‹ François; V. Hugo traducteur. Œuvres complètes de W. ShakespeareChapitre 39 sur 305 · SCÈNE XV. \hb · texte numérisé non relu

SCÈNE XV. \hb

faut que je parte ; — et je suis désolé dayoir à vous déclarer — rennemi de mon mattre.

GTMBELINE.

Nos sujets, seigneur, — ne veulent pas subir son joug ; et, pour nous-méme, — nous montrer moins souverain qQ*eux — paraîtrait certes peu royal.

LUGIUS.

Sur ce, seigneur, je vous demande — une escorte pour m'accompagner jusqu'à Milford-Haven. . .

A U Reine.

- Madame, que tous les bonheurs arrivent à Votre

Grice,

Ao Roi.

Comme à vous !

CTMBKUNEy aai seigneurs.

- Hesseigneurs, c'est vous que je désigne poor le cor- ^e. * Rendez-lui en tout point les houneurs qui lui sont dus. - Sur ce, adieu, noble Lucius.

LDCmS, à Cloten.

^otre main. Monseigneur.

CLOTEN.

— Prenez-la comme celle d'un ami ; mais à l'avenir -ce ^•"a pour vous celle d'un ennemi.

Luaus.

Seigneur, c'est à Tévénement — de nommer le vain- ÎU^ur. Adieu.

ailBEUNE.

- Mes bons seigneurs, ne quittez pas le digne Lucius, '^ jusqu'à ce qu'il ait passé la Séverne...

A Lacius.

BoDne chance !

Lucius et les seigneurs sortent.

U REINE

~ Il part d'ici le sourcil froncé: mais c'est notre honneur - de lui en avoir donné sujet.

156 GTMBBLINE.

CLOTRN.

Tant mieux! — C'est tout ce que désirent vos vaillants Bretons.

cniBELmE.

Lucius a déjà écrit à Tempereur ~ ce qui se passe ici. Il importe donc que — nos chariots et nos cavaliers soient prêts à temps. — Les forces que Tennemi a déjà en Gaule

— seront bien vite rangées en bataille, dès qu'elles s'ébranleront — contre la Bretagne.

LA REINE

Ce n'est pas le moment de s'endormir, — mais d'agir promptement et vigoureusement.

— C'est notre confiance qu'il en serait ainsi — qui a fait notre hardiesse... Mais, ma douce reiivs, — oii donc est notre fille? Ella n'a pas paru — devant le Romain, et ne nous a pas rendu — ses devoirs aujourd'hui. Elle nous fait l'effet — d'une créature plus acariâtre que respectueuse :

— nous avons remarqué cela... Qu'on la fasse venir devant nous ! car — nous avons été d'une patience trop débonnaire.

Un gentilhomme de service sort.

lA REINE.

Royal seigneur, — depuis l'exil de Posthumus, c'est dans la retraite — qu'elle a vécu : le temps seul. Monseigneur, — peut la guérir. Je supplie Votre Majesté — de lui épargner les paroles dures : c'est une femme — si sensible aux reproches que chaque mot est un coup, — et chaque coup, la mort pour elle.

Rentre le Gentilhobime de serTice.

CTfilBELINE.

Oii est-elle, Monsieur? Comment — peut-elle justifier ses mépris?

SCÈlfB XV. 157

L^ GERTILHOMIR.

Ne VOUS déplaise, Sire, - ses appartements sont tous fermés; et personne — ne veut répondre, quelque bruit que nous fassions.

U REINE

• - Monseigneur, la dernière fois que je suis allée la voir,

- elle m'a priée de l'excuser près de vous si, étroitement reléguée — chez elle par l'affaiblissement de sa santé, —elle laisse en souffrance cette dette de respects - qu'elle est tenue d'acquitter envers vous. Voilà — ce qu'elle m'avait demaudé de vous faire savoir ; mais les soins de notre cour

- ODt mis ma mémoire en faute.

CYIIBEUNE.

Ses portes fermées ! — Et on ne l'a pas vue depuis quelque temps ! Fasse le ciel que mes craintes — soient mal ioodéesl

* 11 sort précipitammeDt.

U REINE

MoD fils, suivez le roi.

CLOTEN.

- Cet homme à elle, ce Pisanio, son vieux serviteur, je ne l'ai pas vu depuis deux jours.

U REINE

Courez donc !

Cloten sort.

LA REINE, seale.

-Oui, ce Pisanio, l'acolyte de Posthumus. — Je luirai donné une drogue... Ah! s'il se pouvait qu'il fût absent ^ pour l'avoir avalée ! il croyait en effet — que c'était une Substance précieuse. Mais elle, — qu'est-elle devenue? Peut-être le désespoir l'aura saisie; — ou bien, sur les >'lesdesou fervent amour, elle aura fui — vers son Posthu- ^us adoré. La voilà en proie — à la mort ou au déshon- ^r : et mon but - est atteint dans les deux cas. Elle à

bas, — c'est moi qui dispose de la couronne britannique.

Rentre Cloten.

— Eh bien, mon fils ?

CLOTLN.

II est certain qu'elle s'est évadée. — Allez calmer le roi ; il est en délire ; personne — n'ose l'approcher.

U REINE

Tant mieux ! puisse cette nuit ~ ne pas avoir pour lui de lendemain !

Elle aort.

CLOTEN^ senl.

— Je l'aime et je la hais, car elle est belle et vraiment royale. — Toutes les distinctions exquises, elle les a plus qu'aucune grande dame, qu'aucune femme. Ce que chacune

— a de mieux, elle l'a, et, pétrie de tous leurs attraits, seule elle vaut mieux qu'elles toutes. Voilà pourquoi je l'aime. Mais — ses dédains pour moi et les faveurs dont elle accable — ce vil Postbumus, font assez de tort à son jugement — pour ternir ses mérites. Et c'est pour cela — que je veux conclure en l'exécrant, oui —jusqu'à me venger d'elle! Car, s'il est — des dupes...

PiSANio entre précipitamment.

CLOTEN.

Qui est là? Ah î vous faites vos paquets, drôle? — Venez ici. Vous voilà donc, mon précieux entremetteur! Maraud,

— où est ta maîtresse? réponds en un mot; sinon, — je t'envoie tout droit chez les démons.

PISANIO.

Oh ! mon bon seigneur !

CLOTEN, la main à son épée.

— Ouest ta maîtresse? Par Jupiter, — je ne répéterai pas la question. Misérable sournois, —j'obtiendrai ce secre^ de ton cœur, ou je t'ouvrirai — le cœur pour l'y trouver

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