SCÈNE Tlll. 4t
Bnireit Ift Roi, BmoN, LoNGUBviLLS et Du Mainb, dios ko? eostama
habitael.
U ROI, à Boyet.
— Beaa sire, Dieu vous garde ! Où est la prinoesse ?
BOYET.
— Rentrée dans sa tente I Votre Majesté voudrait-elle — me charger de quelque message pour elle?
LB ROI
— Qu'elle daigne m'accorder une audience d'un mot.
BOYBT.
— Je défère à votre désir comme elle-môme» j'en suis sûr, j déférera, monseigneur.
U sort.
BIRON
— Ce compagnon va becquetant l'esprit, comme un pigeon la graine, — et le dégorge ensuite quand il platt à Dieu. — U est colporteur d'esprit, et il détaille la marchandise—aux veillées, aux galas, aux réunions, aux marchés, aux foires, — et nous qui la vendons en gros, le Seigneur le sait, — nous n'avons pas la grâce de lui prêter grâce par un tel étalage. — Ce galant pique les filles sur sa manche ; — s'il avait été Adam, c'eût été lui qui aurait tenté Eve. — En outre, il sait découper et zézajer. Oui-dè, c'est lui — qui baise si bien sa main en signe de courtoisie. ^
— C'est le singe de l'étiquette, monsieur le délicat — qui, quand il joue au trictrac, gronde les dés — en d'honorables termes. Eh ! mais il sait chanter - en ténor acoomi^i : comme hoissier, — le surpasse qui pourra ! Les dames l'appellent : cher ! — Les escaliers, quand il les foule, baisent son pied ;
— c'est la fleur qui sourit à chacun — pour montrer des dents blanches comme un os de baleine ; — et les conflcieiices qui ne veulent pas mourir endettées — lui payent la titre de Boyei è la langue de miel.
PCINES D'AMOUR KRDUKS.
LK ROI
— Ah ! peste soit de ce dou^ langage — qui a déeoDtenancé le page d'Armado !
EntTMt U Piuilc«8BB, préec^dëe de Bqtst, piiif RaMUm,
Catherine et lear suite.
BIRON
— Tenez ! voici qu'on tient !
Considéraol Boyet.
Attitude, qu'étais-tu — avant que cet homme te fit valoir? et qu'es-tu maintenant ?
LE ROI, â la priDcewe.
— Le bonjour à vous, madame ! Plat au ciel qu'il lût poar tous le plus beau !
U PRINCESSE
— Pour que ce jour fût le plus beau, il faudrait tout d'abord qu'il ne plût pas au ciel.
LE ROI
— Interprétez mieux mes paroles, s'il est passible.
U PRINCESSE
— Énoncez mieux vos souhaits, je vous y autorise.
U RQK
— Nous sommes Tenus vous visiter, dans riutaiitîoD de vous mener & notre cour : daignez donc nous accompagner.
U PRINCESSE
— Ces champs nous garderont ; gardez de même votre parole... ^ Ni Dieu» ni moi, nous n'aimons les hommes parjures.
U ROIi
— Ne me reprochez pas ce que vousHoième am piof^^ que. — C'est la verlu de vos yeux qui a dû rompte vœu.
$ctn vin. 41 r>
U PlUIfCISSK.
— Yùoê ioTOquez i tort la ferta : c'est de fioe que vous devriei parler ; -• car l'ofâce de la vertu n'est Jamais de lompre les vœux des hommes. — Ah ! par mon virginal bonneur, aussi pur encore — que le lis immaculé, je le jure» — dassé-je endurer un monde de tourments» — je ne consentirai pas à accepter l'hospitalîlé dans Votre mai-» son ; — tant je répugne è causer la rupture -* d'un vœu prononcé de bonne foi è la face du ciel.
Ll ROI.
" Oh ! vous avez vécu ici dans un désert, — inaperçue» délaissée, à notre grande honte.
LA PRINGKSSB.
— Non pas» monseigneur ! Cela n'est pas» je vous jure : — nous avons eu plus d'un passe-temps et d'une récréation fort réjoaissante ; — une bande de Russes vient justement de nous quitter.
LE ROI
— Comment» madame» des Russes?
LA PRmCESSS.
Oui» vraiment» monseigneur: — de gracieux galants» pleins de courtoisie et de majesté.
ROSALDIX.
— Parlez franchement» madame... Il n'en est rien» sooseîgneur. -^ Madame» selon la mode de nos jours» — leur accorde par courtoisie un éloge immérité. — Nous qua« Ire» en effet» avons été abordées ici par quatre personnages — 40 eoaUune russe. Us sont restés ici une heure — sras ces- «er de causer» et dans cette heure, monseigneur» - ila ne nous ont pas gratifiées d'un seul mot heureux. — Je n'oae^ fais les appeler des fous : mais ce que je crois, — c'est que» ^piand ils ont soif, il y a des fous qui voudraient bien
PEINES D*AMOUR nUDDES.