‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 275 sur 305 · SCÈNE ^I · texte numérisé non relu

SCÈNE ^I

Qa'éunt déesse, mon renonoemept ne s'sdresse pss k toi. Mon TOBU était tout terrestre, tu es mi eéleste amoar. Ta grâce obtenoe me gaérit de tonte disgrâce.

Un ?œn n'est qn'un souffle, le sonffle n*est qn*nne Tapenr : Aussi, beaa soleil qui brilles sur ma terre, Aspires-tu mon vœu à toi ; en toi il s*est absorbé ; S*il est rompu, ce n*est pas ma fiante.

Et, quand ce serait ma faute, quel fon n'est pas asseï sage Ponr sacrifier un serment afin de gagner nn paradis î

BIRON, à part.

— Voilà bien cette affection bilieuse qui bit de la chair une diTinité, — une déesse d'une jeune oie ! Pure, pure idolâtrie ! — Dieu nous amende ! Dieu nous amende ! Nous sommes bien loin du droit chemin.

Entre Du Mainb, nn papier à la main.

LONGUevnJiB.

— Par qui enverrai-je ceci?... Quelqu'un! Rangeonsnous.

Il se place à l'écart.

BIRON9 à part.

— Cache-cache général ! Nous jouons au vieux jeu des enftints ! — Gomme un demi-dieu» je suis niché dans les nues — et je contemple de haut les secrets de ces misérables fous. — Encore un sac au moulin ! O ciel ! mon désir est exaucé ! — Du Maine aussi est métamorphosé !... Quatre béca&es dans un plat !

DU HAnou

— 0 divine Cateau !

BlRON, à part.

0 profane faquin !

miMAraK.

— Par le ciel ! la merveille des yeux mortels !

BIRON, à part.

— Tu mens. Par la terre ! elle a un corps bien matériel !

DU MAINE

— Près de ses cheveux ambrés Fambre môme devient terne!

BffiONy A pan.

— Un corbeau couleur d'ambre mérite d'être noté.

DU MAINE

— Droite comme un cèdre !

BIRONy à part.

n faut en rabattre. — Elle a l'épaule en mal d'enfant.

DU MAINE

Éclatante comme le jour !

BIRON, k part.

— Oui, comme certains jours où le soleil ne brille pas.

DU MAINE

<- Oh ? si mon désir était exaucé !

LONOUEVnXE, à part.

Et le mien !

LE ROI, à part.

— Et le mien aussi, mon Dieu !

BIRON, A part.

" Amen, pourvu que le mien le fût !... Yoilà une bonne prière!

DU MAINE

. — Je voudrais Voublier ; mais elle est la fièvre — qui ràgni daps mon sang, et force m'est de penser à elle. *

BIRON, A part.

— Si c'est une fièvre que tu as dans le sang, une simpk saignée — te la fera jaillir dans une saucière. L'excellent< lubie !

DU MAINE

-* Relisons encore une fois l'ode que j'ai écrite.

9ctn VI. 379

BIRON, à part.

— Vojoos eooore une fois comment Tamour vane ses formules.

DU MAINE, Hwiit.

Ud joar (hélas I joor foneste !) L*Amoar, dont le mois est an mai éternel, DécooTrit nne fleor raTissante 8e jouant dans l*air Tolaptaeoi :

Entre set péules velontées la brise.

Invisible, se frayait un (Mssage ; Si bien qne Tamonranx, malade à mourir. Se prit à envier cette haleine du ciel. Brise, dit-il, tn peax t*épancher h plein soaflle ; Brise, qne ne pnis-je triompher comme toi I Mais, hélas I ma main a jnré, ô rose. De ne jamais te cneillir à ton épine I Serment, hélas I bien dnr poar la jennesse Ooi aime tant à cneillir les tenteurs l Ne n'accnse pas d*on péché Si je me parjure pour toi, Toi près de qai Jupiter jurerait Que Junon n'est qu*une Éthiopienne, Toi pour qui, voulant se faire mortel, 11 aienit être Inpiter !

— Je vais envoyer ceci , avec qudqoe chose de plus dair, — pour exprimer la douleur sincère de mon famélique amour ! —Oh ! plût au ciel que le roi, Biron et Longue- Tille — fussent amoureux aussi! Leur faute, senratH d'exemple à ma faute, — eflacerait de mon front le stigmate do parjure. —Nul, en effet, n'a tort quand tous radotent.

LDNGUEVniiLE, s*avançaot spr la scène.

— Du Maine, ton amour n'est guère charitable— de souhaiter des compagnons de douleurs ; — tu peux pftiir h ton aise, mais moi je rougirais — d'avoir été entendu et surpris dans une pareille défaillance.

LB ROI, s*aran(aAt rers Longneville.

