUR.

Est-ce que vous oe lui aiez pas douaé la lettre de il mère?

WEDXIÉSE SEIGÎÎEUR.

Je la lui ai remis il j a une heure ; it ; a dedans qaà-

quechosequi a sec outsuaètre: car, après t'avoirlud

il estdeveuu presque tre liomme.

r SEIUHEIR.

Il s'est attiré un bUiim ujcritti eD repoussant uoe ëjjoom

ci boaae, une si gracieuse dame.

DEi;}(l£XE SEIGNELlt.

Il a encouru spécialement l'éternel déplaisir du roi.qai «urHit tiré pour lui de sou harmonieuse bonté toutes b mélodies du bonheur. Je vais vous dire une chose, lutii vous la garderez téoébreusement pour vous.

PREMIER SEiliMU'R.

Quand vous l'aurez dite, elle sera morte et j'en serai le tombeau.

bEUXI^ SEIG>(EUB.

I) a corrompu ici, h Florence, une jeune dame da |^iB chaste renom, et cette nuit il aesouvil sa passion par la spohatioD de son honneur : il lui a donné son anneau bér^ taire, et il se croit le pins fortuné des hommes par cet ioiptf compromis.

PREMIER SSiCNBIR.

Ah! Dien nous garde de nos propres réroltes! Quand «v sommes nous-mêmes, que sommes-nous !

SCÈNK XViU. tlh

DEUXIÈME SEIGITfiUK.

Des traîtres à nous-mêmes. Et comme, dans le cours ordinaire des complots, nous voyons toujours les conspirateurs s'entretenir de leurs espérances jusqu'à ce qu'ils atteignent leur but abhorré, lui, de même, lui qui dans cette action conspire contre sa propre noblesse, il laisse déborder son secret.

PREMIER SEIGNEUR

N'y a-t-il pas en nous une arrière-pensée bien damnable i trompetter ainsi nos intentions illégitimes?... Alors nous n'aurons pas sa compagnie ce soir ?

BEUXIÈMS SEIGNEUR.

Ce ne sera qu'après minuit ; car il est rationné à une heure fixe.

PREMIER SEIGNEUR

Et cette heure approche rapidement... Pourtant j'aurais élé bien aise qu'il assistât à la dissection de son compagnon. Il aurait pu ainsi avoir la mesure de son propre jugement, qoi a apprécié si haut oe héros de faux aloi.

DEUXIÈME SEIGNEUR

Nous ne nous occuperons pas de cet homme avant que le comte arrive ; car sa présence doit être le crève-cœur du misérable.

En attendant, que savez- vous de la guerre?

DEUXIÈME SEIGNEUR

J*ai ouï dire qu'il a été fait des ouvertures de paix.

PREMIER SEIGNEUR

Pour cela» je puis vous l'assurer, la paix est conclue.

DEUXIÈME SEIGNEUR

Que va Caire le comte de Roussillon alors? Va-t-il voyager aiUeiirB 09 retourner en France?

PREMIER SEIGNEUR

Je m'aperçois à cette demande que vous n'êtes pas tout à fait dans sa confidence.

DEUXIÈME SEIGNEUR

A Dieu ne plaise» monsieur! J'aurais une trop grande complicité dans ses actes.

PREMIER SEIGNEUR

Il y a quelque deux mois, monsieur, sa femme a fui de son château, sous prétexb^ d'un pèlerinngn à Saint -Jacquesle-Grand. sainte entreprise qu'elle a accomplie avec la plos austère dévotion ! Pendant qu'elle résidait là, la délicatesse de sa nature est devenue la proie de sa douleur. Enfin, elle a rendu dans un gémissement le dernier soupir, et maintenant elle chante au ciel.

DEUXIÈME SEIGNEUR

Comment cela a-t-il été prouvé?

Principalement par ses propres lettres qui certifient son histoire jusqu'au moment de sa mort. Sa mort elle-même, qu'il ne lui appartenait pas de raconter, est fidèlement aiB^ mée par le curé de l'endroit.

DEUXIÈME SEIGNEUR

Le comte a-t-il ces nouvelles?

PREMIER SEIGNEUR

Oui, avec toutes les particularités, avec les moindres détails dont puisse être armée la vérité.

DEUXIÈME SEIGNEUR

Ce qui m'attriste Cordialement, c'est qu'il sera satisfait de cela.

PREMIER SEIGNEUR

Avec quelle hâte nous nous faisons parfois des oonsolitions de nos malheurs !

DEUXIÈME SEIGNEUR

Avec quelle hAte, parfois aussi, nous oojoos notre boo-

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