‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 265 sur 305 · R08AUNE · texte numérisé non relu

R08AUNE

Belle chance à la face qu'il couvre I

BlRON.

-^ Le ciel vous envoie beaucoup d'amants 1

ROSALCfB.

— Amen ! pourvu que vous n'en soyet pas un !

BIRON

-* Aucun danger I Je me retire.

LB ROI 9 A la princesse.

— Madame, votre père nous parle ici— d'un payement de cent mille écus — qui ne sont qu'une moitié de la iomme — que mon père a déboursée pout lui dans ses

guerres. — En adniettant (ce qui n'est pas) que le feu roi ou moi — ayons reçu cette somme, il reste encore à payer

— cent mille autres écus ; c'est en garantie de cette dette — que nous détenons une partie de l'Aquitaine, — quelque inférieur que soit ce gage à la valeur représentée. —Si donc le roi votre père veut seulement nous rembourser— la moitié qui reste à solder, — nous renoncerons à nos droits sur l'Aquitaine, — et nous maintiendrons une alliance amicale avec Sa Majesté. —Mais il ne paraît guère que telle soit son intention, — car il réclame la restitution — de ces prétendus cent mille écus, au lieu de s'offrir, —par un payement de cent mille écus, — à racheter pour jamais ses droits sur l'Aquitaine. —Quant à nous, nous aurions mieux aimé céder cette province, — en recouvrant la somme prêtée par notre père, —que de garder l'Aquitaine mutilée comme elle l'est.

— Chère princesse, si la demande de votre père n'était pas si éloignée — de tout compromis raisonnable, votre beauté aurait obtenu — des concessions, même peu raisonnables, de mon cœur, — et vous seriez retournée en France parfaitement satisfaite.

U PRINCESSE

— Vous faites trop d'injure au roi mon père, —trop d'injure à votre propre renommée, —en vous refusant ainsi à accuser réception — de ce qui a été si fidèlement payé.

LE ROI

— Je proteste que je n'ai jamais ouï parler de ce payement; — si vous pouvez le prouver, je suis prêt à restituer la somme — ou à céder l'Aquitaine.

U PRINCESSE

Nous vous prenons au mot. — Boyet, vous pouvez produire les quittances — données, pour cette somme, par les officiers spéciaux — de Charles, son père.

LE ROI

Donnez-moi cette preuve.

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