— Allons, monsieur, rougissez! Vous êtes dans le même

380 ft.iSlLS D'-UtOUa rSODl'Eâ.

cas que lui ; — en le grondaut vous vous rendez demi plus coupable. - Noo, vous n'aimes pas Maria ! LonpjCT n'a jamais composé de sonnet h sa louange ! -Jamais il croisé ses bras sur - sa poitrine, pour comprimer élans amoureux de son cœur ! -Tout h l'heure, enfoui crètement dans ce taillis, - je vous ai observés et rougi pour vous deux. — J'ai entendu vos rimes coupab remarqué votre contenance ; — j'ai vu les soupirs s'exhl de vous, et trop bien noté vos transports. — Hélas ! di l'un ! 0 Jupiter. --'""' "autre! — L'un vantait des cbn d'or, l'autre cristal.

-Vous éùez ^iui ir le paradis à violer votre foi el vœuxl

À. Da MiÎDQ.

- Et Jupiter, ] votre Wen- aimée, enfreindrait serment! - Que d lironen apprenant- que vousi faussé la foi, jurée avec tant de ferveur! — Comme 1 vous railler ! Quelle dépense d'esprit il va faire ! — Cou il va triompher, ssuler d'aise et rire! — Pour tous les sors que j'ai jamais vus, — je ne voudrais pas qu'il en autant sur mon cœur.

- Montrons- nous maintenant pour O^eller l'hj crisie.

Il deKcnd de l'ubre «t l'adraua m ni

- Ah ! mon cher suzerain, pardon ! — Avez-voos t» grice h reprocher — leur amour k ces vermisseaux, tc tendre cœur, qui êtes le plus amoureux de tous?— Vos mes ne sont-elles pas autant de chars — où apparaît to brillante certaine princesse ? - Tous ne voudriez pas v parjurer, c'est une chose abominable ! — Quant i faire sonnets, bah ! c'est bon seulement pour des ménestre

— Quoi ivous n'avez pas honte? Non, vousn'avezpasbw:

—vous trois, d'être ainsi attrapés !

SCÉN£ Yl. 381

Montrant Da Maine à Longoeville.

—Vous avez vu la paille dans son œil, et le roi l'a vue dans le vôtre; — mais moi j'ai découvert la poutre dans l'œil de vous trois. — Oh ! à quoi ai-je assisté ! A quelle scène de folie, — de soupirs, de gémissements, de douleur, de désolation ! — Ob ! de quelle patience j'ai fait preuve, — pour voir si tranquillement un roi transformé en bourdon, — le grand Hercule pirouettant une ronde, — le profond Salomon entonnant une gigue, - Nestor jouant à la poussette avec les enfants, — et Timon le censeur s'amusant avec des joujoux ! — Où est ton mal, ob ! dis-moi, bon Du Maine ? — Où souffres-tu , gentil Longueville ? — Où souffre mon roi? Tous, dans la poitrine! — Holà! du gruau !

LE ROI

Ta raillerie est trop amère. — Nous sommes-nous donc ainsi trahis sous tes yeux ?

— Ah ! ce n'est pas vous qui êtes trahis, c'est moi, moi qui suis honnête, moi qui croirais pécher, —si je rompais le vœu auquel je me suis engagé. —Je suis trahi, pour m'être associé — avec des lunatiques, avec des hommes d'une si singulière inconstance ! — Quand donc me verrez- TOUS écrire une rime? — ou geindre pour une Jeanneton ? ou dépenser une seule minute — à m'attifer ? Quand donc m'entendrez- vous — vanter une main, un pied, un visage, un regard, — un port, une prestance, un front, une gorge, one taille, — une jambe, un membre?

LE ROI

Tout doux ! Pourquoi vous emporter si vite ? — Est-ce un honnête homme ou un voleur qui prend ainsi le galop ?

BIRON

— Je me sauve de l'amour; bel amoureux, laissez-moi passer!

382 PEÎIVES D'AMOCR PERDUES.

Entrent Jàcquinbttb et Trognk.

JAGQUINETTE, nne lettre à la main.

— Dieu bénisse le roi !

LE ROI

Quel présent apportes-tu là T

TROGNE. '

— Une trahison certaine.

LE ROI

Ou*est-ce que ùiit la trahison ici ?

TROGXE.

~ Elle n'y fait rien» seigneur.

LE ROI

Si elle ne fait rien de mal, — la trahison et vous deux, TOUS pouvez vous en aller en paix.

JAGQUINETTE, montrant la lettre au roi.

—Je supplie Votre Grâce de faire lire cette lettre ; — notre curé la suspecte ; il a dit qu'il y avait trahison.

LE ROI

. Biron, lis-nous-la.

Biron prend la lettre.

À Jaoqninette.

— De qui la tiens-tu ?

JACQUINETTE.

De Trogne.

LE ROI, à Trogne.

— Et toi, de qui la tiens-tu ?

TROGNE

De don Adramadio ! don Adramadio !

Biron déchire la lettre.

LE ROI

— Eh bien ! qu'as-tu donc? Pourquoi déchires-tu cette lettre?

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