‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 290 sur 305 · SCÈNE YI · texte numérisé non relu

SCÈNE YI

— avant de vous connaître. La large langue du monde — vous proclame un railleur achevé, — toujours plein de comparaisons et d'ironies moqueuses — que vous ûncay sur tout ce qui — ^st placé à la portée de votre esprit. — Pour arracher cette amère ivraie de votre féconde cervelle, — et aussi, si vous le désirez, pour gagner mon cœur — que vous ne pouvez gagner qu'à ce prix, — vous passerez une année, au jour le jour, — à visiter les malades silencieux et à causer — avec les pauvres agonisants ; et, ce sera là votre tâche,

— vous vous évertuerez de toutes les forces vives de votre esprit — è faire sourire les souffrants incurables.

BIRON

— Faire rire la mort à gorge déployée ! — Cela ne se peut; c'est impossible. — La gaieté ne saurait émouvoir une Ame h l'agonie.

ROSAUNK.

— Eh ! c'est le moyen d'étouffer cet esprit narquois — dont l'influence n'est due qu'à la complaisante faveur — que des rieurs ineptos accordent à des fous. — Le succès d*un bon mot est tout entier dans l'oreille — de qui l'écoute, et non dans la langue — de qui le fait. Si donc les malades, — assourdis par les cris de leur triste agonie, — écoutent vos vaines railleries, continuez — et je vous accepte avec ce défaut-là; — sinon, défaites-vous de cet esprit, — et en vous voyant affranchi de ce travers — je serai toute joyeuse de votre réformation.

BTBON.

— Un an? Soit ! advienne que pourra ; — je vais plaisanter un an dans un hôpital.

U PRINCESSE, Minant le Roi.

— Oui, mon cher seigneur; et sur ce, je prends congé de

TOUS

LE ROI

~ Non, madame; nous voulons vous accompagner.

BIRON

— Nos amours ne fiDissent pas comme les TÎeîlles pièces. — leannot n'a pas sa Jeanoeton : la courtoisie de ces daines — aurait bien pu terminer notre fête en comédie.

LE ROI

— Allons, messire» encore un an et un jour, — et le dénoûment Tiendra.

BIRON

C'est trop long pour une pièce... —

Entre Armado.

ARMÀDO.

Suare Majesté, daigne me...

LA PRINCESSE

N*est-ce pas là notre Hector?

DU KAINE

Le preux chevalier de Troie !

ARXADO.

Je veux baiser ton doigt royal et prendre mon congé. J'ai prononcé mes vœux : j'ai juré à Jacquinette de tenir la charrue (rois ans pour l'amour d'elle... Mais, très- illustre Grandeur, vous plairait-il d'entendre le dialogue que nos deux savants ont compilé à la gloire de la chouette et du coucou? Ce devait être le morceau final de notre représentation.

LE ROI

Introduisez-les vite. Nous j consentons.. .

ARMADO, criant.

Holà ! approchez I

Entrent Uolopherne, Nathamiel, Phalène, Balourd et autres.

ARMADO, roonlrant Holopherne.

De ce côté est Hiems, l'hiver.

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