‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 283 sur 305 · SCÈNE vni · texte numérisé non relu

SCÈNE vni

MARIA

Est-ce là ee que TOUS dites?... Beau seigneur! - Prenez cela pour fotre belle dame.

DU HAUIB.

Par grftoe, — encore un mot en particulier, et je tous dis adieu.

lit s'éloigneol en caufant.

CATHEMIfKy A Longoevilte.

— Quoi ! Est-ce que tous n'aTcz pas de langue» beau masque?

L0N6UETILLS.

— Je sais la raison, madame, pourquoi tous me demandeicela.

GATHKRINB.

— Ohl Toyons Totre raison! Tite, monsieur! Je brAIe.

LONGUEVILLB,

— Tous aTCZ une langue double sous Totre loup — et TOUS Toudriez en céder la moitié à ce beau masque muet.

CATHERINE

— A merreillet agréez mon braTO.

LONGUETULB.

— J'agrée TOtre bras, mais non pas Totre Teau.

CATHERINE

— Prenez le Teau aussi et scTrez-le : il deTÎendra taureau.

LONGUETHII.

—Votre piquante raillerie tous transperce TOus-môme. — Vous Toulez donc, chaste dame, me faire porter des cornes ?

— Tous mourrez Teau, avant qu'elles poussent par ma bute.

LONGUEVniE.

— Accordez-moi un mot en particulier, avant que je meure.

410 PEINES D'AMOUR KRDUBS.

GÂTUItUlK.

— Mugissez doucement alors I le boucher woùs enMid.

Ui t'âoigne»! ml mmnmL BOTET.

— La langue des filles moqueuses est aussi effilée - que le tranchant invisible du rasoir, — qui divise un cheveu insaisissable au regard; — elle échappe au sens du sens commun» si déliée — est leur rauserie ; leurs saillies ont des ailes — plus promptes que la flèche, la balle» le vent, la pensée» la chose la plus rapide.

rosâunx.

— Pas un mot de plus, mes filles. Brisons là, brisons U.

Toutes les dames se séparent de lears eevalicff. BIRON.

— Par le ciel» on nous chasse tous avec le plus sac dédain.

UROI.

— Adieu, folles donzelles; vous avez l'esprit mesquin.

Sortent le Roi, les seignears. Phalène, le» miuicieas et toos les gens de la soite.

LA FBINCESSE.

— Vingt fois adieu, mes Moscovites transis. — Yoilà donc cette pléiade d'esprits si admirés !

BOYET,

— Ce sont des flambeaux qu'a éteints votre douce haleine.

ROSÀUinE.

r- Ils ont l'esprit chargé d^embonpoiot, grossier, grossier, replet, replet.

U PRDKXSSE.

— 0 pauvreté d'esprit! pauvre plastron royal ! -^ Croyezvous pas qu'ils vont se pendre cette nuit, ~ ou du moins qu'ils n'oseront jamais se montrer autrement que sous le masque? — CeBiron si sémillant avait tout à fait perdu contenance.

sdtifB ?in. 411

— Oh ! ils étaient tous dans un lamentable état. — Le roi dévorait ses larmes en implorant un mot tendre.

U PRUKZSSB.

— Biron, I bout de prières, se confondait en serments.

XABU.

— Du Maine et son épée se mettaient è mon service : — Non, pointe, ai-je répondu. Et mon serriteur est resté coi.

CATHEHIliE.

— Messire de Longueville m'a dit que je lui pesais sur le cœur, — et savez-vous comment il m'a appelée ?

Nausée, peut-être.

CATHKBINE.

— Justement.

U noHcissi.

Éloigne-toi vite, maladie que tu es !

ROSiUNK.

— Allons, on trouverait de meilleurs esprits sous de simples bonnets de laine... — Sachez-le, le roi est mon amoureux juré.

U PRINCESSE

— Et le pétulant Biron m'a engagé sa foi.

CATHERINE

— Et Longueville était né pour me servir.

MARIA

— Du Maine m'est attaché comme Técorce à l'arbre.

BOYET.

— Madame, et vous, jolies donzelles, prêtez l'oreille : — îb vont revenir ici tout h l'heure, — sous leur ioiiBe naturelle, car il est impossible — qu'ils digèrent une si emeHe avanie.

- Ils Tont revenir?

U PRINCmSB.

BOTET.

Ils reviendront» ils reviendront» Dieu le sait» —et en boDdissant de joie, tout estropiés qu'ils sont par tos coups. - Ainsi» que chacun reprenne son cadeau ; et quand ils reparaîtront» — épanouissez-vous comme de suaves roses aa souffle de l'été. .

lA PRINCESSE.

— Nous épanouir! Nous épanouir ! et comment? Parie de façon intelligible.

BOYET»

— De belles dames masquées sont de belles roses en bouton ; — démasquées» elles montrent leurs suaves cooleiiis diaprées ; —alors ce sont des anges dépouillés de leur nuage ou des roses épanouies.

U PRINCESSE

— Arrière» logogryphe I Qu'est-ce que nous ferons» s'ils reviennent coquetter sous leur forme naturelle?

ROSAUNE.

— Bonne madame» prenez pion avis : — raillons-les face à foce comme nous les raillions déguisés ; — plaignons-nous à eux des fous qui sont venus ici» —déguisés en Moscovites» dans le plus difforme accoutrement ; — demandons-leur ce qu'ils pouvaient être et dans quel but — ils nous ont offert» dans nos tentes» — leur parade si plate» leur prologue si mal tourné» — et le spectacle si ridicule de leurs grossiers procédés.

BOTET.

— Retirez-vous» mesdames» nos galants approchent.

lA PRINCESSE.

— Courons à nos tentes» comme des biches à travers la plaine.

Sortent la Prinresse, Bwaline, Catherioe et Marît^

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