SCÈNE VL
LB ROI
— Nais à quoi bon cette discussion ? Ne sonunet-noot pas tous amoureux?
wm.
— Ob ! certainement, et par conséquent tous parjures.
LB ROI
— Laissons donc là ce Terbiage; et toi, bon Biron, prouvenous — que notre amour est légitime et que notre foi n*est ptSTÎolée.
DO MAINE
— C'est cela, morbleu... Vite un palliatif pour notre iaute.
LONGUEVULE.
— Ob ! un argument pour autoriser notre conduite ! — un sopbisme, une argutie è attraper le diable !
DU MAINE
— Quelque baume pour le parjure !
BmoN.
Ob I nous en avons plus qu'il n'en faut ! — Attention donc, bommes d*armes de l'amour ! — Considérez ce que vous aviez juré : — jeûner, étudier et ne pas voir de femme!
— Autant d'aUentats notoires contre la royauté de la jeunesse. — Dites-moi, pouvez-vous jeûner? Vos estomacs sont trop jeunes, — et l'abstinence engendre les maladies.
— En jurant d'étudier, messeigneurs, — cbacun de vous a abjuré le vrai livre. — Pouvez-vous méditer toujours, rêver toujours, contempler toujours? — Comment parviendriezfous, Sire, et vous, seigneur, et vous, — à découvrir ce qui est l'essence de l'étude, — sans la beauté d'un visage de femme? — C'est des yeux mêmes des femmes que je tire eetle science suprême : — elles sont le fond, elles sont les livres et les académies — d'où jaillit le vrai feu prométbéen.
— Ab! les excès de l'étude étouffent — dans les artères les tiprîts subtils de la vie, — de même que le mouvement et
l'ortioti Irop prolon^^ûii t'iiuiseal - la nerveuse «énergie dtt voyageur. - En promettant de ne pas regarder an visage de femme, - vous aviei abjuré l'emploi de vos jeui. - (t l'étude mémo, objet de vos semieals. - Or quel esll'aateur au monde — qui vous enseignera la beauté aussi bies qu'un regard de femme? - i^ science n'est qu'accessoîiri è nous-mêmes; - et partout où nous sommes, note science est avec nous. - Si donc nous nous voyons daÉ les yeux d'une femme, — est-ce que nous n'y voyons m aussi noire science? — Oh ! nous avons fait le vœu d'éU^ dicr. messeigneurs, — et par ce vœu nous avons abjorf nos vrais livres. — Dites-moi en effet, vous. Sire, ou vonif seigneur, nu vous. - auriez-vous jamais sous le plombj» la contemplation trouvé ~ cette poésie enflammée dont l'ai inspirateur — d'une belle tutrice vous a prodigué kl trésors? — Les autres sciences restent inertes dans le mn veau, - et, pratiquées stérilement, — accordent à peine oat moisson au plus pénible travail, — Mais l'amour ensei^ parles yeui d'une femme — ne reste pas muré dans il cerveau; - avec la mobilité de tous les éléments, - il» répand, rapide comme la pensée, dans chacune de dos facultés ; - à toutes nos forces il donne une force double, en surexcitant leur action et leur pouvoir. — Il prête ani yeux une précieuse seconde vue : — l'aigle s'aveuglerait plus vite que l'amant. — L'ouie de l'amant percevra le son le plus faible — qui aura échappé à l'oreille soupçonneoss du voleur. — l£ tact de l'amour est plus délicat, plus sensible — que ne le sont les cornes si tendres du lima^nl coquille. - Près de l'amour, le friand Bacchus a le goât grossier. — Pour la valeur, l'amour n'est-jl pas un Hercule, — toujours pr5l à grimper aux arbres des Uespérides? - Subtil, il l'est autant que le sphinx; suave et mélodieux, il l'est autant que la lyre spleadide d'Apotloo. lyaul pour cordes les cheveux divins t — Et quand l'amoar pirle, kl