I.B LORD
— Je vais les appeler, milord.,. Hé ! èles-voas 1&?
La trompette sonne.
(8) Florent est le nom d'un chevalier qui s'était engagé à épouser une horrible sorcière, à condition qu'elle lui dirait le mot d'une énigme dont sa vie dépendait. Gower, qui a dépeint celte sorcidre dans son poëme de ConfeisUme atnantis^ dit qu'elle était semblable à un sac de laine,
(9) Allusion à un sarcasme proverbial. Les vieilles filles, ayant refusé de porter des enfants, devaient être, en punition, condamnées à porter des singes en enfer.
(10) Locution proverbiale dont le sens est aujourd'hui p^rdu. Peut-être, pour entrevoir la pensée de Catharina, faut-il se rappeler ce sarcasme de Béatrice à Bénédict : « Dans notre dernier combat, quatre de ses cinq esprits s'en sont allés tout éclopés, et maintenant , il n'en reste plus qu'un pour gouverner tout l'homme. Si celui-là suffit pour lui tenir ckaud, qu'il le garde comme une distinction entre lui et son cheval. » — Beaucoup de bruit pour rien. Tome IV, page 211.
(H) Boccace a raconté toutes les épreuves dont triompha la patiente Griselidis» dans un conte qu'il a emprunté, comme beaucoup d'autres, aux vieux fabliaux français. (Voirie Décaméron^ dixième journée, nouvelle X.)
(1?) Dans la comédie primitive, le mariage de Catherine se conclut bien plus lestement encore. L'action qui remplit ici deux longues scènes (la scène il et la scène m] n'occupe là qu'une scène fort courte. Il est curieux de voir avec quel art et quel esprit le poète a développé l'intrigue première. Pour que le leciMir fane celle élude si intéressante, je traduis la pièce originale.
— Polidor et Aurelius, amants des deux sœurs de ClAeriit. Emilia et Phylema, sont en scène. Tous deux aUendsitiiK anxiété le fiancé audacieux qui, en épousant Taînée, lear permettra d'épouser les puînées. A ce moment arrive Fasai» (Petruchio)» accompagné de son valet Saoder (Grumio] :
POLmOR» à Aurelios.
Voici le gentilhomme dont je Yoas ai parlé.
FERANDO
— Salut en même tempe à tous, messieurs. — Eh bien, Polidir.li et donc toujours amoureux, »- et toujours soapirant sans ponroireicore réussir? — Dieu m'accorde une meilleure chance quand je mpirerai !
SANDER
— Je vous la garantis^ maître, si vous prenez mes avis.
FERANDO
— Rh quoi, maraud, es-tu donc si habile ?
SAMDBR.
— Qui? moi! votre cas serait cinq fois meilleur, — ai vous pooris dire, aussi bien que moi, comment il faut 8*y prendre.
POLIDOR
— Je voudrais que ton mattre fût en veine une bonne fois — d'eisayer k séduire une fille.
— Eh I mais je vais essayer tout de suite.
SANDER
— Oui, vraiment, monsieur, mon maître va se mettre à cette besogne-là.
POLmOR.
— Auprès de qui, Ferando ? Parle-moi franchement.
FERANDO
— Auprès de la bonne Cateau, la plus patiente fille du monde : —
le diable lui-même oserait A peine se risquer A lui faire la cour Le
signer Alfonso dont elle est la fille aînée — m*a promis six mille cooronnes — si je puis me faire épouser d'elle. — C'est en groenant que nous devons soupirer» elle et moi ; — je lai tiendrai tête jusqu'à ce qu'elle soit épuisée, — si je ne puis Tamener autrement è m*accorder son amour.
POLIDOR
— Qu'en pensez-vous, Aurelios? Je crois vraiment qu'il avait deviné
— not désirs avant même que nons Teossiois envoyé chercher... ^ Mais, dis-moi, quand as-ta rinteniion de Ini |MirlerT
FBRANDO.
— Ma foi, tout de saite. Reiires-Toas on roomeni, — et je vais la faire appeler par son père. — Noos causerons seuls, elle, lui et moi.
POLU>OR.
— A merveille. Venez, Aurelius. — Partons, et laissons-le.
Aurellus et PoUdor snrtaot. FBRANDO, ippelanU
— HoU! signer Alfonsol... Y a-t-il quelqu'un ici?
Partit Altoxm) (Baptista).
ALFONSO
— Signer Ferando, soyez le très-bien venu. — Vous êtes étranger, monsieur, dans ma maison. — Vous m'entendez : ce que je vous ai promis, — je Taccomplirai, si vous obtenez Tamour de ma fille.
FERANDO
— C*est convenu. Quand je lui aurai dit un mot ou deux, —paraissez et donnez-moi sa main, — en Tinformant du jour où aura lieu le mariage, — car je suis sûr qu'elle est toute disposée à se marier. — Une fois la cérémonie nuptiale accomplie, — laissez-moi seul l'apprivoiser: j'en viendrai à bout. — Sur ce, appelez-la que je lui parle 1
Entre CATHUiifK.
ALFONSO
— Ah ! Cateau, viens ici, fillette et écoute-moi. — Traite ce gentilhomme aussi amicalement que tu pourras.
n sort.
FERANDO
— Vingt bonjours à mon aimable Cateau 1
CATHERINE
— Vous plaisantes, j'en suis sûre. Est-elle è vous déjà?
FERANDO
— Je te dis, Cateau, que je sais que tu m'aimes bien.
CATHERINE
— Au diable 1 qui vous a dit cela?
FERANDa
— Mon inspiration me dit. suave Cateau, que je suis l'homme — qoi doit emménager, mettre au lit et épouser la bonne Cateau.
CATHERINE
— A-t-on jamais vu un âne aussi grossier que ça I
FIHAIIIM), •'approchant d*«ll«.
— Quoi ! après une si longae attente» a*aToip pet obtent m kiw'
CATHBRINB.
— A bas les maios, foas dis^ 1 et décampes d*iei « — oa je niiNB appliquer mes dii Gommandeineiits sar la figure.
FSRANDO.
— Fais-le, je t'eo prie, Cateau. lU diaeot qae ta es eaa?age. -k ne t*en aime que mieai et c'est ainsi qae je te veax.
CATHERINB.
— Lâches-moi la main, de crainte qu'elle n'atteigne TOtre oreille.
FBRANIK),
— Non, Catéao, cette main est A moi, et je sais ton amonreui!
CATHEROfS.
•««-Oh! non, monsieur! La bécasse pèche trop par la qnene.
FERANDO
— A défaut de queue, son bec lui servira.
Rentre Altohsq.