SCÈNE vni
MARIA
Est-ce là ee que TOUS dites?... Beau seigneur! - Prenez cela pour fotre belle dame.
DU HAUIB.
Par grftoe, — encore un mot en particulier, et je tous dis adieu.
lit s'éloigneol en caufant.
CATHEMIfKy A Longoevilte.
— Quoi ! Est-ce que tous n'aTcz pas de langue» beau masque?
L0N6UETILLS.
— Je sais la raison, madame, pourquoi tous me demandeicela.
GATHKRINB.
— Ohl Toyons Totre raison! Tite, monsieur! Je brAIe.
LONGUEVILLB,
— Tous aTCZ une langue double sous Totre loup — et TOUS Toudriez en céder la moitié à ce beau masque muet.
CATHERINE
— A merreillet agréez mon braTO.
LONGUETULB.
— J'agrée TOtre bras, mais non pas Totre Teau.
CATHERINE
— Prenez le Teau aussi et scTrez-le : il deTÎendra taureau.
LONGUETHII.
—Votre piquante raillerie tous transperce TOus-môme. — Vous Toulez donc, chaste dame, me faire porter des cornes ?
— Tous mourrez Teau, avant qu'elles poussent par ma bute.
LONGUEVniE.
— Accordez-moi un mot en particulier, avant que je meure.
410 PEINES D'AMOUR KRDUBS.
GÂTUItUlK.
— Mugissez doucement alors I le boucher woùs enMid.
Ui t'âoigne»! ml mmnmL BOTET.
— La langue des filles moqueuses est aussi effilée - que le tranchant invisible du rasoir, — qui divise un cheveu insaisissable au regard; — elle échappe au sens du sens commun» si déliée — est leur rauserie ; leurs saillies ont des ailes — plus promptes que la flèche, la balle» le vent, la pensée» la chose la plus rapide.
rosâunx.
— Pas un mot de plus, mes filles. Brisons là, brisons U.
Toutes les dames se séparent de lears eevalicff. BIRON.
— Par le ciel» on nous chasse tous avec le plus sac dédain.
UROI.
— Adieu, folles donzelles; vous avez l'esprit mesquin.
Sortent le Roi, les seignears. Phalène, le» miuicieas et toos les gens de la soite.
LA FBINCESSE.
— Vingt fois adieu, mes Moscovites transis. — Yoilà donc cette pléiade d'esprits si admirés !
BOYET,
— Ce sont des flambeaux qu'a éteints votre douce haleine.
ROSÀUinE.
r- Ils ont l'esprit chargé d^embonpoiot, grossier, grossier, replet, replet.
U PRDKXSSE.
— 0 pauvreté d'esprit! pauvre plastron royal ! -^ Croyezvous pas qu'ils vont se pendre cette nuit, ~ ou du moins qu'ils n'oseront jamais se montrer autrement que sous le masque? — CeBiron si sémillant avait tout à fait perdu contenance.
sdtifB ?in. 411
— Oh ! ils étaient tous dans un lamentable état. — Le roi dévorait ses larmes en implorant un mot tendre.
U PRUKZSSB.
— Biron, I bout de prières, se confondait en serments.
XABU.
— Du Maine et son épée se mettaient è mon service : — Non, pointe, ai-je répondu. Et mon serriteur est resté coi.
CATHEHIliE.
— Messire de Longueville m'a dit que je lui pesais sur le cœur, — et savez-vous comment il m'a appelée ?
Nausée, peut-être.
CATHKBINE.
— Justement.
U noHcissi.
Éloigne-toi vite, maladie que tu es !
ROSiUNK.
— Allons, on trouverait de meilleurs esprits sous de simples bonnets de laine... — Sachez-le, le roi est mon amoureux juré.
U PRINCESSE
— Et le pétulant Biron m'a engagé sa foi.
CATHERINE
— Et Longueville était né pour me servir.
MARIA
— Du Maine m'est attaché comme Técorce à l'arbre.
BOYET.
— Madame, et vous, jolies donzelles, prêtez l'oreille : — îb vont revenir ici tout h l'heure, — sous leur ioiiBe naturelle, car il est impossible — qu'ils digèrent une si emeHe avanie.
- Ils Tont revenir?
U PRINCmSB.
BOTET.
Ils reviendront» ils reviendront» Dieu le sait» —et en boDdissant de joie, tout estropiés qu'ils sont par tos coups. - Ainsi» que chacun reprenne son cadeau ; et quand ils reparaîtront» — épanouissez-vous comme de suaves roses aa souffle de l'été. .
lA PRINCESSE.
— Nous épanouir! Nous épanouir ! et comment? Parie de façon intelligible.
BOYET»
— De belles dames masquées sont de belles roses en bouton ; — démasquées» elles montrent leurs suaves cooleiiis diaprées ; —alors ce sont des anges dépouillés de leur nuage ou des roses épanouies.
U PRINCESSE
— Arrière» logogryphe I Qu'est-ce que nous ferons» s'ils reviennent coquetter sous leur forme naturelle?
ROSAUNE.
— Bonne madame» prenez pion avis : — raillons-les face à foce comme nous les raillions déguisés ; — plaignons-nous à eux des fous qui sont venus ici» —déguisés en Moscovites» dans le plus difforme accoutrement ; — demandons-leur ce qu'ils pouvaient être et dans quel but — ils nous ont offert» dans nos tentes» — leur parade si plate» leur prologue si mal tourné» — et le spectacle si ridicule de leurs grossiers procédés.
BOTET.
— Retirez-vous» mesdames» nos galants approchent.
lA PRINCESSE.
— Courons à nos tentes» comme des biches à travers la plaine.
Sortent la Prinresse, Bwaline, Catherioe et Marît^