‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 289 sur 305 · SCÈNE vni · texte numérisé non relu

SCÈNE vni

coupable; qu'elle m'écoute donc! - Si pour Taniour de moi, prétexte auquel je ne crois pas, — vous êtes prêt à faire quelque chose, voici ce que vous ferez. - Je ne me fie pas à vos serments ; mais retirez-vous au plus vite — dans quelque ermitage solitaire et désolé, — bien éloigné do tous les plaisirs du monde. — Restez-y jusqu'à ce que les douze signes célestes ~ aient subi leur recensement annuel. — Si cette vie austère et insociable — ne change rien à l'offre foite par vous dans l'ardeur des sens , — si la gelée et le jeûne, le rude logement et les vêtements légers - ne flétrissent pas l'éclatante floraison de votre amour, — si votre amour résiste à cette épreuve et persiste, — alors, à l'expiration de l'année, — venez. Réclamez-moi» réclamez-moi au nom de votre mérite nouveau... — et, par cette main virginale qui en ce moment étreint la tienne, — je serai à toi ! Jusqu'à ce moment-là je veux enfermer — ma tristesse dans une demeure de deuil, — pour verser une pluie de larmes lamentables - au souvenir de la mort de mon père. — Si tu te refuses à cela, que nos mains se détachent — et que nos cœurs renoncent l'un à l'autre !

LE ROI

— Si je me refuse à cette épreuve ou à toute autre — ayant pour but d'ennoblir mon Ame parle repos, — que la main soudaine de la mort me ferme les yeux ! — Désormais mon cœur est dans ta poitrine !

II canse tout bat avec la princesse.

BIRONy à Rosaline.

— Et à moi, ma mie? À moi que direz-vous?

ROSAmS.

— Il faut aussi vous purifier ; car vous êtes gangrené de péchés; — vous êtes perclus de fautes et de parjures. — Si donc vous voulez obtenir ma faveur, — vous passerez douze mois, sans vous reposer, — à veiller au chevet douloureux ém malades.

Di: MAINE, k CttlUeriuiu

— Et à mois ma mie? et à moi?

GATHERINS.

— A vous une femme?.. De la barbet, une bonne santé, ^t de rhoDuei^r, — voilà les trois chQ^es que je vous soahaite avec une triple tendresse.

DU MAINE

— Oh ! puis-je vous dire : merci, ma gentille fen^qe?

CATHERINE

— Nenni, monseigneur. Je veux être un an et un joursans écouter les paroles des soupirants à l'air doucereux. - Revenez quand le roi reviendra près de la princesse ; alors, si j'ai beaucoup d'amour, je vous en donnerai.

pu MAINE.

— Je serai jusque-là votre serviteur fidèle et loyal.

QATHERINE.

— Mais ne le jurez pas, de peur de vous parjurer encore.

LONGUEVniS.

— Que dit Maria?

MARIA

Au bout de douze mois, — j'échangerai ma robe noire contre un ami Gdèle.

LONGUEVILLE

— J'attendrai avec patience ; mais le temps est long.

MARIA

— Il ne vous sied que mieux. Si jeune, il est rare d'être aussi grand que vous.

BIRON, À Rosaline.

— Que médite ma dame? Maîtresse, regarde-moi; vois à mes yeux, ces fenêtres de mon cœur, — vois l'humble supplique qui attend ta réponse. — Impose-moi quelque service pour te prouver mon amour.

ROSAUNE.

— J'avais souvent entendu parler de vous, messire Biron

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