‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 35 sur 305 · SCÈNE XIV · texte numérisé non relu

SCÈNE XIV

[Doo< le p^ys de Galles. Une coDtrée montagneuse. Au fond du théâtre, QDc caYerne dont on n*aperçoit que l'ouverture. D.ms un coin, une

tombe.]

U£UAiis, GuiDÉRiUS ct ARVUtAGUS entrent en scène successivement

par Touverlurc de la caverne.

BÉLARIUS, encore dans la caverne.

- Un trop beau jour pour garder la maison, surlout - sous un plafond aussi bas que le nôtre ! Baissez- vous, enfants : ï^ette porte — vous apprend h adorer le ciel, et vous courbe ~poar l'office divin du matin. Les portes des monarques — ont une arche si haute que des géanls peuvent les traverser 'c front haut, — et garder leurs turbans impies, — sans souhaiter le bonjour au soleil . . .

Debout, hors de la civerne.

SaUit, toi, beau ciel ! — Nous logeons dans le roc, mais nous te traitons plus poliment — que des vivants plus

aliiors.

144 GYMBBLINE.

GUIDÈRIUS» paraisMnt

Salut, ciel !

Salut, ciel !

ARVIRÂGUS.

BËURIUS.

— Maintenant, à nos jeui de montagnards ! Sus à ces hauteurs, — vous dont les jambes sont jeunes : moi, je foulerai ces plateaux. Remarquez bien, — quand vous m'apercevrez d'en haut petit comme un corbeau, — que c'est la place qui amoindrit Thomme ou le grandit; —et vous pourrez alors réfléchir aux récits que je vous ai faits — des cours, des princes, des intrigues des camps, — où le service n'est pas service parce qu'il est rendu, — mais parce qu'il passe pour l'être. Cette conviction — nous fait tirer profit de tout ce que nous voyons ; ~ et, souvent, pour notre consolation, nous trouverons -que l'escarbot à l'aile d'écaillé est mieux abrité — que l'aigle à la vaste envergure. Oh ! il y a dans notre existence — plus de noblesse qu'à solliciter l'humiliation ; - plus de richesse qu'à vivre oisif de concussions; - plus de fierté qu'à se pavaner sous la soie qu'on n'ai pas payée! - Bon nombre reçoivent le salut de celui qui. les rend beaux, — mais restent à jamais inscrits sur ses li — vres ; ce n'est pas une vie qui vaille la nôtre !

GUIDÉRIUS.

— Vous pariez par expérience : nous, pauvres petits sacms ailes, — nous n'avons jamais volé hors de la vue du nidl. nous ne savons pas - quel air souffle loin du logis. Peui.'S être cette vie-ci est-elle la plus heureuse, - si la vie travn quille est le bonheur : elle est plus douce pour vous, — (^^ en avez connu une plus rude ; elle convient — à votre roidi ; mais pour nous, c'est — un cloître d'ignorance, voyage dans un lit, - c'est la prison d'un débiteur qui n'o^ pas — enjamber la limite.

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