‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 280 sur 305 · SCÈNE Yir · texte numérisé non relu

SCÈNE Yir

Cda réjouit mon intellect : véritable trait d'esprit!

PHALtoB.

Déeoehé par un enfuit à on vieillard qui a l'esprit cadoc.

HOLOPHOUIE.

Tu raisonnes comme un bambin : va fouetter ton sabot.

PHAilms.

PrètCHnoi votre corne pour en &ire un, et je fouetterai votre ignominie dreum cirea. Quel sabot on ferait d'une corne de cocu !

TR06NB» à Phalèoe.

- Je n'aurais qu'un sou au monde que je le donnerais pour f acheter du pain d'épice.

Loi donnaiit nue neirae pièce*

Tiens ! voici la rémunération même que j'ai reçue de ton maître. C'est pour toi, tirelire d'esprit, œuf de pigeon de discernement. Oh ! si les ^eux avaient voulu que tu fusses seulement mon bAtard ! Quel père joyeui tu ferais de moi ! Ah ! l'esprit te va comme un gant ; tu en as jusqu'au bout des ongles.

HOLOPHEHNK.

Ah ! je sens là du faux latin : comme un gant au lieu de eum ungue.

âRMÂDO, prenant à part Holophone.

Homme ès-arts, prctambula... Séparons-nous des barbares... N'est*ce pas vous qui élevez la jeunesse à l'école gratuite qui est au haut de la montagne?

HOLOPHERNB.

Tous voulez dire mons, la colline.

ARIIÂDO.

Comme il vous plaira, va pour mons au lieu de montagne.

HOLOPHKRNE.

C^est moi, sans contredit

ARKADO.

Monsieur, c'est le très-gracieui plaisir et caprice du roi de ooDgrttuler la princesse à son pavillon, dans |e postériaur du jour que la vile multitude appelle après-midi.

HOLOPHERNE

Il La' postérieur du jour» tràs-génëreux seîgnear, ast une

expression fort bienséante, congrue et adéquate à Taprèsmidi. Le mot est bien trié, bien choisi, harmonieux et juste, je vous assure, monsieur, je vous assure.

ARMADO.

Monsieur, le roi est un noble gentilhomme, et mon intime, mon excellent ami, je vous assure. Je ne vous parierai pas de la familiarité qui existe entre bous«»» <i Paada cérémonie, je t'en conjure... Couvre-toi lecb^, je t'en supplie... » Voilà ce qu'il me dire au milieu de la conversation la plus importante et la plus sérieuse, oui, la plus importante 1. .. Mais passons U-dessus... Au surplus, je dois voua affirmer, sur rhooneor, qu'il arrivera parfois à Sa Majesté de s'appuyer sur ma pauvre ép^iule et de caresser de sa main royale mon excrément capillaire, ma moustache... Passons

i là-dessus encore, mon très-cher... Non, sur l'honneur, ce

n'est pas une fable que je vous raconte. U plaît à Son Altesse de conférer certains honneurs spéciaux à Annado, uii guerrier, un voyageur qui a vu le monde. Passons là-dessus... Le résumé de tout ceci (mais, moi^ très-cher, j'implore de vous le secret), c'est qu0 )e roi ij^'a prié d'offrir à la princesse, chère poulette! quelque divertissant spectacle, pantomime, mascarade, parade ou feu d'artifice. Or, ayant appris que le curé et votre cher individu excellent à ce$ improvisations, à ces soudaines explosions de la gaieté, pour ainsi dire, je yiens m'aboucher avec vous, dai^s le but d'ipiplorer votre assistance.

HOLOPHERNS.

Seigneur, vous ferez représenter devant la priucesse les

SGÉNK VIK 395

Neuf Preux... Messire NMbaoi^l» il s*agit d*uije fête, d'uu spectacle qui, par l'ordre du roi et sur la demunëe de oe galanty illustrée! savant gentilhomme, doit être, avec notre assistance, offert à la princesse dans le poslérie ur de oe jour. Je dis qu'on ne peut représenter rien de mieux que les Neuf Preux.

NÀTHAMIIL.

Mafe où trouver des hommes assez preux pour les représenter dignement ?

HOLOPHlimi.

Vous ferez Josué ; vous, ou ce galant gentilhomme. Judas Machabée.

Montrant Trogne.

Ce rustre, en raison de la grandeur de ses membres ou jointures, jouera le grand Pompée, et le page. Hercule.

ARMÀDO, montrant Pha1è>ne.

Pardon, monsieur, vous faites erreqr ; le page n'a p^is assez de volume pour représenter seulement 1^ gouce du h^^"ro6 ; il n'est pas aussi gros que le bout de sa massue.

HOLQPBpirs.

Obtiendrai-je audience? Il jouera Hercule <)4p|| w QÛno^ rite ; son entrée et sa sortie consisteront à étrangler le serpent , et je composerai une apologie pour cela.

raxiiNB.

Excellente idée ! En sorte qye, si quelqu'un de l'audiloire me sifDe, vous pourrez crier : « Bravo, Hercule! c'est pour le coup qu^ tii écr^se^ le serpent. » Voilà le moyen de tirer avantage d'un affront, et c'est un don que peu de gens possèdent.

ARMADO.

Et pour )e reste des Preux ?

HOLOPHÏRNE.

J'eq jouerai trois è moi tout seul.

ri t

396 PEINES D'AMODE PEBDUES.

PHÂliNB.

Trois fois preux gentilhomme !

ÂRMAOO.

Vous dirai-je une chose?

HOLOPHERME.

Nous écoutons.

Si ça ne va pas, nous jouerons une pantomime. SuiTe moit je vous conjure.

HOLOPHERIŒ.

Eh bien» bonhomme Balourd, tu n'as pas dit un mot d puis le temps.

BALOURD

Et je n'en ai pas compris un seul, monsieur.

HOLOPHERNE

Allons l nous t'emploierons.

BALOURD

Je ferai un homme à la danse ou bien je jouerai du tai bourin aux Preux pour qu'ils dansent une ronde.

HOLOPHERNE

0 vrai Balourd ! Honnôte Balourd ! vite à notre représeï tation ! Allons !

Ils sortent.

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